‹ Les 6 degres du crime melodrame en trois actesChapitre 9 sur 50 · JULES, FRANÇOIS · texte numérisé non relu

JULES, FRANÇOIS

FRANÇOIS

Maintenant nous voilà seuls.

IULES

François, vous savez quel intérêt mon père vous a toujours porté ; ce que j’ai à vous dire ne pourra donc point vous étonner.

FRANÇOIS

AL ! parlez, je vous écoute.

JULES

A son lit de mort, quoique frappé si brusquement qu’il eut à peine le temps de mettre ordre à tout, il me fit appeler pour me faire connaître ses dernières volontés ; il se rappela vos services, et voici ce qu’il m’a chargé de vous remettre de sa part.

/ FRANÇOIS

A moi?

JULES

Lisez.

* FRANÇOIS

o Pauvre François, tu ns effacé par ta conduite la tache de « ta naissance ; je voulais t’aider à mériter l’estime de tes sem- « blables, qu’un injuste préjugé pourrait seul te refuser. Le « ciel ne permet pas d’achever ce projet... je veux du moins « faire quelque chose pour ton avenir. Mon fils te remettra un « portefeuille qui contient 3,ooo francs ; je-sais qu’ils fructifie- « ront dans tes mains. Puissent-ils te conduire au bonheur, que « tu es sûr d’obtenir avec une bonne conduite et du travail.

« Dormillt. »

( baisant la lettre.) Ahl mon bienfaiteur, oui, je le jure devant votre fils... devant Dieu... je serai toujours digne de vos bontés, de l’estime des gens de bien.

JULES

Tenez, mon cher, prenez, ceci vous appartient.

Ah ! monsieur, comment pourrai-je aussi vous prouver ma reconnaissance ?

JULES

En continuant de vous conduire comme vous l’avez fait. Soyez toujours sage... vertueux; car la sagesse et la vertu... (d part.) Ils sont bien long-temps... (haut.) comme vous l’a dit mon père , peuvent seuls assurer le bonheur, (d part.) Est-ce que la petite ferait des façons?

FRANÇOIS

Ah ! je vous le répète, vous n’aurez jamais à rougir de de vos

bontés pour le pauvre François. Que vous êtes heureux, vous, d’être né avec l’amour... la considération!... C’est si facile à conserver î

JOLIS

Ah ! sans doute, (d part.) Est-ce que j’aurais eu affaire à une bégueule ?

FRANÇOIS

Maintenant, monsieur Jules, vous me permettrez d’aller rejoindre Louise et sa mère.

JOLIS

Oui, certainement. ( dpart .) Il faut qu’ils soient bien maladroits. (haut.) Ah! François, que je vous dise...

Me voilà. •

JOLIS

Surtout pas lo moindre mot sur ce que mon père a fait pour vous; ce sont ses intentions. Vous concevez maintenant pourquoi cet entretien ne demandait pas de témoins.

FRANÇOIS

Ah ! c’est trop de générosité. •

(Ici un grand bruit se fait entendre dans l’appartement où sont entrés Louise et madame Doucet. Les mots : scélérats ! brigands ! sont prononcés avec force; on entend une voilure s'éloigner.)

Grand Dieu! que leur est-il arrivé?

( Il se précipite malgré Jules vers la porte ; madame Doucet l’ouvre précipitamment et en sort furieuse.)

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