‹ Les AbabuaChapitre 54 sur 170 · PÉRIN · texte numérisé non relu

PÉRIN

Ababua. Congo. B, 49.

Pratiques magiques pour réussir en chasse. Voir E. 106.

L'Ababua est friand de viande ; il est donc grand chasseur. On voit les gamins, poursuivre à coups de flèches minuscules, les innombrables singes qui font balancer les branches le long des lisières des cultures.

Parfois aussi, s'il possède un fusil à piston, il le chargera de mitraille, de fil de laiton coupé, ira se blottir sous les buissons; là, le nez serré entre le pouce et l'index, il imitera le cri de l'antilope bengé ; si quelque mâle en rut se trouve dans les environs, il ne manquera pas d'accourir à l'appel. Parfois aussi il prendra les oiseaux à l'aide d'une glu extraite d'écorces résineuses.

Mais ce sont là des moyens de subsistance aléatoires; la seule chasse productive en forêt est la battue. Généralement le nombre d'hommes adultes de la parenté ne sera plus suffisant ; on est obligé d'avoir recours aux voisins. Ceci est d'autant plus naturel que comme nous le verrons, aussitôt qu'un homme est suffisamment riche en femmes et en esclaves pour pouvoir s'établir à part, il crée une nouvelle parenté, qui ne comprendra pas, au début, plus de deux ou trois hommes. Incapables de chasser seuls, ils retournent pour le faire à leurs frères de la parenté-mère qu'ils viennent à peine de quitter. C'est la première association temporaire de travail.

Pour pratiquer cette chasse, chaque homme emporte son filet qui mesure de 20 à 30 mètres de long et une lance légère. Tous les roquets du village sont mobilisés. À la file indienne, silencieux, les chiens en laisse ou portés sous le bras, on part dans la forêt.

Le chef du village, les vieux chasseurs, qui sont en tête, sont généralement de merveilleux pisteurs. Une herbe froissée, un peu de rosée essuyée au revers d'une feuille leur est une indication suffisante. Aussitôt arrivés dans une partie qui semble giboyeuse, la colonne s'espace, s'incurve, chaque homme prend sa distance. Puis en un instant les filets qui ont jusqu'à 2 mètres de hauteur sont accrochés après les branches, réunis bout à bout, encerclant la forêt sur un demi-cercle atteignant parfois un kilomètre. Des deux extrémités de l'enceinte deux ou trois hommes convergent vers le centre du cercle, attachant au cou des chiens de gros grelots en bois dont le battant a été jusqu'à ce moment immobilisé par une poignée d'herbes. Et soudain la traque commence. Les " luè-è-luè „ des rabatteurs, les coups de sifflets, le bruit des grelots des roquets qui ont pris la piste, les coups de gaule dans les buissons chassent le gibier vers le cercle invisible des filets. Derrière le centre de chacun de ceux-ci, les autres

ABABUA

(Congo.) B. [ — Vie matérielle*

e) Moyens d'existence, métiers; occupations.

49 (suite).

chasseurs sont agenouillés, immobiles, la lance prête, dissimulés autant que possible, afin d'éviter que le gibier à leur vue ne se retourne et ne force la ligne assez peu fournie des rabatteurs.

Les antilopes affolées viennent s'embarasser dans les mailles; elles sont rapidement soit achevées soit ligotées. Parfois aussi c'est une bande de potamochères ou de phacochères qui arrivent à toute vitesse. Malheur au filet trop vieux ou trop solidement attaché ; il est déchiré en un instant. Mais s'il résiste, l'épieu rapide cloue à terre la bête emprisonnée.

Puis sans bruit chacun détache son filet, le remet sur l'épaule et la colonne se reforme, se rassemble, en marche vers une nouvelle enceinte.

Ces battues donnent surtout l'antilope petite et moyenne, céphalophes équatoriales, sylvicole, à dos jaunes, marron, tragule aquatique, tragélaphe harnachée.

En saison sèche on trouve souvent le gibier près des villages, le manque d'eau l'obligeant à se rapprocher des rivières. En saison des pluies, il reste au contraire au fond des réserves ; c'est là que de véritables expéditions de chasse vont le retrouver. LAbabua part alors avec sa femme et crée un village de chasse composé d'abris formés d'un toit oblique sous lequel on place quelques claies sur des piquets. Une brassée de feuilles en forme des couches plus ou moins acceptables.

11 existe également des enceintes de chasse fixes (lingolombé) composées d'une haie de joncs ou de branches piquées en terre, qu'une bête traquée franchirait aisément, mais qu'elle suivra jusqu'à ce qu'elle trouve une issue, lorsqu'elle se sent en sécurité. Or, chaque issue ménagée dissimule soit un trébuchet, soit une fosse étroite et profonde de 2 à 3 mètres, recouverte de branchages et de terre.

Cette enceinte est visitée de temps à autre.

On y prend parfois des bêtes plus grosses, qui viennent se briser les jambes dans les fosses, bushbuck, bongo, quelquefois le waterbuck dans la région de l'Uelé.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 334-336.

Ababua. Congo. B, 49.

Captain Gosling also sends the following notes in regard to the natural habitat of the okapi, as observed by the expédition in the forests contained by the rivers Welle, Libuati, and Rubi :

" The okapi hère is generally found singly or in pairs, but Mobati hunters state that sometimes three may be found together. An essential to the life of the okapi is a small stream of water with some muddy and swampy ground on either side. In this grows a certain large leaf that on its single stalk attains a height of 10 feet. It is the young leaf of this plant that is the favourite food of the okapi, and I venture to say that where the plant is not to be found the animal will not exist. Hère, he may be found feeding as late as 8 A. M. in the morning, after which he retires to the seclusion of the forest, where he remains till nearly dusk. On the three occasions that I was at close quarters with the beast, he was perfectly concealed in this swamp leaf. Near the river Welle I found his spoor on ground frequented by buffalo and waterbuck, but this is unusual, and his companions in the forest are the éléphant, the greater bushbuck, the yellow-blacked and small red duikers.

The okapi is very quick of hearing, and in that respect is classed by the Mabatti with the bushbuck. In the forest hère I consider this latter beast to be more difflcult to obtain than the former. On the hunting-ground of the first village that I visited, I estimated the number of okapi as five or six, at the second and third nil, and twenty miies south in the forest, on very likely ground where my guide said they were formerly numerous, there was one only, probably owing to rubber collectors who had been there.

The Okapi is killed occasionally by the natives, speared, shot, or trapped by the common African method.

At the first village I visited, three had been speared at various times ; at the second and third, one each ; and in the forest referred to above, my guide had shot one „.

It is stated that the expédition experienced great difficulties on their journey to Bima, and their boats had suffered severely in the rapids, but were stil serviceable, The party hoped to reach the Nile in the présent month.

Gosling (Gpt), Saott. Gêogr. Mag., XXII (1906), 381.

(Congo.)

B. — Vie matérielle.

é) Moyens d'existence, métiers, occupations. 50. Pêche.

Les Ababua sont très peu pêcheurs ; ce sont les femmes qui sont chargées de cette mission. Elles pèchent généralement à la main après avoir barré la rivière en aval et en amont. Les femmes ne pèchent jamais dans les grandes rivières ; les enfants les accompagnent. Aux eaux basses, les Ababua font une grande consommation de crevettes. Aucun animal n'aide l'Ababua à la pêche et la pêche de certains poissons n'est pas interdite. Quelquefois ils empoisonnent l'eau pour prendre le poisson.

TlLKENS.

A certaines époques, s'organisent de grandes expéditions de pêche. L'indigène quitte alors le village avec toute sa famille et s'installe en des campements provisoires, pendant 10 ou 15 jours, sur le champ de ses nouvelles occupations.

Védy, Bull. Soc. B. B. Géogr., XXVIII (1904), 196.

Toutes ces rivières (Bima et ses affluents) sont d'ailleurs coupées de barrages placés par les indigènes pour faciliter leur pêche.

Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 192-193.

L'eau des grands cours d'eau est empoisonnée annuellement pour prendre le poisson.

Périn.

Les crevettes ne se récoltent que sur la Bima et le Bali.

de Renette.

Ababua. Congo. B, 50.

Des associations semblables à celles pour la chasse se retrouvent également pour la pêche. Les Ababua pèchent quelquefois seuls, soit au harpon, soit à l'hameçon. Ils se réunissent plus souvent, soit qu'ils appartiennent à une parenté unique, soit à plusieurs parentés voisines; c'est alors qu'on empoisonne les rivières à l'aide du mpâli broyé; ou bien au moment où les eaux baissent, on les barre d'une large claie ou de lignes de branches maintenues par des piquets, entre lesquel on place des nasses.

En saison sèche une autre pêche est pratiquée exclusivement par les femmes. Lorsque les eaux sont suffisamment basses, la rivière est barrée en amont et en aval. La hotte au dos, un large van à la main, les femmes poursuivent tout le poisson ainsi isolé et dont la plupart sont réfugiés dans la vase. Cette pêche ne produit en général qu'un petit siluridé (ckirias) tandis que la nasse, même dans des rivières très petites, donne des characinidés et quelques beaux mormyridés à la chair savoureuse.

Tout le poisson non consommé est fumé sur de petites claies triangulaires attachées à trois branches liées en trépieds ; puis enfilé sur de longues brochettes de bois. Le même procédé sert à conserver la viande.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 336-337.

ABABUA

(Congo.)

B. — Vie matérielle.

e) Moyens d'existence, métiers, occupations.

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