‹ Les Abcès du Sein: Dans la GaleChapitre 11 sur 13 · D QE ESS · texte numérisé non relu

D QE ESS

Un point spécial peut être relevé dans 2 de nos observations. Dans ces deux cas, en effet, l'abcès mammaire .à débuté et prédominé à la partie supéro-interne de la région pectorale, créant là. un foyer de suppuration nettement localisé à l’origine et présentant l'allure d’un abcès ou d’un adéno-phlegmon circonscrit. Sans doute faut-il y voir une réaction inflammatoire siégeant dans un des nodules ganglionnaires décrits par Rotter et Œlsner au niveau de la voie accessoire mammaireinterne. Ce transport à distance de l’agent septique venu de la - région aréolaire donnait ici au tableau clinique une physionomie spéciale qui aurait pu faire chercher ailleurs

qu’au mamelon la porte d'entrée.

Symptômes et diagnostic. — Les habituels symptômes de l’abcès du sein se retrouvent évidemment ici. C’est d’abord l’ulcération, porte d'entrée éventuelle, si fréquente au milieu des lésions d’eczéma et de grattage qu’il serait bon de dépister dans un but prophylactique.

Puis l'infection réalisée, on peut la voir dessiner des traînées de lymphangite superficielle, en général dirigées vers l’aisselle et ses ganglions; c’est le trajet classiquement désrit, mais, nous l’avons vu, il peut s’en trouver un qui gagne la voie Iymphatique mammaire interne. Cette lymphangite peut produire des abcès lymphangitiques superficiels, dans d’autres cas, elle gagnera les canaux glandulaires.

La galactopherite ainsi constituée, n'amènera en

général qu’une fièvre et des douleurs modérées el une

tension plus qu'une déformation du sein; elle se reconnaîtra au signe bien connu de Chassaignac : issue du pus par le mamelon, à rechercher suivant la technique de Budin : en recueillant après expression le pus sur une compresse, le lait diffusant dans l’étoffe,le pus apparaître nettement à la surface.

Puis se surajoutant à la galactophorite pourra apparaître l’ab:ès du sein proprement dit, annoncé par une recrudescence des symptômes douloureux. Le sein se présentera alors volumineux, bosselé, quand plusieurs lobes seront pris, et bientôt la suppuration gagnant de proche en proche pourra atteindre la peau qui prendra l’aspect inflammatoire. Tous les signes habituel: de l’inflammation de la suppuration se succéderont ainsi; leur description faite dans tous les traités ne présente pas ici d'intérêt spécial.

De même pourra-t-on rencontrer après les mastites ci-dessus signalées les diverses paramastites : de l’abcès du mamelon et de l’aréole, et de l’abcès du tissu cellulaire sous-cutané jusqu’au phlegmon rétro-mammaire et au phlegmon diffus.

Traitement. — La possibilité de complications si graves dans une affection bénigne en elle-même indique donc une thérapeutique attentive.

En présence de lésions galeuses au niveau du sem ou d’eczéma consécutif, une prophylaxie rigoureuse de toutes chances d'infection s impose. Il sera de beau-

coup préférable dans ces cas d'éviter le traitement

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habituel par la frotte, toujours si irritante sur une peau déjà fragilisée, et on y trouvera une indication toute particulière du traitement au polysulfure préconisé par M. le docteur Milian, méthode beaucoup plus douce qui évitera les traumatismes inoculateurs.

Et surtout, il faudra, par tous les movens, empêcher le grattage, protéger la région mamelonnaire contre l'atteinte, parfois inconsciente, au moment de sommeil, d'ongles toujours septiques.

Quand on aura constaté la présence de crevasses, il faudra s’efforcer d'empêcher, ou d’entraver la pénétration microbienne. On a préconisé les antiseptiques les plus divers pour le traitement des crevasses du mamelon. Tarnier et Budin se servatent de solution de sublimé, Lepage de biodure de mercure, mais l’hydrargyrisme étant à redouter et d'autre part la peau étant ici déjà très endommagée, des moyens plus doux sont indiqués, Pinard utilise l’eau boriquée, Wallich, l’eau oxygénée Bônnaire le nitrate d'argent à 1/50 ou le mélange d'alcool et de glycérine à parties égales. Bar et Brindeau anesthésient les crevasses à la cocaïne 1 /20 ou au 1 /50° et après dégraissage à l’éther les enduisent de teinture d'iode et les saupoudrent de bicarbonate de soude pour neutraliser l'acidité dés fermentations lactiques. Baumgarten conseille d'employer surtout des précautions d’asepsie au moment de l’allaittement.

Mais ici la présence d’eczéma indiquera une thérapeutique spécialt : les premiers jours, pendant l’inflam-

mation aiguë, on se bornera à faire des pansements

Lo EE

humides chauds; puis on procédera à des attouchements

au nitrate d'argent 1 /30, pour cautériser. On appliquera

ensuite de la pâte de zinc ou une pommade au goudron

telle-que celle’ ci :

COUTTORA AMIE INRE

Oxyde de zinc. . 20 gr Lanolhinenrs a.

Vaseline . aa ,30 gr.

La lymphangite constituée sera traïtée classiquement par les pansements humides légèrement alcoolisés auxquels on joindra un peu de compression des seins et des pansements au collargol. Bonnaire cité par Dechazeaubeneix emploie la glace ajoutée à la compression et au repos fonctionnel. Souligoux préconise les pansements à l’éther.

Dans la galactophorite on ne manquera pas d’appli-

quer la compréssion mais il faudra y joindre l’expres-

sion suivant la méthode de Budin; on a proposé pour la remplacer, l’aspiration par ventousage au niveau du mamelon mais certains accoucheurs l’ont trouvée insuffisante et même daugereuse : Bonnaire lui attribue un cas de paramastite mortel.

Quand l’abcès sera collecté, l’incision et le drainage s'imposent; la résolution étant en général assez lente daus ce tissu glandulaire, suivant le volume et la localisation, on fera comme il est classique, en point déclive, une ou plus'eurs incisions radiées pour éviter la lésion

des canaux galactophores; ou si cela est possible on

esthétique | en Ha l’incision C4 la face |

g inférioure de la mamelle, vers Le sillon sinu- pectoral. | AE

. pulvérisations antiseptiques, à l' ŒE oxygénée par ‘ exemple. Les détails des Sue techniques sont donnés #4 Enr dans les traités concernant les ahcès du sein 6n générat,

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