‹ Les 6 degres du crime melodrame en trois actesChapitre 20 sur 50 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JULES, CHARLES, FERDINAND, joueurs et divers

BANQUIERS

LE BANQUIER

Faites le jeu, messieurs.

LE premier JOUEUR, d ta table d’ écarté.

Je parie vingt francs.

LE DEUXIÈME JOUEUR

Je les tiens.

LE BANQUIER DE LA ROULETTE

Le jeu est fait.

LE BANQUIER DU 5o ET 4o.

i5, ai, noir perd, et couleur gagne.

LE BANQUIER DE LA ROULETTE

Rien ne va plus.

• JULES

Chance maudite!

LE BANQUIER DE LA ROULETTE

19 , rouge, impair et passe.

O fureur!

JULES

CHARLES

Du courage , elle ne saurait passer encore une fois., dix neut coups de suite, c’est impossible... imite-moi, tout sur la noire ?

LE BANQUIER DELA ROULETTE

Faites le jeu, messieurs. •

Je m’en rapporte à toi * va pour tout... la noire.

Le» Six Degrés. ,

LE BANQUIER DE LA ROULETTE

Le jeu est fait, rien ne va plus... a3... rouge, impair et passe.

JULES

C’en est donc fait!

CHARLES

C’est un malheur, mais jamais cela ne s’était yu... Je suis sûr que cette diable de rouge va sortir maintenant que nous ne pouvons plus la poursuivre.

LES BANQUIERS

Faites le jeu, messieurs.

( Pendant toules les scènes de jeu, on entend le banquier en proclamer les différentes chances de temps en temps. )

CHARLES

Voilà pourtant huit jours de suite que cela dure... Dis-moi donc, est-ce que tu n’as vraiment plus de ressources?

Je n’ai plus rien, tout-est vendu... pas le moindre crédit.

CHARLES

Diable 1 c’est fâcheux, parce que tu sais qu’il ne faut qu’un coup pour remettre en veine.

JULES

Q uemaudit soit le jour où , pour la première Ibis, tu m’as entraîné dans ce repaire affreux!

CHARLES

Ah! c’est cela, des reproches... Il me semble que ta fortune était aux trois quarts avancée quand je t'ai fait faire la connaissance des personnes qui tiennent ce cercle brillant et clandestin; c’est même ce qui t’a aidé à aller aussi loin; il y aurait long-temps sans cela que tu n’aurais plus le sou.

JULES

C’est assez, laisse-moi... Que faire ? que devenir?

CHARLES

Si tu écrivais à Louise ?

JULES

Et l’argent que je viens de perdre était le seul qu’elle possédât... je le lui ai emprunté ce matin.

CHARLES

Diable! c’est malheureux... mais elle a enore des diamans, des bijoux, et cela suffirait...

JULES

Quelle idée! tu as raison; je vais envoyer sur-le-champ... Ah! bien oui ; mais si je les lui demande, elle pourra fort bien me les refuser, il n’y a pas même de doute.

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