‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 83 sur 212 · LES TERNES · texte numérisé non relu

LES TERNES

et les balles, si communes de part et d'autre, depuis que Thomble guerre civile s'est centralisée à Neuilly.

Comme il serait souverainement imprudent de longer la voie du chemin de fer ou de s'engager dans l'avenue de la Grande- Armée où les projectiles Versaillais n'ont pas tout à fait cessé de tomber, je suis la rue du Débarcadère, puis la rue Saint-Ferdinand, et me voilà sur la place des Ternes, devant l'église. Ce quartier est funèbre. Très-voisin des remparts, il est très-exposé, et déjà il a beaucoup souffert. Presque toutes les boutiques sont fermées ; les vendeurs de victuailles et de vins laissent leurs portes entre-bâillées; sur beaucoup de devantures, on lit ces mots tracés à la craie : « Adressezvous sous la porte cochère. » Je remarque que l'église est ouverte: une église ouverte, ces jours-ci, c'est une chose rare. Quoi ! la Commune a-t-elle commis l'inqualifiable imprudence de ne pas faire arrêter le curé de l'église Saint-Ferdinand? et pousse -t-elle la longanimité —puisse -t-elle ne pas avoir à se repentir de sa faiblesse! — jusqu'à permettre aux habitants des Ternes d'être baptisés, mariés, enterrés, selon les déplorables us et coutumes du catholicisme , heureusement tombés en désuétude dans les autres quartiers de Paris ? Je ne m'étonne plus de l'acharnement des obus dans ce pauvre arrondissement; le courroux de la déesse Raison — estce que nous n'aurons pas bientôt la déesse Raison?— s'appesantit sur ces quartiers, honte de la capitale, où l'on a encore l'air de croire à l'ancien bon Dieu. Cependant, j'entre dans l'église. 11 y a beaucoup de dévotes, et quelques dévotsaussi. On dit les prières des morts sur le cercueil d'une femme aui, d'après ce qu'on me raconte,

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