‹ Les abcès du foie d'origine typhiqueChapitre 5 sur 36 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

« On peut être étonné, dit M. le professeur Hutinel, dans sa thèse de concours de 1833 (1), de la rareté des inflammations de foie consécutives à la fièvre typhoïde, quand on songe à la constance presque absolue des lésions qu'il présente à la période d'état et aux connexions vasculaires qu’il affecte avec l'intestin malade. » Et Pauteur cite, d'aprés Murchison, quatre cas dùs à Louis, Frérichs, Hudson et à lui-même. En recherchant la mention de ces cas dans le traité de la fièvre tvphoiïde publié par Murchison (2) nous ne trouvons que cette simple mention : « Louis et Frérichs rapportent chacun un cas où le foie contenait un certain nombre de dépôts prémiques circonserits et un cas d’abcès hépatique que nous n'avons pu retrouver est alusi indiqué par Hudson : « J'ai noté moi-même dans un cas que le foie contenait une substance opaque jaune, apparemment due à un embolisme.» Le cas est trop sommairement relaté.

(1) Hulinel.—Convalescence et rechutes de la fièvre typhoïde, Thèse de concours, Paris, 1883.

(2) Marchison.— La fièvre typhoiïde. Trad, de Lieutaud. Paris, 1878.

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Quant aux trois autres, sauf celui de Louis, nous n’avons pas pu les retrouver, de même d'ailleurs qu'un autre, mentionné par Hutinel et qui aurait été publié par Bokaï (1). Mais apparemment tous ces cas n’ont pas dû être bien intéressants, puisque les auteurs postérieurs n en font aucune mention.

Depuis Louis (2),qui l2 premier publia une observation fort nette de fièvre tvphoïde compliquée de parotidite suppurée et d'abcès du foie, les nombreux observateurs se sont appliqués à démontrer que les suppurations viscérales de la dothiénentérie ne se rencontraient que dans les cas où il existait une porte d’entrée (abcès sous-cutané, escarre, panaris). Et les auteurs classiques ne font aucune mention de cas fort intéressants qui nereconnaissaient pas cetté pathogénie et qui avaient été publiés. On sait que pendant longtemps une seule théorie régna sur la pathogénie des abcès du foie. Les suppurations ne pouvaient être que ce que l’on appelle l'hépatite des pays chauds d'origine dysentérique ou des abcès métastatiques. C’est ce qui expiique pourquoi ls cas d'abcès du foie d’origine typhique restèrent longtemps épars.

Et pourtaut la fièvre tvphoïde qui, au dire de ce>s auteurs, devrait, tout comme la dvysenterie nostras, manquer au programme étiologique de l'hépatute suppurée, int rvient comme cause d'abcès du foie sous toutes les latitudes. C’est en Europe que cette mfluence

(1) Pest. méd. chir. Presse, N° 20. 4882.

(2) Recherches sur la fièvre typhoïde. 18#1,

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à été reconnue tout d’abord. On la signala ensuite dans les régions intertropicales, en Nouvelle-Calédonie où elle paraît être relativement fréquente (1).

Ce ne fut qu'après la ruine de la théorie spécifique de l'hépatite suppurée, après qu'on eût démontré que tout processus ulcéreux de l'intestin, de quelque nature qu'il fût, est capable de provoquer l'hépatite suppurée, que l’on eut l’idée de réunir tous les cas d’abcès du foie d’origine typhique.

Romberg (2) le premier essava de rassembler tous ces cas, de les discuter et de les classer d’après leur pathogénie. Ce fut le premier travail important paru sur la question.

Aprés avoir cité des statistiques et parlé du peu de fréquence de cette complication de la dothiénentérie, Romberg énumère dix-neuf cas parvenus à sa connaissan‘e. Sur ces 19 cas, ilen élimine 10 après discussion. Pour Romberg, le cas de Delaire (3), cité pourtant par nos classiques et nos monographies, doit être rejeté. Il s’agit dans ce cas d’une femme chez laquelle, au décours d'une fiévre typhoïde grave, on aurait brusquement constaté les symptômes suivants : frissons, fièvre, point de côté hépatique; puis le foie augmenta rapidement de volume et descendit au niveau de l'ombilic. Soudain se manifesta une pleurésie qui se termina par vomique. La guérison s’en suivit : deux ans après. la malade présenta les symptômes d'un nouvel abcès se développant

(1) Gervais. Thèse de Paris. 1887.

(2) Romberg. Berliver Klin. Wochensch. 3 mars 1890, p. 192, (3) Gazette des hôpitaux. 1869.

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en bas; après application de pâte de Vienne, ils'évacua une grande quantité de pus verdâtre etla malade guérit cette fois définitivement. Romberg prétend qu'il s’est agi dans ce cas d’une simple péri-hépatite suppuré?. Il conclut de même pour le cas de Sidlo déjà discuté par Asck et qui présente avec celui de Delaire les analogies les plus frappantes. [1 nous.semble avoir raison et nous rejetons avec lui ces observations.

Romberg discute ensuite le cas de Bouiilaud, rapporté par Andral, ceux de Wirchow, de Burder, de Petrina et les rejette. Ces observations manquent en effet de netteté ou sontincomplètes, soit au point de vue clinique, soit au point de vue anatomo-pathologique. D'accord avec Romberg, nous croyons devoir les rejeter du cadre des abcès du foie d'origine typhique.

En somme Romberg ne retient que dix cas d’abcès du foie d’origine typhique et il les range, au point de vue pathogénique, en 3 catégories :

1 Abcès du foie consécutifs à une ulcération des voies biliaires : un seul exemple dû à Klebs.

20 Abcès du foie consécutifs à une pyléphlébite : 5 cas dont deux dus à Backliug et les autres à Tüngel, à Asch et à Romberg.

3% Abcès du foie consécutifs à une pyémie d’une autre région du corps : cas dus à Louis, à Chvosteck, à Freudlich et à Dunin.

En 1895 Lannois communiqua au Congrès de Bordeaux un cas d’abcès multiples du foie et de pyléphlébite d'origine typhique. Il fut le premier qui pratiqua l'examen bactériologique du pus de ces abcès d’une

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