Chasse
La chasse est leur plaisir favori : ils chassent de préférence le buffle, le cochon sauvage, le sanglier, les antilopes : la rousse à bandes blanches comme le zèbre, dont la chair est délicieuse ; la noire plus rare, l'ordinaire, qui fait la base de l'alimentation des Européens, la bleue et d'autres encore. Ils ne chassent pas l'éléphant ni l'hippopotame dont ils ont une grande frayeur. Ils chassent en groupes, hommes et jeunes gens, sans les femmes, et se servent de filets et de chiens dressés.
Pour la chasse, les indigènes se munissent de filets à mailles très larges, longs d'environ 20 à 30 mètres. Leurs armes consistent en arcs et flèches de bois ou munies de pointes de fer, toujours courtes (40 centimètres environ) et légères. Leurs couteaux et leurs lances de guerre leur servent également à la chasse. Ils procèdent, pour s'emparer des animaux, à des battues méthodiques, chassant le gibier vers un point donné où ils ont constitué une barrière au moyen de leurs filets ajoutés bout à bout. Des chasseurs se tiennent en permanence dans le voisinage de ces filets pour tuer, à mesure qu'ils s'y font prendre, les animaux qui s'y précipitent. Ces engins ne permettent aux Ababua que la capture du gibier de taille moyenne. Les éléphants sont fort peu chassés par eux, bien que ces animaux viennent souvent, par leurs incursions, dévaster les champs cultivés. Losqu'on s'aperçoit de l'arrivée de ces pachydermes, toute la contrée
Ababua. Congo, B, 48-49.
est en émoi et de tous côtés retentissent des clameurs et le vacarme infernal des gongs battus à toute volée. A certaines époques s'organisent de grandes expéditions de chasse ou de pêche. L'indigène quitte alors le village avec toute sa famille et s'installe en des campements provisoires, pendant dix ou quinze jours sur le champ de ses nouvelles occupations.
Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 197, 199, 286.
Les peuplades de la forêt, plus sauvages que les Asandé et souvent plus hardies, n'hésitent pas à attaquer l'éléphant à la lance. L'Ababua s'approche doucement de la bête en se glissant dans les broussailles, tel un véritable chat sauvage, et la frappe à la gorge dans la région des carotides, au moyen de sa lance au large fer, enduit d'un poison spécial, gaina, dont il ne peut garnir son arme qu'au dernier moment, de peur de voir le fer rapidement rongé, et dont la composition est encore le secret des féticheurs.
L'animal blessé fuit, mais faiblit rapidement tant par la perte de son sang que par l'effet strychnisant du poison, et ne tarde pas à succomber. Les Ababua dénomment ce genre de chasse bwaga. Les Mangbetu agissent de même.
Willaert, Belg. Colon., V (1908), 102a.
Un troisième procédé de chasse, employé du reste pour tout gibier, et autant par les Ababua que par les Asandé, consiste dans l'établissement de trappes. Ce sont les due des Asandé, les mala des Ababua, véritables trous à loups, disposés en longues séries linéaires et s'étendant parfois sur un parcours de plusieurs centaines de mètres.
Willaert, Belg. Colon., V (1908), 102a.
Libéria ou libéra, est le nom que donnent les indigènes des environs d'Ibembo à une fosse profonde, légèrement recouverte de branches et de feuilles. Ils les creusent sur le chemin que suit d'habitude l'éléphant en se rendant à la rivière pour s'abreuver.
Nous en avons creusées 3. Mais les animaux sont assez fins pour ne pas s'y faire prendre. Cependant, ils y tomberont tôt ou tard; entre temps ces fosses servent à prendre du gibier d'un autre genre, tels que des antilopes ou d'autres animaux malfaisants, entre autres les léopards.
Hoof (Mgr Van), Mouv. Antiesclav., XIV (1902), 137.
ABABUA
(Congo.) B. — Vie matérielle.
e) Moyens d'existence, métiers occupations.
49 (suite).
Ils chassent à l'aide du filet pour prendre les antilopes et les singes notamment. Les grandes forêts qui sont des territoires de chasse réservés aux hommes d'un même village soût délimitées.
TlSAMBI.
Les Ababua chassent le buffle, les antilopes, le cochon sauvage ; ils chassent rarement l'éléphant et l'hippopotame dont ils ont peur. Pour les grandes battues périodiques, tout le personnel du village accompagne les chasseurs et s'établit pendant 8 à 15 jours dans des campements provisoires où les hasards de la chasse les conduisent. Outre les moyens signalés par le Dr Védy, ils emploient également pour chasser, de longues haies formées de bâtons de 1 i/2 centimètre d'épaisseur et longs de 1 m. sJO environ qu'ils plantent en terre les uns à côté des autres et qu'ils relient au moyen de liens. Tous les cent mètres la haie est doublée et forme ainsi un couloir au bout duquel l'indigène attache un nœud coulant. Ces haies ont parfois deux et trois kilomètres de longueur. Pour chasser le gibier vers ces barrages artificiels, les indigènes opèrent comme dans nos battues : tous se rabattent vers un point donné pendant que les chiens traquent et poursuivent le gibier, qui affolé se précipite le long de la haie jusqu'à ce que, ayant trouvé une ouverture, il pénètre dans le couloir tête baissée dans le nœud coulant qui l'étouffé. L'indigène achève la bête ou la délivre après lui avoir attaché les jambes assez fortement pour l'empêcher de fuir.