‹ Les AbabuaChapitre 24 sur 170 · Mœurs en général · texte numérisé non relu

Mœurs en général

Habituellement gais et expansifs, riant très facilement, ils ne semblent pas très courageux, mais ils sont hospitaliers ; ils sont menteurs et inventent facilement des histoires ou des contes. Les femmes pleurent facilement.

Les noirs en général ne sont autres que de grands enfants.

En ce qui concerne le point de savoir si l'Ababua est lâche ou courageux, j'ai dû me renseigner auprès des indigènes eux-mêmes et leur demander s'ils ne connaissaient pas d'histoire de guerres antérieures, avant l'arrivée du blanc. De ces dires, j'aurais pu tirer conclusion, mais pas un n'a su me narrer un trait de courage ou de dévouement. Ce n'est pas en guerre que j'ai pu les apprécier, je n'en ai jamais vu un. Tous détalent lorsqu'ils savent que le blanc arrive, et cela par suite de l'inégalité des armes. Mon avis cependant est que l'Ababua, dénommé " Le Terrible „, n'est pas courageux à la guerre. Il est lâche, j'ai pu l'apprécier en certaines circonstances. Leur caractère est mobile. Ils se mettent difficilement en colère. Us ne tiennent pas leurs engagements. L'amitié est très peu connue et l'on m'a cité un cas de dévouement pour un ami. Le sentiment de la compassion existe ; ils l'expriment par egpogpoy. L'hospitalité est exercée : je prends comme exemple un porteur harassé de fatigue qui vient à échouer dans un village qui lui est inconnu. Je demande si on le nourrira et si on lui donnera un logement pour la nuit. Oui, me répondent-ils, nous pourrions à notre tour avoir recours aux gens de son village et nous trouver dans le même cas. Les faibles sont opprimés.

TlLKENS.

Ababua. Congo. A, 9.

Le nom de Babua n'est jamais prononcé sans être accompagné du mot " féroce „ et " terrible. „

Ils ne sont pas plus féroces, ni plus terribles que les autres : ils ont la haine de l'étranger et luttent jusqu'à la dernière extrémité pour se soustraire à toute domination. Pour le reste, ils paraissent sociables et de bonne foi.

Milz, Belg. Colon., I (1895), 71-72.

Le nom de féroce s'adapte mieux que celui de terrible à la signification que veulent lui donner les indigènes : il signifie que les Ababua sont de grands cannibales, très experts en la matière.

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