‹ Les Abcès Pneumococciques de la Loge de RetziusChapitre 7 sur 11 · MEIS ET AMICIS · texte numérisé non relu

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Introduction

Nous avons pour but, dans cette thèse, d’apporter deux faits nouveaux et d’un caractère particulier à l’appui des cas déjà signalés et tellement discutés d’inflammations de la loge prévésicale de Retzius apportées par voie sanguine. Il s’agit de deux observations de métastase prévésicale d’une infection à pneumocoques ; la première consistant en une angine, la seconde en une pneumonie.

Ces cas ont un triple intérêt :

1° D'abord ils viennent apporter un appui à la pathogénie métastatique. En eïfet, ces observations, avec la période à laquelle survient la complication, avec l’évolution et surtout avec les examens bactériologiques, sont des arguments incontestables.

29 Ils ajoutent au tableau de la flore microbienne déjà si nombreuse des inflammations prévésicales un élément de plus, inconnu auparavant : le pneumocoque.

30 Enfin, et c’est là que réside pratiquement tout

l’intérêt de la question, ils peuvent rappeler par leur

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Symptomatologie et leur évolution certaines infections pneumococciques voisines, je veux dire la péritonite, et donner lieu ainsi à de graves difficultés de diagnostic.

Dans cette thèse, nous ferons donc d’abord quelques considérations historiques sur l’évolution des idées pathogéniques sur les abcès prévésicaux, puis une étude clinique et enfin un essai de diagnostic

différentiel.

Historique

Les abcès de la cavité de Retzius ont été très anciennement observés. D’après Constantin Paul, c’est à J.J. Bouley que revient l’honneur d’avoir le premier diagnostiqué un abcès prévésical.

Déjà en 1769, Trécourt en donnait une observation dans les Mémoires et observations de chirurgie. Puis c’est Boyer, en 1824, qui en signale quelques cas dans son fraité Des maladies chirurgicales.

Mais l’espace prévésical n’était alors pas bien connu. En 1848, Desgranges dans la Gazette des Hôpitaux et Sainz Blaquez dans la Gazette Médicale nous en donnent de meilleures descriptions et fixent mieux les limites anatomiques du siège de ces suppurations. En 1850, Bernutz fait une étude de ces collections purulentes.

Mais la première date importante dans l’histoire des abcès prévésicaux est 1856, car c’est cette année-là que « Retzius anatomiste suédois présenta à l’Académie de Stockolm une description spéciale de cette région, que le Docteur Hyrtl communiqua en 1858 à l’Académie des Sciences de Vienne,

d’après une lettre de l’auteur ».

Ensuite, c’est Wenzel Grüberqui, en 1862 publie une étude clinique dans les Archives de Wirchow, Worms qui traite le même sujet en 1867 dans la Gazette des Hôpitaux, puis les mémoires et les thèses de Labuze en 1871, de Vaussy en 1875, de Lepelletier (Journal de médecine 1875), d’Arnould (Bulletin médical du nord 1877), de Castaneda Y. Campos en 1878, de Gérardin l’année suivante, de Macarez en 1880.

En 1880, G. Bouilly, chirurgien des hôpitaux pré-. sente sa thèse d’agrégation sur Les tumeurs aiguës et chroniques de la cavité prévésicale, et, arrive à en réunir 43 observations. Il en fait une trés belle étude et présente même une classification pathogénique. Il distingue en effet :

des phlegmons idiopathiques,

des phlegmons d’origine traumatique, des phlegmons enfin dus à la propagation d’une

infection soit voisine, soit lointaine.

Cette thèse, en dehors de son propre mérite, eut l’avantage d'attirer l’attention sur ce sujet et par la suite un assez grand nombre d'observations furent publiées et des études en furent faites. Citons celles de Laussat, Guyon, Tillaux, Tuffier, Charpy et Belbet en France, de Leusser, Pinner et Englisch à l’étranger.

Après les études cliniques et anatomiques vinrent de véritables études pathogéniques et en même temps

des discussions :

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Imbert Léon, dans sa communication au Congrès d’urologie en 1902 et Géraudie dans sa thèse en 1903 démontrèrent avec évidence la possibilité d'infection de l’espace prévésical par voie lymphatique. Reygasse de même en 1905. Tant ils firent que bientôt ils attribuèrent à cette voie le rôle primordial et arrivèrent à considérer les phlegmons prévésicaux comme des adénophlegmons ; ils le soutinrent même dans les cas de suppurations à la suite de fièvre typhoïde. Quant aux abcès idiopathiques, ils les admettaient avec de très grandes réserves et les abcès métastatiques. ils les niaient. Voici d’ailleurs ce que pensaït dela question Gaston Cotte, interne des hôpitaux de Lyon en 1905, extrait d’un article de la Gazette des Hôpitaux.

« Les abcès métastatiques ne semblent pas non plus devoir être conservés. Il est rare en effet de voir se développer des métastases infectieuses dans les feuillets pré ou périvésicaux et l’affinité de ces abcès pour le tissu cellulo-graisseux paraît bien concerner seulement les lames celluleuses sous-cutanées et périarticulaires. D'ailleurs, comme le fait remarquer Honsell, tous les faits que l’on a donné jusqu’à présent comme type d’abcès métastatiques (Bouilly-Labuze) se rapportent à des malades en convalescence de dothienentérie. Ilest doncfort probable que dans un certain nombre de cas, il s’agissait de myositeayant donné

lieu à une suppuration dans la gaîne des droits ou dans

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