Les funérailles
e) Mort.
Les morts sont enterrés à un mètre de profondeur une première fois; au bout d'un mois, ils sont déterrés puis inhumés dans un autre endroit; puis après un ou deux mois, à nouveaux exhumés, puis enterrés et ces exhumations et inhumations successives se répètent tant que vivent ses parents. On agit de même pour un enfant, mais si un second enfant vient à mourir, le premier est abandonné et on n'exhume plus que le second. A chaque exhumation, les parents viennent pleurer le mort et lui donnent en cadeau un nouveau lit, l'ancien étant parfois entré en décomposition. Il n'y a pas de monument funéraire. Dans la fosse on ne dépose que le cadavre ; sur la tombe on place de la nourriture, soit des épis de maïs, soit des bananes coupées en morceaux afin de nourrir le mort qui est sensé en extraire la partie nutritive. Si un homme est blessé mortellement à la guerre, il est incinéré sur place si on en a le temps pour éviter que l'ennemi ne le mange, et les cendres sont rapportées au village dans un récipient quelconque qui est enterré en place du corps. Lorsqu'un chef vient à mourir, tous ses esclaves sont mis à mort et mangés.
TlLKENS.
Chez certains Ba-ieu, après le séchage du cadavre, celui-ci est enterré au fond d'une fosse; au-dessus du corps, on dispose une cloison de branchages afin d'éviter l'écrasement et l'étouffement du mort par le poids de la terre dont la fosse est remplie. Avec le corps sont enterrés tous les objets ayant appartenu au défunt, tels que armes, étoffes, etc. Enfin des esclaves et des femmes sont sacrifiés lors des funérailles, afin d'aller servir leur maître dans l'autre monde.
Védy, Bull. Soc. B. B. Géogr., XXVIII (1904), 266.
Ababua. Congo. C, 98. •
L'importance des funérailles du père de famille est en rapport avec sa fortune. Lors du décès du mari, une des femmes, de préférence celle dont la conduite a été peu régulière, qui a encouru le plus de reproches, qui a querellé le plus son mari pendant la durée de l'union est étranglée et enterrée, à part chez les Magbwanda, avec son mari chez les Bokiba.
Pour le repas des funérailles, on met à mort de un à cinq esclaves choisis parmi les nouveaux venus ou achetés à cet effet.
Hutereau, de Haulleville et Maes, Atin. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 91.
Lorsqu'un Ababua meurt, on le laisse un jour par terre, puis on le lave, on lui met des nattes sur le corps et on le transporte dans les environs du village. Puis on l'enterre dans le village et on regarde s'il n'est pas ndoki, puis on le met en terre et l'on danse. Plus tard on enlève la terre pour regarder à nouveau s'il n'est pas ndoki, puis on danse. On le vient visiter ainsi jusqu'à ce qu'il soit en putréfaction et plus tard on promène les os. A la mort d'un homme, on tue une femme ou une pleureuse et des esclaves ; on l'enterre avec des couteaux près de lui.
TlSAMBI.
La pratique consistant à exhumer plusieurs fois le cadavre n'est pas générale. Si le mort était encore jeune, son décès est considéré comme n'étant pas naturel : ou bien on lui a jeté un sort ou bien le likundu a pris possession de son corps et occasionné la mort. Dans ces conditions, il s'agit de délivrer le défunt de ce mauvais esprit afin qu'il puisse reposer en paix. A cet effet le mort est déterré après quelques semaines. On lui ouvre le ventre, on enlève le Likundu qui est souvent un morceau du foie, l'intérieur de l'estomac, etc., pour inhumer enfin le mort à son ancienne place et le Likundu à un autre endroit assez loin du corps dont il avait pris possession.
Périn.
ABABUA
(Congo.)