SCENE IX
FERDINAND, LAC AILLE, en porteurs de fruits, avec une hotte; ils arrivent les uns après les autres.
lacaille entre le premier, et va s’asseoir sur le banc.
•' Nous y voilà.
Ferdinand, qui le suivait.
Ah ! c’est ici. (// se promène devant toutes les maisons, et les examine.) Tu avais raison, voilà un réverbère fort mal placé.
LACAILLE
Je te l’avais bien dit qu’il fallait l’éteindre.
FERDINAND
Robert s’en est chargé.
* LACAILLE
Sitôt que la patrouille qui doit faire sa première ronde dans le quartier sera passée, tu verras; il guette sa sortie du corps-* de-garde pour pouvoir nous indiquer sa marche.
FERDINAND
Il paraît que tout le monde dort déjà dans la maison.
LACAILLE
Non, non, il y a encore deux personnes à rentrer : le premier commis, celui qui tient la caisse, avec une vieille, sa mère, je crois. Robert les a vus se rendre à Feydeau.
Le spectacle doit être joliment fini, minuit passé.
LACAILLE
Ils se seront arrêtés pour prendre quelque chose, la vieille a l’habitude de souper; mais ils ne peuvent tarder à revenir.
FERDINAND
Il ne faut pas qu’ils nous trouvent sous celte fenêtre.
LACAILLE
Le cocher de cabriolet que j’ai recruté les connaît : c’est un ami qui entend l’affaire ; il nous préviendra de leur retour, il ira ensuite reprendre sa voiture sur le boulevard, et viendra se mettre à portée de recevoir les espèces, en cas de poursuite.
FERDINAND
Je vois que nous avons le temps de fumer un cigare.
(Ferdinand otfqe un cigare 4 Lacaille, et tous les deux se mettent eiv devoir de les allumer; oa entend fredonner: Tra la la la la, la patrouille se mouille.)
LACAILLE
C’est Robert.
FERDINAND
Voyons. ( Ils se tiennent dans le coin de ta rue.)