‹ Les AbabuaChapitre 106 sur 170 · Mythologie et folklore · texte numérisé non relu

Mythologie et folklore

Il faudrait étudier l'Ababua au point de vue psychologique, analyser son émotivité, décomposer en ses éléments le fictionnisme collectif créé chez lui par le contact de l'Européen, rechercher quelles sont ses classifications logiques. Un tel travail revêtirait d'autant plus un caractère subjectif que je n'ai séjourné et vécu avec l'Ababua que deux ans, temps trop court pour permettre de pénétrer complètement l'âme complexe d'une race.

Mais quelques légendes permettront de se faire une idée de cette mentalité singulière. Mbâ, prototype du groupe, avec ses qualités et ses défauts, n'est pas mort. Et tels traits de sa vie admirable et admirée de tous sont dignes de beaucoup d'Ababua que j'ai pu observer.

Le cycle légendaire de Mbâ est des plus riche ; je ne l'ai découvert qu'à la fin de mon séjour, et n'ai pu que l'effleurer. Il reste ici pour le colonial curieux de folk-lore africain, un champ d'investigation promettant d'amples moissons. Il me fut signalé par Dura, chef Bolungwa, puis développé par des porteurs Moganzulu ; enfin était raconté chez les Boganga ; c'est dire que tous les indigènes du groupe ethnique le connaissent. Il existait antérieurement aux invasions Asandé et Arabe. 11 serait intéressant de les noter en libwâlé. Les textes que j'ai rapportés sont entremêlés de lingala commercial que j'avais été obligé d'employer pour me faire expliquer certaines formes elliptiques que l'indigène affectionne dans ce genre de récit, où chacun dès l'exorde sait ce que le conteur va dire; je donnerai un exemple de cette forme dans le conte du crapaud et de la grenouille.

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