‹ Les AbabuaChapitre 25 sur 170 · PÉR1N · texte numérisé non relu

PÉR1N

Il est hors de doute que rien que l'aspect de leur patrie (voir A, 2) a dû faire redouter à leurs voisins des plaines ceux que les Européens appelèrent longtemps " les terribles Ababua „. Védy, Bull. Soc. R. B. géogr., XXVIII (1904), 193.

Habitants de la grande forêt, ils semblent lui avoir pris son caractère farouche et sauvage. L'isolement dans lequel ils se plaisent, le peu de relations qu'ils daignent avoir avec leurs voisins, la résistance terrible qu'ils ont opposée en particulier aux A-Sandé, leur anthropophagie, d'autre part, les ont fait craindre et n'ont fait qu'augmenter leur renom de férocité.

Ils n'ont pas un type très distinct, la couleur de leur peau est relativement claire ; les quelques femmes que nous avons pu voir étaient

jolies.

Brumpt, Géogr. Paris, IX (1904), 440.

For years thèse Ababua had been spoken of as a race of savages, living in a land where no white man could penetrate. The Asandé chiefs, who held the whole length of the river, were responsible for thèse sinister rumours and false reports, and purposely kept them afloat for their own ends, as they were in the habit of purchasing ail the ivory collected by the Ababua at an absurdly cheap rate, and selling it to the white traders at différent stations in the neighbourhood at a large profit, so that they held entire control of the ivory market in that district. At the same time they were careful to impress upon the Ababua chiefs that the white man was a living terror, and that any Ababua who should venture to approach a white man's station would undoubtedly be hanged, and that ail his followers w®uld be made slaves. By the means the Asandé, as middlemen,

— il3 —

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

9 (suite).

controlled the ivory market to his own advantage. So great was the dread in which the Ababua held the Asandé that they never once dared either to come themselves to a white seulement, or to send messenger, to find out the true state of the facts.

Burrows, The land of thePygmies. London (1898), 201.

Vivant en agglomérations restreintes, formées simplement par consentement mutuel, admettant peu l'autorité de leurs chefs, toujours prêts à changer de tribu, appliquant dans son acceptation la plus large, l'adage ubi bene, tbi patria, l'on comprend que jamais les gens de cette race ne peuvent admettre la domination d'un étranger. De là, la terrible réputation qui leur fut faite par tous ceux qui voulurent s'immiscer dans leur affaires ou influer sur leur politique.

Védy, Bull. Soc. B. B. géogr., XXVIII (1904), 283.

Ces appellations & féroce „ ou " terrible „ étaient en somme assez peu justifiées. u Sauvage „ ou " primitif „ eussent été plus exactes. Mais les Asandé du bas-Uelé avaient tout avantage à conserver la légende guerrière et même sinistre qu'ils avaient forgée autour du nom Ababua. Ils ont ainsi servi d'intermédiaire entre les premiers blancs et les Ababua, jusqu'à ce qu'on se soit aperçu que les Asandé cherchaient tout simplement à implanter leur propre autorité sur les Ababua et qu'il n'était nullement nécessaire d'attendre des forces plus considérables pour reconnaître le pays Ababua.

de Renette.

Le caractère des Ababua peut se résumer en un seul mot : ce sont des impulsifs ; ils semblent obéir à des réflexes plutôt qu'à la raison et à ce point de vue on peut les comparer à des enfants. Ils sont incon-

Abubua. Congo. A, 9.

stants, passant assez rapidement de la haine à l'amitié, s'exaltant facilement mais se démoralisant vite, amoureux de l'indépendance, méfiants envers leurs ennemis et même leurs voisins, méfiance n'excluant cependant pas l'hospitalité ni, en cas de guerre, le fait de confier les femmes et les enfants à des habitants d'autres villages. La joie se manifeste peu extérieurement : des frères ou des amis séparés depuis longtemps s'étreignent à bras le corps et c'est tout. On a vu en maintes circonstances, les hommes risquer leur existence pour sauver celles de leurs femmes ou de leurs sœurs, les femmes lutter pour ne pas perdre leurs enfants. Les formules de politesse n'existent pas, ni les serrements de mains, par contre ils prodiguent les promesses d'appui surtout quand ils reçoivent un hôte de distinction.

Les Ababua vivent par communauté d'un nombre variable de ménages. La bonne entente qui règne dans ces associations est remarquable. Souvent, ailleurs des liens de famille les unissent; quoi qu'on en ait dit, le noir aime ses parents et cherche à les soutenir en toutes circonstances; il met dans cette protection qu'il exerce sur les siens autant d'affection et d'amour propre que d'intérêt personnel.

Capables de tuer immédiatement quiconque les a offensés, il ne faut pas s'étonner de les voir se reconcilier dans la suite, quitte, au moindre différend, à rallumer la vieille querelle qui les avait divisés.

Des qualités de fermeté dans le caractère existent chez une élite d'hommes, et particulièrement chez les féticheurs qui semblent de loin beaucoup plus intelligents que la moyenne des individus.

Très enclin à s'exalter pour une cause quelconque, le Babua se démoralise tout aussi rapidement; c'est surtout un être passif, enclin à adopter les idées de ceux qui l'entourent quelqu'opposées qu'elles puissent être entr'elles.

Avant tout les Ababua admettent le fait accompli.

C'est en somme le caractère de l'enfant, fait d'inconscience et d'impulsions.

Dans ces conditions, il est concevable qu'il existe chez les Ababua un sentiment impérieux, c'est l'amour de l'indépendance. Védy, Bull. Suc. R. B. géogr., XXVIII (1904), 278, 281; 282, 283.

Les Ababua sont encore plus ou moins farouches. de la Khetulle, Bull. Soc. B. B. géogr., XIX (1895), 328.

Cette race est qualifiée à tort de terrible et de féroce. Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901).

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

9 (suite).

L'Ababua est traître ; je me suis laissé dire que parfois deux individus s'entretuaient au milieu de la danse ou en faisant l'échange d'un cadeau.

Verstraeten, Belg. Colon., II (1896), 518.

Pareil fait signalé par Verstraeten peut arriver, mais jamais je n'ai entendu dire qu'il soit arrivé.

Périn.

Le caractère Ababua me paraît fort bien défini par le Dr Védy. La mentalité des Ababua, leur caractère, leurs mœurs sont infiniment plus sauvages et plus primitifs que chez les Mangbetu, les Amadi, les Abarambo, etc., habitant les rives de l'Uelé ou les plaines du nord, ou bien ayant pénétré au sud de l'Uelé par invasions plus ou moins récentes. Tous les peuples habitant la grande forêt depuis tout temps ou tout au moins n'ayant aucun souvenir d'une émigration du nord vers la forêt présentent dans l'Uelé le caractère de sauvagerie : Ababua, Bakere, Makere, Barisi, Bayogo.

de Renette.

Ababua. Congo. A, 9

ABABUA

(Congo.)

B. — Vie matérielle.

a) Soins donnés au corps et exercices corporels.

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