HIVERNAGE DES RUCHES. Ô
femenlde vue. Cependant, ce mojen n'est pas exempt d'inconvénients, et, à tout prendre, je crois qu'il vaut encore mieux les laisser à leur place habituelle, sauf à les préserver, autant que possible, du froid et de l'humidité. Les abeilles qui vivent dans le creux des rochers, dans les troncs d'arbres ; celles qui s'échappent lors de la saison des essaims, ou qui désertent leur ruche pour aller vivre de la vie libre et sauvage, supportent parfaitement les hivers rigoureux, pourvu qu'elles aient pu amasser des provisions suffisantes, car c'est un point essentiel; pourquoi ces populations, souvent mal abritées, résisteraient-elles mieux que les nôtres aux intempéries de la saison d'hivei', s'il n'y avait pas une cause secrète qui fait que nos essaims ont moins de vigueur?
Ces causes, car il peut y en avoir plusieurs, sont : en première ligne le manque de nourriture; ensuite la négligence de l'apiculteur qui ne couvre pas suffisamment ses ruches dès les premières gelées; l'exposition en plein midi peut aussi amener de graves désordres, car lorsque le soleil donne sur les ruches chargées de neige, celle-ci se fond et pénètre à travers la paille jusqu'au domicile des abeilles. La vapeur humide qui en résulte peut faire moisir le pollen, cause certaine de mortpour le couvain etdedyssenterie pour toute la population.
Un autre inconvénient de l'exposition au midi, c'est que les abeilles attirées par la clarté qui pénètre jusqu'à elles; ranimées par les rayons d'un soleil déjà ardent, qui frappe directement sur leurdemeure, sortent
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joyeuses et sans défiance du froid qui ne larde pas à les engourdir au point de ne plus pouvoir rentrer dans Fa ruche. Bientôt saisies par l'air glacial produit par la fonte de neige, elles tombent par milliers autour de leur demeure ; privées de toute force elles périssent misérablement de faim et de froid là où elles se sont posées.
Ces sorties intempestives dépeuplent souvent les plus beaux ruchers; et Tapiculleur qui voyait à l'entrée de rhiver ses abeilles fortes et nombreuses, promettant des essaims printaniers, se désole en considérant les ravages qu'un seul jour a produit dans son rucher.
11 faut donc, autant qu'on le peut, les abriter du soleil d'hiver dont la chaleur prématurée les excite à sortir sans nécessité.
Quant à moi, je puis dire que les seules ruches que j'aie perdues parla rigueur d'un hiver exceptionnel, se trouvaient justement ex]X)séés au midi, protégées par un mur qui les garantissait de vents du nord.
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