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La maladie évolue tout d'abord classiquement, banalement mais avec une gravité supérieure à la moyenne.
Cependant, le 4° septénaire écoulé, la température continue à rester au-dessus de la normale. Le thermomètre marque 70,5, 37°,6 le matin et s'élève le soir à 3%,2 ou 33°,5. Le malade est très amaigri et sa faiblesse est extrème.
Le 12 janvier, une cinquantaine de jours après le début de la maladie, il accuse pour la première fois, un point du côté hépatique, peu intense, sans irradiation à l'épaule ; le lendemain, ce point de côté a disparu et il ne lui est accordé que peu d'attention. Cependant, dans les derniers jours de janvier, il apparait à nouveau et s'accompagne d'un peu de dyspnée. Toujours aucune irradiation. On constate alors une légère voussure de région hépatique ; le foie est hypertrophié et dépasse les fausses côtes de quatre travers de doigt. La partie du foie qui déborde est douloureuse à la pression. La palpation et l'auscultation ne révèlent rien de spécial. Il n'y à ni fluctuation, ni résistance profonde. Pas de crépitation parcheminée. Skodisme sous la clavicule droite. A quatre travers de doigt au dessous de la clavicule commence une matité qui se continue sans démarcation avec la matité hépatique.
En arrière, on observe depuis la base du thorax jusqu'à la pointe de l’omoplate, de la matité, de l'abolition de la respiration et des vibrations ; au niveau de la pointe, on entend un souffle doux, lointain, voilé, expiratoire. On a, en un mot, tous les signes d’un épanchement.
Une ponction faite aseptiquement dans la plèvre au niveau du Te espace intercostal, donne un, pus liquide, verdâtre qui renferme le bacille d'Eberth à l'état de pureté.
Une consultation réunit au lit du malade tous les médecins de l'hôpital et on discute la question de savoir s'il s'agit d'une pleurésie purulente simple ou d’une pleurésie purulente consécutive à un abcès du foie. C'est cette première opinion qui prévaut. L'hypertrophie du foie est considérée comme un simple abaissement dù à la pleurésie. Le point de côté hépatique, peu intense du reste, est pris pour une sensibilité spéciale du foie débordant les fausses côtes. On se borna donc à pratiquer l'opération de l'empyème qu
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donna issue à 2 litres environ d'un pus liquide, verdâtre, dont la sérosité agglutinait très nettement le bacille d'Eberth. L'opération terminée, on constata bien que le foie continuait à déborder les fausses côtes, mais comme ce fait pouvait être réalisé par des adhérences bridant le foie, il ne retint que peu l'attention. Après l'opération, le malade n'éprouva presque pas de soulagement; il présenta une dyspnée progressivement croissante, une toux incessante, une expecloration spumeuse, et mourut le surlendemain {4 février).
L’autopsie montra sur l'intestin grêle des lésions classiques de la dothiénenterie : les ulcérations typhoïdiques étaient presque complètement cicatrisées. Le gros intestin et l’appendice iléo-cœæcal, en particulier, étaient absolument indemnes; le péritoine était sain, le système porte ne présentait aucune altération.
Le lobe droit du foie renfermait un énorme abcès qui l'oecupait presque entièrement et atteignait la dimension d'une tête de fœtus.
En avant, cette collection purulente était séparée de la face antérieure de l'organe par une épaisseur de parenchyme hépatique de 4 centimètres environ, ce qui explique l’absence de fluctuation et de résistance perçue pendant la vie. Mais l’abcès bombait du côté de la face convexe où le parenchyme était réduit à un demi-centimètre d'épaisseur,
Celte face convexe présentait une coloration jaunàtre ; des adhérences assez intimes l'unissaient au diaphragme; le muscle luimème était jaunàtre et comme macéré, on saisissait pleinement le lassage de l'agent infectieux du foie à la cavité pleurale. Une rupture de l’abcès dans la plèvre était mème imminente. L'abcès renfermait un demi-litre environ de pus bien lié, jaune verdätre, inodore. Sa paroi était recouverte d'un pus plus épais, au-dessous duquel se voyaient des villosités puis une couche lardacée. Bref, l'aspect était absolument celui des grandes collections dysentériques.
La plèvre droite présentait les désordres ordinaires de la pleurésie purulente ; les autres organes n'offraient aucune lésion intéressante à noter.
Examen bactériologique. — L'examen microscopique du pus,
De AT dE prélevé avec toutes les précautions voulues à l'intérieur de l'’abcès a montré l'existence de quelques bacilles courts, trapus, à bouts arrondis, se décolorant par le Gram, absolument identiques aux bacilles trouvés dans la plèvre. On n’a constaté la présence d’aucune amibe.
Ensemencé en bouillon le pus a donné une culture pure d'un bacille qui présentait {ous Les caractères du‘bacille d'Eberth. Réaction de Widal très nette; culture transparente sur gélatine, à peine apparente sur pomme de terre; absence de fermentation des sucres ; non formation d'indol.
Une différence très intéressante cependant mérite d'être relevée entre le bacille retiré de la plèvre et l’Eberth retiré du foie. Elle est tirée de la virulence très différente que le bacille typhique posscdait dans les deux cas. Dans la plèvre, le bacille était très virulent : un centimètre cube d'une culture jeune en bouillon, inoculé dans le péritoine d'un gros cobaye de 650 gr. à délerminé en #8 heures la mort de l'animal à la suite d’une belle péritonite d'où le bacille d'Eberth a pu être isolé et des passages d'animal à animal ont encore réussi à exalter la virulence de ce bacille.
Le bacilie d'Eberth retiré du foie s'est, tout au contraire, montré totalement dépourvu de virulence, 3 centimètres cubes d'une culture jeune en bouillon, inoculés finalement dans le péritoine d'un jeune cobaye de 300 gr. ont laissé l'animal absolument indifférent,
Le bacille typhique a été trouvé très abondant au niveau des plaques de Peyer. |