‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 100 sur 212 · LA COLONNE VENDOME SERA DEMOLIE · texte numérisé non relu

LA COLONNE VENDOME SERA DEMOLIE

des prêtres et des ignorantins. Signé Le Moussu. » Aujourd'hui, c'est le tour» de l'église de Notre-Dame-de- Lorette. Il y avait dans le temple un assez grand nombre de fidèles. Surviennent des gardes nationaux, conduits par des hommes habillés en bourgeois. Sous l'Empire, ces gens-là étaient appelés des mouchards. On chasse les femmes qui prient, à coups de crosse celles qui ne sortent pas assez vite. Après quoi, les gardes se retirent. Qu'étaient-ils venus faire? On l'ignore. Ce qu'on sait bien, c'est qu'ils recommenceront demain, dans la même église ou dans une autre. Les jours se ressemblent comme les enfants d'une famille maudite. Par quelle effroyable catastrophe serons-nous délivrés de cette honteuse monotonie ?

Hein? Gomment? Ce n'est pas possible, n'est-ce pas? Vous n'avez pas encore perdu à ce point la tête — au figuré, en attendant que vous la perdiez pour de bon — et c'est quelque mauvais plaisant qui a rédigé, imprimé et affiché cet inimaginable décret? Mais non, voilà bien le format, les caractères accoutumes. Ah! parbleu ! messieurs de la Commune, ceci dépasse les limites de l'absurde, et peut-être, cette fois, comptez-vous un peu trop sur la complicité des uns et sur la patience des autres. Donc, voici le décret :

« La Commune de Paris, « Considérant que la colonne impériale de la place

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