Eclairage
Quoique de temps immémorial l'Ababua sache créer la flamme, il en est encore toujours pratiquement à l'ère du transport du feu. Pas de caravanes de porteurs, pas de groupes d'indigènes partant aux cultures, sans que l'un d'eux ne porte quelque gros tison. Le soir pour aller à la rivière, son seul moyen de s'éclairer est un brandon pris au foyer et qui écarte les fauves.
Cependant, lorsqu'en expédition de chasse il part loin des régions habitées, dans les réserves du clan, il emporte également avec lui deux baguettes sèches d'amuïa (genre albizia). Si les tisons s'éteignent, elles lui donnent par giration quelques étincelles suffisantes pour allumer un coin de son pagne d'étui, étoffe faite d'écorce et qui brûle comme de l'amadou.
Les mêmes baguettes réunies en une torche, servent à attirer vers le piège les termites ailés, les soirs où ils sortent en essaims serrés. Dans presque toutes les huttes, une de ces torches est cachée sous le toit pour faire la lumière en cas de danger. Je ne les ai cependant jamais vu employer. Un usage analogue est réservé à Yébé, résine ressemblant assez au copal et qu'on conserve dans de longs cornets d'écorce, agrafés d'épines. Elle brûle en donnant une belle flamme blanche. Ces deux moyens d'éclairage ne sont employés qu'exceptionnellement. Les soirs sans lune, seule la lueur des tisons qui fusent éclaire le petit cercle des causeurs.
de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 327.
Ababua. Congo. B, 44.
ABABUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.
d) Habitations.