‹ Les abcès du cerveauChapitre 8 sur 10 · II · texte numérisé non relu

II

Fig. 3 4. — ■ Abcès sous-duraï. Schémas opératoires

(P. Puech et H. Askenasy). a) Le volet; en hachures, le siège de l’abcès, b) Coupe schématique montrant en pointillé la situation de l’abcès sous-dural. c) L’ablation du couvercle de l’abcès, d) Aspect opératoire à la fin de l’intervention.

la dure-mère ou retire du pus. Le laboratoire, auquel on l’envoie immédiatement, confirme qu’il s’agit d’un pus mort sans hémorragie et rend compte que ce pus est stérile (il restera stérile aux cultures). Dès lors l’ouverture de la dure-mère est agrandie,

Fig. 15 a. — Abcès extra-dural. Radiographie préopératoire, montrant les traits de fractures de la voûte.

tandis que l’aspirateur évacue plus de 60 cc. de pus. Cette poche purulente étant évacuée, on note qu’elle refoulait de plus de 4 cm. vers la ligne médiane la face externe de l’hémisphère gauche (fig. 14). La paroi de cette poche était constituée par un tissu friable, fongueux macroscopiquement et microscopiquement : il ne s’agit pas d’un hématome chronique. Elle adhérait à la dure-mère qui est enlevée avec elle sur la presque totalité de l’étendue du volet. La paroi interne est alors incisée à

l’électro. On s’aperçoit qu’elle adhère intimement au cerveau. Elle n’est pas énucléable. Parage de sa surface. Hémostase. Fermeture sans drainage. Quinze jours après l’opération le malade circule. L’acuité visuelle s’améliore progressivement; l’opéré est actuellement satisfait de son état.

Si le deuxième temps avait été fait d’emblée, il n’est pas dit que le pus eût été à cette époque un pus mort; et, dans ces conditions, les suites opératoires eussent été plus délicates.

2° L "abcès extra-dural est rare. Qu’il apparaisse au décours

Fig. 15 b, — Abcès extra-dural. Schémas opératoires : 1° La pince saisit le volumineux séquestre, et, en dessous de lui, on découvre l’abcès. 2° Coupe schématique montrant la situation de l’abcès extra-dural.

d’une otite ou bien à l’occasion d’un traumatisme, d’ordinaire le premier temps osseux de l’intervention le découvre et permet de le traiter. Voici un exemple d’abcès extra-dural traumatique.

Un homme de 20 ans, à l’occasion d’un accident de motocyclette, fait une fracture multiple de la voûte (fig. 15 a) et reste dans le coma. Il semble guérir. Cependant une « ostéite crânienne » s’installe et persiste malgré deux grattages d’os. Une fistule occipitale s’établit. Progressivement le malade se plaint de céphalée, de vomissements. L’état général s’altère pro-

fondément. Il n’y a pas de fièvre. Des troubles mentaux apparaissent. Point de stase papillaire. Cinq mois après l’accident le malade est adressé à l’un de nous, dans le Service Neuro-Chirurgical du Dr Vincent, avec le diagnostic d’abcès intracrânien. Le crâne ayant été rasé, l’examen montre que la zone siégeant entre les deux traits de fracture supérieure de la voûte est œdémateuse. Un grand lambeau est taillé, comme l’indique

Fig. 15 c. — Abcès extra-dural. Radiographie postopératoire.

la figure 15 b (P. Puech et M. Brun). Son extrémité inférieure va jusqu’à la fistule. Le volumineux séquestre situé entre les deux traits de fracture supérieure ayant été enlevé (fig. 15 c), on découvre à ce niveau, à la face profonde de l’os, l’abcès extra-dural. Celui-ci est soigneusement détergé. Sutures lâches et drainage aux crins.

Trois semaines plus tard tout est terminé et le patient peut reprendre une vie normale.

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