LES IDÉES DE H. THIERS
La déclaration de guerre aux réformes administratives que le Constitutionnel nous transmet est copiée mot à mot sur les malicieux articles que publiait, en mars 1847, le Journal des Débats contre nous, alors que nous insistions sur la nécessité d'une réforme administrative et financière qui prévînt une révolution politique et sociale. En fait de progrès, voilà où Ton en est venu après deux années I On en est venu à ce que le Constitutionnel refait en janvier 1849, exactement dans les mêmes termes, le3 articles du Journal des Débats de mars 1847. N'est-ce donc pas assez de laRévolution du24 février 1848 provoquée par le Journal des Débats ; le Constitutionnel, h son tour, voudrait-il donc aussi avoir la sienne ? Les lauriers de M. Guizot empêcheraientils M. Thîers de dormir ?
M. Tbiers se prononce contre les « utopies administratives; il n'aime pas, il l'avoue franchement , courir les aventures , et les seules innovations qui lui plaisent sont celles qui sont le fruit de V étude et le résultat de l'expérience ; il ne veut pas que sous prétexte d'économie on désorganise tous nos grands services. »
Il ajoute :
« les faiseurs de projets, les promoteurs de la politique nouvelle, objecteront, sans doute, qu'ils feront mieux que le gouvernement provisoire ; mais on n'est pas obligé de les croire sur parole. Or, ce que nous savons, c'est que le pays se soucie peu de se prêter encore à des expérimentations ; il ne repousse pas les réformes ; mais il sait qu'elles ne s'improvisent pas, qu'il ne suffit pas d'un trait de plume pour changer toute une organisation ; et, en présence de l'extrême mobilité des hommes et des choses politiques, il ne veut admettre de modifications dans l'administration générale que celles dont une expérience approfondie aura lait reconnaître l'utilité.
» Il est vrai qu'on se rejette alors sur les dépenses militaires ; c'est sur le budget de la guerre qu'on propose de porter la hache, et l'on déclare hautement que, si nous ne nous empressons pas
de diminuer notre effectif, il faut renoncer à toute amélioration intérieure, à la réduction des impôts, au rétablissement de Tordre dans les finances, à la renaissance du crédit.
» Si la question du désarmement n'était qu'une question de finances, il y a longtemps qu'el'e serait tranchée; €st-il besoin de dire, qu'elle est, avant tout, une question d'honneur national ?... Il importe à l'honneur et aux intérêts do la France que nos armées restent sur le pied d'observation. »
Toutes les idées de M. Thiers sont résumées dans les lignes que nous venons de transcrire. Ces lignes ont-elles été écrites à notre adresse? Nous n'en saurions douter, car dans toute la presse il n'y a que nous qui ayons constamment insisté sur la nécessité :
Premièrement d'une grande réforme administrative ;
Deuxièmement sur le rétablissement de l'équilibre entre les dépenses et les recettes ;
Troisièmement sur l'adoption d'une politique extérieure qui permît à la France de réduire considérablement la dépense de son ar-
mée.
Notre insistance à cet égard ne date pas du
24 février 1848, elle date du 22 février 1836, époque à laquelle M. Thiers était président du conseil , et voulait absolument engager la France dans une intervention en Espagne.
Pourquoi? — C'est ce qu'il serait bien embarrassé d'avouer aujourd'hui ? — Pourquoi? — Pour satisfaire cette monomanie d'intervention dont il a toujours été possédé, et qui a coûté à la France déjà tant de milliards qu'elle aurait pu employer à l'achèvement de ses voies de communication, au perfectionnement de ses voies de transport, au dégrèvement de plusieurs impôts, véritables barrières mises à la consommation populaire et au bien-être des classes nombreuses, sans profit pour le Trésor public.
La politique brouillonne et arriérée de M.
Thiers a toujours été l'opposée de la nôtre.
Au dehors, intervention ;
Au dedans, stagnation ;
Telle est la politique de M. Thiers.
Au dehors, non-intervention ;
Au dedans, progrès;
Telle est celle que nous nous sommes toujours efforcé de faire adopter ; et sous notre plume le mot Progrès n'a -jamais eu rien de
vague ; ilous n'avons laissé échapper aucune occasion de faire connaître en quoi nous le faisions consister.
Guerre, Arbitraire et Compression, voilà le programme de M. Thiers.
Paix, Liberté et Expansion, voilà le nôtre également en trois mots.
En 1835, M. Thiers présentait les lois de septembre ; nous les combattions et nous votions contre elles. Ces lois qui qualifiaient d'attentat à la sûreté de l'Etat toute attaque contre le principe ou la forme du gouvernement établi, devaient sauver la monarchie. Comme elles l'ont sauvée !
En 1840, M. Thiers, à peine de retour au pouvoir, après s'être coalisé contre M.-Molé pour le renverser, s'empressait de donner essor à son goût déclaré en faveur de toute intervention. On se souvient du traité du 15 juillet, de la fameuse Note du 8 octobre, du rappel de l'escadre et des cent cinquante millions employés, non pas à construire un chemin de fer reliant l'Océan à la Méditerranée, mais à creuser un fossé autour de Paris. 800 millions, c'est la moindre somme à laquelle on puisse évaluer ce qu'on coûté à la France les huit
mois de la présidence du conseil de M.Thiers, qui se sont écoulés entre le 1 er mars et le 28 octobre 1840. M. Thiers était digne de prendro place parmi les républicains de la veille ; il n'y a qu'eux qui, en moins de temps, aient fait payer plus cher leur passage aux affaires.
Pour qui a de l'esprit, mais n'a point d'idées ; pour qui a do la témérité, mais n'a nul coarage; pour qui sait agiter, mais ne sait point innover; pour qui use sa vie à piétiner dans l'intrigue sans avancer, toute réforme administrative, si simple, si nécessaire qu'elle soit, doit paraître une a utopie l » M. Thiers a donné la mesure de ce qu'il entend par utopie dans l'opposition opiniâtre qu'il a faite à l'émission des billets de banque au-dessous de 500 francs. Des billets de banque de cent francs I Mais c'était ébranler la Banque de France, mais c'était mettre le crédit en péril et le pays en danger.
Cependant, des billets de cent francs ont été émis, et loin de nuire à la Banque de France, ils l'ont, au contraire, puissamment aidée à traverser les difficiles éprouves qu'elle a eu à franchir.
C'est le cas do s'écrier ici : Âb uno disce om-
loi
nés. Oui, c'est ainsi que M. Thiers entend le progrès, la réforme, la simplification.
« Les innovations qui lui plaisent sont celles » gui sont le fruit de V étude, » Eh bien ! depuis dix-huit années, que n'a-t-il fait comme nous ? Que n'a-t-il étudié les innovations utiles, nécessaires? Rien l'en a-t-il empêché ? M. Thiers a été tour à tour ministre du commerce, minisire de l'intérieur, ministre des affaires étrangères, deux fois président du conseil ; est-il une seule amélioration, une seule à laquelle il ait attaché son nom ? Est-il un seul abus, un seul dont la suppression lui soit due? Que le Constitutionnel les cite donc ! Nous l'en défions.
M. Thiers ne veut pas que, « sous prétexte » d'économies, on désorganise tous nosgrands » services ; il n'est pas obligé decroire sur pa- » rôle les faiseurs de projets, les promoteurs » de la politique nouvelle... » En d'autres termes, M. Thiers veut maintenir ce qui est; il a raison, parfaitement raison, s'il le peut; toute la question est là : le peut-il? Les ministères de toutes nuances et de toutes couleurs qui se sont succédé depuis quinze années ont tous expiré sous l'impuissance ; la mesure finan-
cière la plus simple, la réduction de l'intérêt de la rente, ils n'ont pas .même pu la faire, que le ministre des finances s'appelât Humann, Passy, ou Lacave-Laplagne. Quelles étaient, quelles sont encore les causes de cette impuissance démontrée VCest ce que M.
Thiers ne s'occupe aucunement de rechercher. Faire des discours de trois heures sur l'Espagne, l'Egypte, Montevideo, la Suisse ou l'Italie, laisser s'amonceler sur son bureau les portefeuilles des chefs de division, évaporer le temps en causeries et en réceptions, donner et recevoir des poignées de main parlementaires et des dîners officiels ; tout ajourner, ne rien résoudre , enterrer les questions, voilà ce que M. Thiers appelle gouverner I Au bout de cela, qu'y a-t-ii? — Une révolution.— Nous ne prédisons plus, nous racontons ; car nous ne sommes plus en mars 1847, mais en janvier 1849.
M. Thiers '« n'est pas obligé de croire sur » parole les faiseurs de projets.,. » Ce langage dédaigneux est exactement celui que tiennent tous ceux qui , en industrie , commencent par nier le progrès et finissent par le subir. Mais ce langage fût-il vrai pour beaucoup de pro-
positions inconsidérées, ii resterait encore à
aminer si une réforme mûrie par seize années d'études et d'observations doit être aimi rangée au nombre des propositions irréfléchies, des utopies? Loin de redouter l'examen et d'éviter la discussion , nous les appelons. Dédaigner n'est pas discuter.
Peut-être nous abusons-nous , mais il nous paraît que celui qui est parvenu , malgré les clameurs de tous les journaux coalisés contre lui, à fonder le journal :
Qui a le plus grand nombre d'abonnés ;
Qui prélève sur ses abonnés le prix d'abonnement le plus faible ;
Qui paie à ses rédacteurs le prix de rédaction, de beaucoup, le plus élevé ;
Qui répartit à ses propriétaires les bénéfices les plus considérables;
Il nous paraît que celui qui est parvenu à résoudre ce quadruple problème, et à réaliser ce qui avait été déclaré impossible, n'est pas absolument un utopiste.
Mais enfin, que propose cet utopiste ? — Il propose tout uniment de faire à l'atelier gouvernemental l'application des principes éprouvés et adoptés dans tous les grands ate-
liers industriels. Il propose de diviser le travail et de concentrer l'autorité. Où donc serait le péril? Où donc serait la désorganisation, si le nombre des départemens ministériels était réduit de neuf à trois? Est-ce qu'il y a toujours eu neuf ministères (1) ? Est-ce
(1) la loi du 27 avril 1791 fixait à six le nombre des ministères, savoir :
Ministère de la justice,
— de l'intérieur,
— des finances,
— de la guerre,
— de la marine,
— des affaires étrangères.
, En vertu de cette môme loi, ce nombre de six ministères, ainsi que leurs attributions, ne pouvait ôtre changé qu'en vertu d'un acte du pouvoir législatif.
Les gouvornemens qui se sont succédé depuis 1791 n'en ont tenu aucun compte.
Un décret du 5 vendémiaire an X, crée un ministère du trésor public, indépendant du minis- , tère des finances.
Un décret du 17 ventôse an X crée de môme un ministère de V administration de la guerre, indépendant du ministère ordinaire de la guerre.
que ce nombre do neuf est absolument nécessaire? Est-ce que sous Sully et Colbert la France fut plus mal gouvernée et plus mal administrée que sous leurs innombrables successeurs î
Pour qu'une grande manufacture prospère, que faut-il essentiellement? — Peu de maîtres et beaucoup de contre-maîtres. Que propo-
Ln décret du 21 me'ssidoran XII crée un ministère des cultes.
Un décret du 22 juin 1811 crée un ministère des manufacture* et du commerce.
L'ordonnance du 9 juillet 1815 réduit le nom* bre des ministères à sept, savoir : affaires étrangères, intérieur, finances, poliçe, justice, guerre, marine.
One ordonnance du 1« novembre 1820 crée un ministère de la maison du roi.
Une ordonnance du29 décembre 1818 supprime le ministère de la police.
Une ordonnance du 26 août 1824 crée un ministère spécial des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique.
Une ordonnance du 4 janvier 1828 sépare les affaires ecclésiastiques de l'instruction publique
sons-nous? — Peu de ministres et beaucoup ■ de directeurs généraux.
Les directeurs généraux sont les diviseurs du travail.
Par eux, les ministres sont émancipés ; ils ' recouvrent la liberté de la pensée, liberté dont ils sont entièrement privés lorsque tout vient affluer à eux : — sollicitations , réclamations, signatures, audiences.
Par eux, les bureaux sont vivifiés, car l'émulation vient jouer alors dans l'administra- . tion le rôle que joue la concurrence dans f industrie.
et crée un ministère particulier de l'instruction publique.
La même ordonnance du 4 janvier 1828 crée un ministère du commerce et des manufactures.
Une ordonnance du 19 mai 1830 créé un ministère des travaux publics.
Une ordonnance du 17 mars 1831 réunit les tra vaux publics et le commerce en un seul ministère.
Une ordonnance du 10 juin 1839 sépare le corn- , merce des traraux publics et crée le ministère du commerce et de Tajçriculture.
Encore une fois , où serait donc le danger d'une telle rélorme, qui ne change rien, absolument rien au ministère des finances? Elle le laisse subsister tel qu'il est ; il n'y a donc à craindre en aucun cas que les revenus publics en souffrent la plus légère atteinte. Toute cette réforme se réduit à deux points essentiels :
• Premièrement, à donner aux directeurs généraux une initiative plus étendue, mais limitée par la responsabilité directe; à en taire des sous-ministres, des ministres du premier degré ;
Deuxièmement, à centraliser dans une seule main toutes les branches de dépenses, comme sont centralisées dans une seule main toutes les branches de recettes.
Par ce fait que les administrations de la guerre et de la marine seraient placées sous la môme autorité que les administrations de la justice et de l'instruction publique, en seraient-elles pour cela désorganisées ? Est-ce que l'administration des postes exclut l'administration des forêts?
— Mais, va-t-on nous dire, ne vous proposez-vous donc pour but que de réduire le
nombre des ministres et que d'augmenter le nombro des directeurs-généraux ; alors à quoi bon changer ce qui existe ?
Oui, en effet, nous en convenons, ce ne serait pas la peine de changer les noms des rouages si le mécanisme devait rester ce qu'il est; mais en le simplifiant, nous ne doutons pas que nous n'ajoutions considérablement à sa puissance et à sa durée.
Si nous nous trompons, que le Constitutionnel veuille bien nous le démontrer; le su- . jet en vaut la peine et variera un peu sa discussion; cela ne sera pas un mal.
Concentrer l'autorité ;
Diviser le travail ;
Créer deux degrés dans la responsabilité; Séparer les intérêts généraux et les intérêts privés ;
Transformer la routine bureaucratique en pouvoir administratif;
Donner du temps aux ministres qui en manquent, pour étudier et approfondir les questions, pour prévoir et diriger les événemens, pour éviter los écueils, pour accomplir les réformes, pour s'élever à la hauteur de leur tâ-
che; les affranchir enfin des détails qui les absorbent et les épuisent ;
Etablir une pépinière d'administrateurs habitués à la pratique et à la discussion des affaires, où Ton n'ait que l'embarras du choix pour trouver des ministres expérimentés ;
Encadrer la majorité comme on encadre un régiment, en faisant servir les plus instruits à l'instruction de ceux qui le sont moins;
Perfectionner la stratégie parlementaire en adoptant pour règle invariable d'opposer dans toutes les discussions le fonctionnaire spécial au discoureur superficiel ;
Restreindre la politique qui occupe trop de place dans nos préoccupations , étendre l'administration qui en occupe trop peu;
Sauver la centralisation des périls qui la menacent, en lui imprimant une impulsion qui, du centre h la circonférence, soit au moins égale à celle qui fait tout affluer de la circonférence au centre ;
Réconcilier, par une expédition plus rapide des affaires, l'administré avec l'administration, Je contribuable avec le budget ;
Echapper à l'écueil de la réaction en lai-
sa nt de l'aptitude un port ; en d'autres termes, échapper aux naufrages de la politique, cette réaction perpétuelle, par l'administration n'admettant que l'aptitude démontrée ;
Rendre presqu'impossibles les crises ministérielles, toujours graves, mais plus graves encore avec un président élu, en présence d'une chambre unique et souveraine ;
Multiplier ét faciliter les combinaisons ministérielles, tout en usant moins de ministres à la fois, ce qui est une considération essentielle, car un gouvernement amasse sur sa tête des intrigues redoutables et des orages terribles, lorsqu'il y a un grand nombre de ministres tombés du pouvoir et qui luttent contre la difficulté d'y remonter. La coalition de 1839, ce premier germe de la révolution de 1848, est là pour l'attester 1
Tels sont très sommairement et très incomplètement les résultats que nous nous sommes proposé d'atteindre dans notre réforme administrative traitée d'utopie par M. Thiers.
Ces résultats sont-ils chimériques, sont-ils exagérés? l'organisation simplifiée que nous mûrissons depuis seize ans vaut-elle moins
Itl
que l'organisation compliquée qui a réduit à une impuissance égale tous les ministres, qu'ils s'appelassent Guîzot ou Thiers, tous les régimes, qu'ils se nommassent la Monarchie ou la République?
Mais c'est assez insister sur notre utopie administrative; venons-en à l'idée favorite que caresse M. Thiers, celle de la conservation d'une armée qui, avant le 24 février, coûtait 360 millions par an ; qui, depuis le 24 février, coûte un million et demi par jour.
M. Thiers et le Constitutionnel trouvent que c'est là de l'argent bien employé. Porter la hache dans le budget de la guerre leur paraîtrait une imprudence, une folie : « Ilimporte, » disent-ils, à Vhonneur et aux intérêts de la » France, que nos armées restent sur le pied » d'observation. »
Pour observer quoi ? — Est-ce pour observer de nouveau des faits analogues à ceux de l'évacuation de la Syrie et de l'incorporation de Cracovie?
Si l'Autriche persiste, ce qui n'est pas dou^ teux, à garder la Lombardie et la Vénétie, irons-nous chasser l'Autriche de l'Italie? Si
les états de la Confédération germanique, ce qui n'est pas probable, parviennent, contre toute vraisemblance, à cimenter l'unité allemande, à former une sorte de Zoilwerein politique^ irons-nous briser ce faisceau à coups de boulets? Avons-nous à craindre qu'aucune puissance vienne nous menacer sur nos frontières? N'avons-noHS pas la raison des peuples qui nous défendrait contre la haine des gouvernemens ? Encore une fois, pourquoi donc une armée qui nous ruine, qui nous affaiblit, qui nous expose à l'imminence d'une guerre civilo, allumée par la misère, sous prétexte de nous abriter contre l'improbabilité d'uno guerre étrangère?
Telle est la question par laquelle nous terminons ; nous la soumettons à nos lecteurs :
qu'ils se prononcent entre l'utopie administrative que nous reproche M. Thiers, et l'aberration politique que nous lui reprochons, aberration qui a coûté à la France trois milliards au moins qu'elle aurait pu épargner, sur 6 milliards 850 millions dépensés en arméniens militaires de 1831 à 1849.
A quoi ont-ils servi?