‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 22 sur 90 · PRISES EU · texte numérisé non relu

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flottes de baleiniers. Le bord de la glace polaire dans cette direction est par conséquent bien connu. Mais comme le but principal de ceux qui fréquentaient cette région était. de tuer ces baleines et des morses et non de faire des découvertes, nous ne pouvons nécessairement tirer que bien peu de

renseignements des annales de la navigation balei- Æ

nière. Ce que nous cherchons principalement dans ces voyages se rapporte à la discussion sur la plus haute latitude qui ait été atteinte dans les méridiens du Spitzberg et aussi à l’état de la lisière de la masse glacée.

Il y a pourtant quelques capitaines baleiniers qui ont fait des observations soigneuses et systématiques, et qui ont joint une culture scientifique à une habileté et à une intelligence considérables. Parmi eux, le nom de Scoresby est au premier rang.

Dans les années qui suivirent le premier voyage d'Hudson, la Compagnie Moscovite et celle des Indes Orientales envoyèrent des navires pour tuer des baleines dans les mers de Spitzberg et après les voyages de Jonas Poole et de Robert Fotherby, le capitaine Edge fut l’inspirateur de ces expéditions baleinières qui partirent annuellement pendant la plus grande partie du règne de Jacques 1°. Les noms de Richard Wiche, Ralph Freeman, DeicroWe6, Heley, Barkham et d’autres encore, conservés dans des baies et dans des détroits, sont ceux des honorables et aventureux négociants qui firent les frais de ces expéditions. En 1613 et en 1614, les baleiniers anglais découvrirent Hope Island (île de

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l'Espérance) et d’autres îles au sud-est de Spitzberg (1). En 1616, le capitaine Edge envoya une pinasse à l'est pour explorer l’île d'Edge et une autre terre sur la côte est jusqu’à 78° de latitude nord. Cette pinasse était un navire de 20 tonneaux avec un équipage de douze hommes. Dans la curieuse vieille carte du Spitzberg qui figure dans les Voyages de Purchas, elle est représentée remontant à la rame le ford Stor. Son équipage tua un millier de morses sur l’île d'Edge, et il avait fait 1300 tonnes (barriques) d'huile le 14 août.

En 1643, les Hollandais suivirent cet exemple, et les marins hollandais et anglais en vinrent souvent aux coups pour la possession exclusive de la pêcherie. Une des expéditions anglaises de cette

| époque découvritune grande îleà l’est du Spitzberg,

qui ne fut plus visitée jusqu'à ce que trois vaisseaux norvégiens faisant la chasse aux phoques y touchassent en 1872. Comme le Dr Pétermann aessayé de jeter des doutes sur cette découverte anglaise, il est juste de revendiquer les droits des audacieux aventuriers de la Compagnie Moscovite, en rapportant les détails de ce voyage. Les voici comme le raconte Purchas :

« En l’année 1617, la compagnie envoya quatorze voiles et deux pinasses fournies d’un nombre suffisant d'hommes et de toutes les provisions nécessaires pour le voyage, sous le commandement de Thomas

(1) Ce sont les découvertes qu'indique Purchas (t. 1, p. 466), comme faites par quatre navires, dans l'année du voyage de Baffin, en 1614.

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Edge... Ils employèrent un navire de 60 tonneaux monté par vingt hommes qui découvrit à l’est du Groënland, à 69° nord, une île qu’ils appelèrent

l’île de Wiche et diverses autres îles comme il parait h

par la carte ; ils tuèrent là quantité de chevaux marins (morses) et de là le navire vint au détroit de Bell où il trouva son chargement d'huile laissé par le capitaine et il le prit. Cette année les hommes de Hull envoyèrent un navire ou deux à l’est du Groënland, car les gens de Hull suivaient toujours les traces des Londoniens, etau bout d’un an ou deux ils l’appelèrent leur découverture, ce qui est faux et contraire à la vérité, comme il a été prouvé par serment devant l’Amirauté. Les Hollandais également pratiquent la même conduite. »

Groënland était le nom donné à cette époque au groupe du Spitzberg. Quand l’île de Wiche fut vue de nouveau par d’Heuglin, en 1870, le D' Petermann rejeta le vieux et vrai nom d'île de Wiche, et la rebaptisa Terre du Roi Charles. Il fit cela pour ce motif que l’île de Wiche est dite avoir été vue du cap de Stone, dans la direction de l’est, et que, comme il n'y a pas de terre dans cette direction, l’île de Wiche n'avait jamais eu d'existence, et aussi qu'elle est incorrectement placée sur une vieille carte, publiée par Purchas, en ce qui concerne la latitude. Ces allégations peuvent être réfutées d’une manière concluante.

Comme on peut voir par l'extrait que nous citons, le cap de Stone n’est pas même mentionné, et il n’y a aucune autorité pour soutenir que la

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par seralement (1) Richard Wiche ou Wyche était un négociant de Lon-

dres, de la corporation des pelletiers et au premier rang

parmi ces patriotes aventureux qui firent tant pour encouraoque au ger le commerce de l'Angleterre, sous les règnes d'Élisabeth

fut vue et de Jacques I“. Nous le trouvons dans la liste des organisateurs du premier voyage aux Indes, en 1599, pour lequel il souscrivit 200 livres (5,000 francs), et commissionna la fourniture des haricots et de la moutarde. La Compagnie des Indes Orientales reçut sa charte d'incorporation le 31 décembre 1599, le jour où le privilége du commerce avec l'Inde fut accordé par la grande reine au comte de Cumberland et à deux cent quinze chevaliers, aldermen et marchands, parmi lesquels était Richard Wiche, en même temps membre du premier comité de directeurs. M. Wiche aida aussi à former la Compagnie du Nord-Ouest, en 1612; il était un membre actif de son comité quand les flottes baleinières, sous le commandement du capitaine Edge, furent envoyées dansles mers du Spitzberg. Voilà pourquoi l’île, par 79 nord, à l’est du Spitzberg, découverte en 1617, fut, et très-justement, appelée Ile de Wiche. M. Wiche épousa Elisabeth, fille de sir Richard Saltonstall, qui fut lord-maire de Londres en t598, et il en eut douze fils et‘six filles. Il mourut le 20 novembre 1621, et fut enterré à Saint-Dunstan (partie est). Sa postérité fit honneur au nom de l'honorable négociant pendant plu: sieurs générations. Un de ses fils, Sir Pierre Wyche, fut

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Dans les années suivantes, il y eut de fréquentes collisions avec la flotte hollandaise, et les Anglais trouvèrent de plus en plus difficile de maintenir leurs droits. Finalement, et pour bien des années, le commerce passa presque entièrement entre les mains des Hollandais.

Mais, pendant le temps que les marins hollandais eurent la suprématie dans les mers du Spitzberg, depuis le voyage du brave Hudson, en 1607, jusqu'à environ 1622, ils firent excellente œuvre de géographie, comme on le voit par la carte de Purchas. Là, nous avons l’ensemble des côtes ouest

et nord du Spitzberg, avec leurs fiords et leurs îlots |

au large, tracés et nommés aussi bien qu'une partie du détroit entre l’île principale et la Terre du Nord-Est appelée Crique de Sir Thomas Smith, mais qui fut plus tard appelée détroit de Waygat ou d'Hinlopen, d'après un riche bourgmestre d’Amster-

ambassadeur à Constantinople et membre du conseil privé. Un autre de ses fils (aussi sir Pierre), fut ambassadeur en Moscovie en 1688, résidant à Hambourg et membre de la Société Royale, Sur la demande de la Société Royale, il traduisit du portugais une Courte relation du fleuve du Nil, qui fut imprimée par ordre de son président, lord Brounker, en novembre 1688. Un arrière-petit-fils du vieux Richard, sir Cyrille Wiche, fut ambassadeur eu Russie, créé baronnet en 1729, et mourut en 1758, Uu autre fils de Richard Wiche s'établit probablement à Haselbech, dans le Northamptonshire, et ses descendants furent seigneurs du manoir d'Hasel- Lech, pour quatre générations. William Wiche, d'Haselbech, était membre du parlement pour Northampton, et mourut en 1742. — Voyez Calendar of State Papers, Colonial Series, Æusl Indies, 1513-1616, $$ 256, 257, 267, 268, 273, 231, 288. Voir aussi: Séow's Survey of London,

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Ainsi la carte de la plus grande partie du Spitzberg avait été bien dessinée par les Anglais, et des noms avaient été donnés à ses points principaux. Quelques-uns de ces points ont improprement reçu de nouveaux noms des Hollandais ; mais les noms plus anciens des Anglais doivent maintenant être adoptés en toute occasion, excepté, bien entendu, ceux donnés p ir Barents, qui ont la priorité. Les anciens noms devraient être rétablis sur toutes les nouvelles cartes.

Le commodore Jansen, de la marine hollandaise, fait sur les pêcheries de ses compatriotes au Spitzberg les intéressantes remarques que voici : « Quand nos baleiniers vinrent pour la première fois au Spitzberg, ils rencontrèrent les baleines en grande | quantité, jouissant à plaisir de cette riche et plan- À tureuse région, la meilleure peut-être de toutes les régions arctiques. On trouvait les baleines prenant leurs ébats en pleine eau au large de la côte, avec leurs immenses dos au-dessus de l’eau, ou faisant | leur sieste dans une baie tranquille, entourées de pâture à foison. C'était le plus glorieux temps pour

les baleines, - le paradis de leur histoire. Malgré l'accroissement annuel des balciniers et le grand nombre de baleines tuées en cet endroit, elles reve-

naient toujours à ce lieu favori. Pendant la pre- 1

mière période, appelée la péche côtière, nous avions un établissement, pour faire bouillir l'huile,

Smeerenburg, sur l’île d'Amsterdam, près de la À

pointe nord-ouest du Sriizberg. Chaque année, nos baleiniers allaient droit à cette ile; chaque vaisseau avait six ou sept bateaux, et un grand nombre d'hommes étaient employés comme auxiliaires pour tr les baleines, les amener au rivage et en faire de l’huile le plus tôt possible. Des milliers et des milliers de baleines furent tuées, et enfin, entre 4640 et 1659 environ, elles cessèrent de venir à la côts ouest du Spitzberg. Aussitôt que la rareté des baleines se fit sentir, les directeurs de la Compagnie Baleinière Hollandaise firent de grands efforts pour les suivre jusque dans leur retraite. Plusieurs navires furent envoyés en exploration, mais ils ne trouvèrent pas d’autres îles que celles autour du Spitzberg, ni d’autre lieu de pêche aussi abordable et aussi profitable que l'avait été Smeerenburg et son voisinage. Il avait été remarqué qu'un grand nombre de baleines s’enfuyaient autour de la pointe nord-ouest du Spitzberg, du côté de l’est, et nos baleiniers allèrent dans cette direction chercher les baleines, qui n'approchaient plus de Smeerenburg, cette horrible place de carnage. Ce nouveau lieu de pêche fut appelé À l'Est, et la baleine qu'on prenait là différait de la baleine

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DE LA RÉGION INCONNUE 45 noire qui s’enfuyait vers l'ouest, dans le courant méridional du Groënland, courant chargé de glaces. La glace entre le Spitzberg et le Groënland fut appelée la Glace de l'Ouest, ei les baleines qui s'y réfugiaient furent appelées les baleines de la Glace de l'Ouest. Après le massacre qu’on en avait fait à Smeerenburg, ces baleines de la Glace de l'Ouest devinrent sauvages, rusées, et quelquefois furieuses. Les autres baleines étaient plus abondantes certaines années, quand la glace à l'est du Spitzberg dérivait en grande quantité en banquises plus petites et plus plates, moins élevées que dans les années ordinaires. Une semblable année dans laquelle il y avait, contre l'ordinaire, une grande abondance de cette baleine particulière, s'appelait une année de la Glace du Sud. Cette baleine de la Glace du Sud n’était pas aussi sauvage et aussi rusée que la baleine de la Glace de l'Ousst; ce qui mène à la conclusion que les années de Glace du Sud doivent avoir été assezrares. Je ne crois pas qu'aucun navire ait été, du sud, à la côte est du Spitzberg, et je suis sûr qu’aucun navire n'a jamais été dans la glace de l'est, entre le Spitzherg et Novaïa-Zemlia, sinon le long de la côte de Novaïa-Zemlia Dans des années ordinaires, nos baleiniers étaient forcés d'aller chercher les baleines dans la Glace de l'Ouest, et beaucoup de navires s’y perdirent. Vers 1650, le commerce de la baleine devint libre. Chaque année, de cent à deux cents navires remonlaient la glace du Groënland jusqu’à l'Ile du Prince Charles, tout droit, jusqu'à 19° ou 79° 30° nord, très-rarement plus haut ou 3,

plus bas ; et de là ils gouvernaient à l’ouest, dans le courant méridional chargé de glaces. Pourtant, dans une année de Glace du Sud, ils ne remontaient pas tant au nord, mais gouvernaient à l'est aussitôt qu'ils découvraient que c'était une semblable année. Les véritables champs de glaces, longs de 36 milles, se trouvent à 224 milles à l’ouest du Spitzberg, et les baleiniers y pénétraient, à travers la glace charriée, jusqu'à ce qu'ils les atteignissent. Alors ils se laissaient descendre à la dérive, avec le champ de glaces, jusqu'à 75° ; et, si leur cargaison était complète, ils retournaient chez eux, sinon ils revenaient à 79° pour faire encore le même circuit, ou, autrement, ils tentaient de chasser les baleines à l’est du Spitzberg.

« Theunis Ys, un des navigateurs les plus expérimentés des mers qui avoisinent Novaïa-Zemlia, pensait qu'aucun navire n’a été plus haut que 82° à cause des larges champs de glaces qu’on trouve presque toujours au nord de Novaïa-Zemlia, quoiqu'en ne voie aucune terre, En 1664, le capitaine Guillaume Vlamingh navigua le long des côtes nord et nord-est de Novaïa-Zemlia tout à l’entour de la région est et atteignit la haie où Barents avait hiverné en 1596, bien qu'il n’y débarquât pas. De là il navigua dans une direction est-sud-est parune latitude de 74° nord et il ne vit aucune glace, mais seulement ici et là quelque banquise. Il alla aussi dansune direction nord-ouesi de Novaïa-Zemlia jusqu'à 82° 10’ et à mesure qu'il avançait au nord, l’eau devenait de plus en plus tranquille et il y avait de

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