C. — Vie familiale
e) Mort.
98 (suite).
Les inhumations successives sont des coutumes bien localisées, si elles existent.
de Renette.
L'irîhumation d'un chef a lieu dans sa plus belle case ; à cette occasion un simple indigène est enterré dans la forêt à proximité du village, de préférence en un endroit où le terrain se relève.
On creuse pour tous les défunts une simple fosse sur laquelle on construit un petit hangar destiné à préserver le corps des pluies pendant quelque temps.
Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fàsc. 1 (1909), 92.
La femme est enterrée au village de son époux, à condition que l'endroit du décès ne soit pas trop éloigné. Il nexiste pas de cimetière.
Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 92.
Lorsqu'un Ababua meurt, on commence par lui ouvrir le ventre, lui enlever les entrailles afin de rechercher si les dimensions de la vésicule biliaire n'indiquent pas qu'il a succombé à la suite d'un mauvais sort.
Puis le cadavre est séché devant un feu, enterré au fond d'une fosse profonde et recouvert d'une claie destinée à empêcher qu'il ne soit écrasé.
Si le village est prêt à se déplacer, la tombe n'est pas achevée, le corps devant être transporté au nouvel emplacement. Dans le cas contraire on élève à proximité immédiate du village, un petit tertre ovale ou rectangulaire fait de terre battue, et protégé par un toit de feuillage à deux pans, parfois même par un abri circulaire en forme de hutte.
Ababua. Congo. C, 98.
L' Ababua est souvent enterré avec sa lance, son couteau et les menus objets qu'il avait coutume d'employer. Puis la tombe fermée, on procède à YÉmbangissa, action qui consiste à déposer sur le tertre ou à accrocher aux piquets de la toiture divers ustensiles, poteries trouées au préalable, étoffes qu'on a arrachées, chapeaux mis hors d'usage.
Je n'ai pas pu savoir d'une façon assurée si cette coutume avait comme point de départ la croyance que les objets ainsi " tués „ avaient une ombre propre qui allait rejoindre le défunt. Si ce dernier était un chef important on l'enterrera avec une de ses femmes, surtout si celle-ci est soupçonnée de lui avoir jeté un mauvais sort. Enfin, sur sa tombe on sacrifiera un ou des esclaves à qui un guerrier réputé pour son adresse au sabre tranchera la tête à l'aide du couteau de sacrifice tandis que, monotone, sonnera la grande cloche dite nkongo qui ne se bat que dans ces circonstances.
Puis les héritiers tiendront table ouverte pendant un ou plusieurs jours, suivant l'importance du village et l'acuité de leurs regrets. On exécutera sur la tombe une danse ininterrompue, simulacres guerriers chez les hommes, danses lentes pour les femmes.
La même cérémonie se renouvelle plusieurs fois à quelques mois d'intervalle. Gomme j'en demandais la raison à un Moganzulu qui s'en allait danser à la tombe de feu Mboro, chef des Mozama, il me répondit : " Quand Mboro entendra nos pieds frapper la terre il se réjouira et notre village deviendra bon. „
de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 396-397.
G. — Vie familiale.
é) Mort.