INTRODUCTION
Sous le nom d’abcès puerpéraux de l'utérus nous entendrons toute collection purulente enkystée déve- -loppée dans le parenchyme utérin et liée à la puer péralité.
De cette étude nous éliminerons :
D'une part : Les petits abcès miliaires que l’examen anatomique de l'utérus peut montrer chez certaines femmes mortes de septico-pyohémie.
D'autre part : Les suppurations consécutives à l'infection de certains myomes dégénérés.
Envisagé sous cet angle, l’abcès utérin constitue à n’en pas douter ure forme peu commune d'infection puerpérale. Pour s'en convaincre il suffit d’ailleurs de parcourir les traités classiques de gynécologie et d’obstétrique. Certains consacrent à cette affection quelques lignes ; d’autres et ce sont les plus nombreux se contentent d’en signaler la possibilité en mentionnant leur extrême rareté. ,
Notre intention dans cette étude n’est pas de vouloir démontrer que l’abcès utérin de la puerpéralité est quoi qu’on en ait dit, une chose fréquente, bien que ce-
pendant la rareté de cette variélé d'infection puerpérale nest peut-être pas aussi grande qu’on l’a cru longtemps.
Ce que nous voulons simplement c’est contribuer pour une part à la désagrégation de ce terme vague et imprécis qui a encore actuellement trop cours : la fièvre puerpérale. | |
Comme en chirurgie il existe des péritonites appendiculaires, des péritonites par perforation d’ulcus, des péritonites par rupture de pyosalpinx, etc... et non des périlonites tout court comme on le disait autrefois, de même en matière d'infection puerpérale il faut sans “aucun doute sérier les faits et distinguer des cas particuliers.
La conception unitaire de l'infection puerpérale est une erreur absolue. Elle a conduit a l’uniformisation du traitement et ainsi à des catastrophes.
L’infection puerpérale n’est pas une, elle comprend une foule de formes anatomo-cliniques dont chacune relève d’une thérapeutique particulière. Et parmi ces innombrables formes l’abcès de l'utérus en est une, rare il est vrai, mais qui n’en a pas moins une individualité certaine.
Par ce travail nous essayerons donc de mettre un peu de clarté dans l’histoire de ces abcès. Nous tâcherons en particulier d’élucider leur pathogénie, de leur décrire une symptomatologie propre, enfin de voir la thérapeutique la plus judicieuse qui doit leur être appliquée.
Pour cela nous baserons notre étude sur 58 observa-
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tions. Parmi ces observations certaines sont inédites ; d’autres ont été publiées dans différents périodiques ; d’autres enfin ont déjà servi à élaborer un travail sur la question qui nous occupe. Mais parmi ces dernières nous avons tenu à faire un choix minutieux. Toutes celles qui nous ont paru sujettes à caution ont été rejetées de parti pris et nous n'avons conservé que les observations indiscutables.
Mais avant d'entreprendre cette étude qu’il nous soit permis de remercier les Maîtres dont nous avons eu l'honneur d’être l’élève et qui ont tant fait pour notre instruction médicale.
Les Professeurs agrégés Metzger, Desmarest, Proust, le Dr Cathala, dont nous avons été successivement l’Interne ont été pour nous des maîtres incomparables.
Avec bienveillance, avec beaucoup de sollicitude et de sympathie ils ont toujours essayé de nous inculquer le meilleur de leur science. Auprès d'eux nous avons passé des heures particulièrement agréables et fécondes en enseignement.
Qu'ils veuillent bien trouver ici l'expression de notre grande admiration et de notre respectueuse sympathie.
Nous tenons en outre à remercier particulièrement les D'° Houdart et Maurer, chirurgiens des hôpitaux, assistants du Professeur agrégé Proust pour les conseils toujours précieux qu’ils nous ont donnés et pour leur bienveillance à notre égard ; le D' Lantuéjoul,