‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 75 sur 212 · NE TOUCHEZ PAS A LA REINE · texte numérisé non relu

NE TOUCHEZ PAS A LA REINE

raftre pour réorganiser le service compromis par ces gueux de réactionnaires.

— De sorte que vous avez journellement des nouvelles de votre tante?

— Journellement.

— Eh bien, j'en suis ravi. Car un de nos amis qui arrive de Marseille m'avait annoncé que votre pauvre parente était morte.

— Morte! Ah! mon Dieu! que me dites-vous là?

Attendez donc, maintenant j'y songe, ce matin je n'ai pas reçu de lettres.

— Là, vous voyez!

Mais ne vous laissez pas emporter par le chagrin au point de hasarder votre sûreté personnelle et répondez :

— Je vois, monsieur, je vois que si, par extraordinaire, je n'ai pas eu de nouvelles aujourd'hui, c'est que le citoyen Theiz, qui est un excellent homme, a voulu m'épaf gner un chagrin !

Ne touchez pas à la reine. La reine, en ce temps, c'est la presse. Reine bien déchue, bien encanaillée mais reine toujours. C'est en vain que la presse s'est parfois abaissée dans l'opinion des honnêtes gens en consentant à des excès, en approuvant des fautes, en applaudissant à des crimes ; vainement quelques journalistes ont déconsidéré le journal, la presse, fille auguste de la pensée humaine, n'a perdu ni sa puissance ni son

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