II AVERTISSEMENT
On peut critiquer cet esprit de routine si contraire au progrès; cependant, avant de le condamner sans rémission, il faudrait prouver que les tentatives faites jusqu'ici dans l'intérêt de Tapiculturc sont un véritable progrès.
Or, pour réaliser ce progrès, il faut considérer l'apiculture sous le triple point de vue du bien-être des abeilles, des facilités de l'exploitation de celte industrie, et du produit que doit en retirer l'apiculteur.
L'examen consciencieux des ruches admises à l'Exposition démontre que les inventeurs n'ont cherché à réaliser que les deux premières conditions, et que la plus essentielle, celle qui concerne le bien-être des abeilles, a été fort négligée.
C'est que ce bien-être signifie non-seulement une demeure saine, commode et chaude, une sécurité entière, mais aussi l'assurance qu'on ne pourra les dépouiller de leurs provisions d'hiver, car, ainsi que je l'ai dit maintes fois, rien ne peut suppléer le miel et le pollen qu'elles ont amassés pour cette rude saison .
Ainsi, ce ne peut être la ruche exposée sous le nom de ruche anglaise, ruche qui en réalité ne diffère de la ruche villageoise ou lombarde que par la grandeur de son couvercle. Cette disposition seule suffit pour démontrer que son inventeur ne songeait qu'à dépouiller entièrement les abeilles.
On voyait bien à l'Exposition des ruches belges, allemandes, etc., mais toutes rentraient dans les types