‹ Les abcès du foie d'origine typhiqueChapitre 13 sur 36 · É VR · texte numérisé non relu

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long fut faite exactement à gauche de la ligne médiane sur la partie proéminente de la tumeur. En ouvrant le péritoine on trouva les feuillets pariétal et viscéral très fortement adhérents en bas et en partie à droite de l'incision. On respecta les adhérences. Une aiguille exploratrice fut alors introduite dans la substance du foie et à un demi-pouce environ de la surface, elle entra dans une cavité d où il s'écoula une palite quantité de liquide brunâtre. Par une suture continue au fil de soie fin, le péritoine pariétal fut suturé à la surface du foie de manière à circonscrire une aire d’un pouce environ de diamètre, ayant l'aiguille exploratrice pour centre. Un dilatateur gouttière fut introduit par l'orifice de l'aiguille exploratrice et en ouvrant les branches de manière à écarter la s'1bslance épatique, queïques onces d’un liquide fluide et brunätre s'écoulèrent suivis d’un liquide purulent épais, grumeleux et jaunâtre (teinté de bile). Après l'écoulement complet d'environ cinq ou six onces de liquide, la cavité apparut du volume d'une balle de criket environ. Un tube à draîner en caoutchouc de 3 pouces 1/2 de long et de 1/3 de pouce de diamètre fut alors introduit et la jlaie fut pansée avec de la charpie boriquée et de la gaze Gamgee. Après évacuation, la tumeur à l'épigastre était diminuée de moitié environ et le drain sortait de la paroi abdominale de 2 pouces environ au-dessous de l’appendice xyphoïde.

Le liquide fut ensemencé sur agar au moment de l'opération et on trouva qu'il contenait des bacilles d'Eberth excessivement mobi'es (Voir au-dessous.)

Le premier jour le liquide qui s'écoula en quantité considérable par le drain était de couleur brunälre mêlé de pus grumeleux ct muqueux. Dix jours après environ, il était aqueux, d’un beau jaune ou lézsèrement colorié par la bile, avec peu de mueus et pas de pus.

Trois semaines eaviron après l'opération cet état fut interrompu par un jet subit de pus qui dura 3 jours ; mais vers le 3 février la plaie était guérie en pratique : il ne restait plus que quelques fils de soie à la paroi abdominale.

La température, aussitôt après l'opération tomba au-dessous de

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la normale et l'enfant guérit régulièrement, sans incidents. Deux mois environ après l'opération, elle était grasse et bien portante.

Bactériologie. — L'examen bactériologique du liquide retiré au moment de l'opération fut obligeamment fait par le docteur Symes. L'examen direct au microscope montra des bacilles courts à bouts arrondis.

Les cultures sur agar et dans des vases plats et peu profonds montrèrent un très petit nombre de colonies de staphylococcus pyogènes aureus et de nombreuses colonies de bacilles courts à bouts arrondis. Ces baciiles s’accrurent en bouillon, en en troublant la partie médiane et étaient excessivement mobiles. 11 n'y eut pas de formation d'indol, pas de coagulation du lait, ni formation de gaz dans la gélatine ; mais la réaction de Widal avec ie sérum typhique existait très nette 1 sur 20. Il ne pouvait plus y avoir de doute ; cet organisme était bien le bacille d'Eberth-Gaffky.

Trois jours après l’opération, alors qu'aucune antisepsie n'avait été faite dans la cavité purulente, une seconde culture ne montra plus qu'une seule colonie de bacylle typhique.

OBSERVATION HI (Sorel, Union Médicale, 1882.)

Fièvre typhoïde. — Ulcérations des follicules clos du gros intestin.— Abcès aigu volumineux du foie. — Péritonite.

Lab... Jean, âgé de 23 ans, incorporé après un ajournement d'une année pour faiblesse de constitution au ?4e de ligne, dans sa première année de service, en Algérie depuis quatre mois ({), entre

(1) « L'homme qui fait l'objet de cette observation, ajoute l’auteur, n'avait pas quatre mois de séjour en Algérie et cela dans une région élevée, par un été des plus modérés ; il n’avait jamais contracté de dysenterie, on peut donc je crois, rejeter l'hypothèse d’ur.e hépatite suppurée des pays chauds. »

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à l'hôpital de Sétif le 16 juillet 1882 au huitième jour d'une fièvre typhoïde qui présente les allures les plus bénignes. Il existe quelques taches rosées, le ventre est légèrement ballonné et l'état fébrile sous l'influence de la médication quinino-salycilée reste très modéré.

Le 21 juillet, le malade se plaint d'un point de côté au niveau de l'hypochondre droit ; calmé par l'application de ventouses sèches, 11 reparait le 24 et cède à une injection de morphine; mais bientôt la douleur devient sourde, continue, et la pression au niveau du creux épigastrique est pénible. Cependant le foie ne présente aucun voläime anormal et à peine existe-t-il un peu de congestion à la base du poumon. Les selles diarrhéiques sont facilement modifiées par l'opium et la poudre de charbon.

Le 21 juillet, au vingtième jour de la maladie, apparaissent des oscillations fébriles intermittentes qui s'accusent surtout à partir du 2 août. Du 5 au {3 août on constate de la pharyngite; même état local quant à la douleur assez peu accusée et aux symptômes physiques. ;

Le 18 août, péritonite subaiguë sans réaction, absence de vomissements ; le ventre ballonné, est peu sensible à la pression, le pouls reste bon et la température s'abaisse.

Le 21 août, le pouls devient petit, fuyant, la température remonte, et le malade succombe ayant toute sa connaissance le 22 août à 9 heures du soir au #5° jour de la maladie totale.

Dans les derniers jours, sans que je puisse préciser l'époque de l'apparition, le malade n'ayant pas attiré l'attention de ce côté, il s'était produit un gonflement œdéinateux, indolore du membre inférieur droit.

Autopsie. — Le cerveau n'est pas examiné.

Poumons. — Sains; congeslion ;généralisée mais plus marquée aux bases.

Cœur, — Aucune altération.

Estomac.'Taches ecchymotiques sur la muqueuse, au-dessous du cardia.

Ganglions mésenlériques. — Saillants, un peu augmentés de volume.

. 8 pere.»

Intestin grêle. — Deux plaques «barbe rasée» vers l'union du jéjunum et de l'iléon; puis en descendant on trouve des plaques de Peyer peu saillantes, mais absolument noires, en d'autant plus grand nombre qu'on approche de la valvule iléo-cæcale, Au voisinage de la valvule les follicules présentent la même coloration, et mèiés aux plaques, donnent à la muqueuse, d'aileurs saine, un aspect tigré. Les bords de la valvule sont ardoisés.

Gros intestin. — La muqueuse dans toute son étenduc est légèrement tuméfiée sans trace d’érosion ou d'’exfoliation, sa coloration est grisätre. Les follicules clos, depuis le commencement du cæœcum jusqu’à l’origine du rectum sont dilatés en nombre très considérable, indurés, et pour la plupart ulcérés à leur surface. Ils font saillie comme un pois et ont uu aspect pustuleux. En certains points du cœcum, l'infiltration typhoide s'étend au tissu sous-muqueux.

Reins. — Rien de notable.

Rate. — Un peu augmentée de volume, assez consistante ; traces de péri-splénite.

Foie. — Son volume èst presque au-dessous de la normale, bien que le lôbe gauche soit très développé ; il pèse 1,500 grammes. Le lobe droit présente à sa face convexe un infarctus hémorrhagique superficiel, sans ramollissement et de peu d’étendue. Au lobe gauche, relativement très développé, extste sur la face convexe, qu'il occupe presque en entier en respectant toutefois unc petite zone au voisinage des bords, et, situé superficiellement, un abeës du volume d'une grosse orange ; sa paroi supérieure, mince, est réduite en certains points au revêtement périlonéal et à l'enveloppe propre; son contenu est séro-purulent; le pus, bien lié, jaune verdâtre, est plus abondant dans les portions déclives où se trouvent des grumeaux.

L'abcès a contrac!é des adhérences peu solides avec la face inférieure du diaphragme ainsi qu'avec la face postérieure de la dernière pièce du sternum el l’origine des cartilages costaux de droite, qui les recrouvrent entièrement et en rendaient la palpation impossible, |

On ne trouve rien de particulier dans les principales divisions de la veine porte.

La vésicule biliaire. petite, renferme de la bile jaune ; des arborisalions vasculaires sont développées à sa surface externe.

La paroi de l’abcès est en effet l’origine d'une péritonile subaiguë qui, se propageant par le flanc du côté droit, gagne le petit bassin où il existe du liquide séro-purulent. Le péritoine pariétal est injecté dans sa portion sous-ombilicale et d'une manière plus accusée à droite qu’à gauche.

Au membre inférieur droit phlébite de la crurale remontant les veines iliaque primitive et iliaque externe du côté droit.

OBSERVATION IV (Résumée)

(Chater : Brithish Medical Journal, 1873.)

Abcès du foie consécutif à la fièvre typhoïde.— Guérison.

Il's’agit d'une femme de 30 ans qui entre à l'hôpital Le 28 mai 1873.

À son entrée : le facies est pâle, amaigri, la soif est constante, la Jangue recouverte d'un enduit brunâtre. La malade a des vomissements fréquents, des douleurs angoissantes dans l’hyÿpochondre droit et dans l'abdomen. Insomnie depuis plusieurs semaines. Alternatives de constipation et de diarrhée. Le pouls est à 140-160. On constate une énorme ampliation du côté droit: 42 pouces 1/2 et cependant cette femme est ordinairement fine de taille.

Au mois de juin 1872, celte femme sut une fièvre typhoïide avec selles diarrhéiques presque constantes. Vers la fin de sa dothiénentérie elle ressentit de sourdes douleurs dans le côté droit, douleurs qui depuis ne cessèrent plus. Elle eut à ce moment, et plus tard encore, des frissons alternant avec des sueurs profuses. D'après les dires de la malade on ne constalait aucune tuméfaction visible.

A la fin de septembre 1872, les douleurs hépatiques augmentent d'intensité, s'irradient à l'épaule droite et au cou jusqu'à l'angle du maxillaire inférieur. La date exacte de l'appari‘ion de Ja tumélaction dans l'hypoeondre droit ue peut être exactement dé'erminée.

La tuméfaction était évidente à la fin du mois d'octobre, puis elle augmenta graduellement de volume et s'accompagna d'ictère,

J'ai examiné la malade au mois de mai 1873 seulement et fis le diagnostic d'abcès du foie.

Une première ponction fut pratiquée avec un fin trocart au niveau de la dixième côte à droile de la vésicule et il s'écoule 11 onces de matière purulente sanguinolente, brunâtre.

A la suite de celte ponction la malade se sentit soulagée, eut un sommeil réparateur el demanda à manger. On accéda à sa demande mais elle vomit immédiatement les aliments.

34 mai. — L'état de faiblesse et d’exténualion de la malade sont les mèmes qu'avant la ponction, le pouls est à 140, la température 101,5 Farenheit (38,5). Le chloral est moins efficace ; la sensation de distention dans l’hypochondfe est plus acecntuée, On pratique une injection de morphine.

3 juin. — L'état de la malade s'est suffisammént amélioré pour permettre une seconde ponction que l'on pratique avec un trocart à hydrocèle. On retire une énorme quantité de pus 6% onces. La malade est immédiatement soulagée. Le soir on laisse un drain à demeure,

4 juin. — La malade a bien dormi; l’état général s'améliore. On change le drain, le premier s'étant bouché, et il s'écoule environ 3 onces de pus. Mais le soir les douleurs qu'éprouve la malade obligent à retirer le drain et il s'écoule encore 11 onces de pus.

5 juin. — Sommeil meilleur, Pouls 118, température : 100 1/2 (38°)

À 3 h. 1/2, violent frisson survenu subitement ct à 8 heures on trouve le pouls à 124 et la température à 103 (33°,4). Soif constante, Douleurs violentes dans l'hypochondre droit au moindre changement de position.

8 juin, — Etat stationnaire.

7 juin. — Nuit très mauvaise. Pouls 140, température : 103 1/2 (390,8). La sensation de «plénitude hépatique » est augmentée. Après un grand frisson, la malade couverte de sueurs tombe dans un état de prostration très accentué. Pas d'appétit. Urines plutôt augmentées.

8 juin, — La malade à eu un frisson ce matin, Le pouls est

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