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La femme

La femme mariée n'est ni louée, ni prêtée ; toute femme qui viole les lois conjugales est simplement battue, son amant est tué par le mari ou s'il se sauve, ses parents rachètent son crime. Les femmes s'occupent de soigner leurs enfants, du ménage et de la pêche; elles peuvent être vendues. En général elle sont assez bien traitées, quoique asservies et dépendantes.

TlLKENS.

Les femmes principales de chefs de villages et des chefs de famille assistent souvent au conseil et elles ne sont pas les moins ardentes dans les discussions ; rarement elles forment un élément de conciliation. Elles donnent leur opinion sur les expéditions guerrières, la manière de les conduire, les routes et les sentiers à suivre, et souvent leurs avis sont prédominants.

Hutereao, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 97.

Les femmes sont chargées de la culture ; quelquefois elles travaillent à plusieurs, mais ce n'est qu'en fait fortuit. Le travail agricole de la femme dans la parenté a toujours un caractère individuel.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 321.

L'adultère peut être puni par la mort des deux coupables, mais on voit souvent le pardon être accordé par le mari à sa femme tandis que le rival est simplement condamné au paiement d'une amende. 11 arrive aussi que le mari refuse de reprendre l'épouse infidèle et exige de l'amant le prix de sa femme. Ce qui rend à peu près constantes de telles transactions est la fréquence de l'adultère,

Ababua. Congo, G, 84.

fréquence due à ce que la femme ne trouve en son mari qu'un maître qu'elle n'aime pas et que la polygamie admise s'accorde peu avec les exigences des tempéraments féminins au pays Ababua. La facilité avec laquelle de tels marchés peuvent se conclure fait que, mariages, divorces, adultères, etc., etc., sont l'objet de querelles continuelles parmi ces populations.

ViD?,<Bull. Soc. R. B. Gêogr., XXVIII (1904j/:279-280.

L'homme marié n'a pas le droit de tuer sa femme adultère ni son complice, même lorsqu'il les surprend en conversation intime dans une de ses cases. S'il le fait, il s'expose aux représailles.

La première épouse est considérée comme la plus légitime.

Son mari a de la déférence pour elle, lui demande conseil en toute circonstance : affaire de famille ou de ménage, achat, échange ou vente d'esclaves, femmes à épouser, mariage des enfants.

Cette première femme jouit en plus d'une certaine autorité sur les autres, elle les surveille, leur donne leurs occupations, les emploie comme ses servantes.

Certaines de ces premières épouses, pour prouver la grande affection qu'elles éprouvent pour leur mari, profiteront d'une de ses absences pour lui acheter une jeune et jolie femme qu'elles lui présenteront à son retour. Ce présent sera payé au moyen des biens du mari.

Le mari ne fait aucun reproche à sa femme stérile. Par contre, il manifeste son estime pour sa femme féconde, en faisant des cadeaux nombreux et successifs à ses beaux-parents. Au décès de cette femme, les beaux-parents ont à donner une autre de leurs filles à leur gendre.

Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1. fasc. 1 (1909), 86. ,

La femme est tenue de suivre son mari dans ses déplacements, à moins d'un divorce admis d'un commun accord.

Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1. fasc. 1 (1909), 89.

L'adultère est puni de la même manière, qu'il s'agisse de la femme d'un simple indigène ou de celle du Kumu. Le mari insulté admet une indemnité ou tue l'amant de sa femme à un moment propice et présentant pour lui-même un minimum de risque.

(Congo.)

G. — Vie familiale.

c) Mariage, rapports entre les sexes.

84 (suite).

Suivant le degré de colère du mari, la femme coupable d'adultère subit des traitements différents, elle peut être battue, avoir une ou les deux oreilles coupées, un ou plusieurs doigts enlevés, recevoir des coupures sur le corps, du piment en poudre dans les yeux, dans la matrice, ou se voir enlever les lèvres des parties sexuelles.

Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 101.

En cas d'adultère, l'époux trompé est autorisé à tuer immédiatement la coupable et l'amant. Si celui-ci s'échappe, sa famille paiera pour racheter la faute. Dans ce cas le mari peut exiger qu'on lui rembourse intégralement les dépenses faites jusqu'à ce jour pour la femme, qui devient alors la propriété de l'amant.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 363.

La femme est chargée de nourrir son mari ; aussi pour peu qu'elle soit paresseuse ou maladroite aux cultures et dans la préparation des aliments, elle entendra peu à peu les récriminations s'élever autour d'elle; on lui reprochera de ne pas aimer son mari, ni les frères de celui-ci; l'époux malheureux a souvent la main lourde. Enfin un jour, outré il la renverra dans son village, sans autre formalité. Les frères de la femme renvoyée devront rembourser l'ensemble des paiements divers exécutés ou la remplacer.

Aussi si la composition de l'enlèvement a été payée un haut prix, la femme sait qu'elle sera mal reçue en rentrant chez elle et l'on entend souvent dire pour vanter une lance : " Si tu la donnes pour acheter une femme, celle-ci ne quittera jamais ton village. „

Le même sort attend la volage ou l'adultère qui n'aura pas été mise à mort.

Quelquefois la nouvelle épousée ne s'habitue pas au village de son mari, éprouve le spleen (modohi) de sa famille; plus souvent son

Ababm. Congo. C, 84.

tempérament s'accommode mal aux diètes amoureuses que lui inflige la polygamie du mari, d'où coups de canifs dans le contrat, fuite avec l'amant et interminables règlements de comptes entre les deux familles.

D'autre part la femme veille elle-même au paiement de sa rançon et si le mari ne se montre pas assez généreux avec son beaupère ou ses beaux-frères, elle n'hésite pas à prendre la fuite.

Il est intéressant de noter que la stérilité n'est pas un motif de répudiation. Si après quelques années, l'Ababua s'aperçoit qu'elle n'a pas donné d'enfant à son mari, elle ira trouver ses frères et intercédera pour qu'on lui confie sa sœur cadette, afin que cette dernière vienne vivre avec elle et tâche de la remplacer dans son rôle de mère de famille. Si cette surnuméraire, qui porte le nom de makongonago, donne le jour à un enfant, l'aînée ira trouver le mari et lui dira : " Vois ce fils, c'est comme si moi-même je te l'avais donné. „

L'enfant appartient en principe au père. Aussi si une femme quitte le domicile conjugal, les enfants qu'elle aurait enlevés avec elle devront être rendus.

Par contre si l'épouse rentre dans sa famille parce que son mari n'a pas donné les couteaux prévus par la coutume, notamment lors de la naissance des entants, ceux-ci accompagneront leur mère.

Les filles resteront définitivement avec celle-ci, donc la propriété de leur grand-père ou de leurs oncles maternels. Les fils pourront être rachetés par leur père. Si cette occurence ne se produit pas, ils restent dans le village de la mère, ou enoko. Là ils peuvent prendre de l'influence et même devenir chef, ainsi que nous l'avons vu. Mais souvent aussi, tracassés par la jalousie des ayant droits, qui ne manquent pas de leur reprocher d'être étrangers, ils rentrent à l'âge d'homme dans leur village d'origine.

ABABUA

(Congo.)

G. — Vie familiale.

c)] Mariage, rapport entre les sexes.

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