‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 34 sur 90 · LES ABORPS D · texte numérisé non relu

LES ABORPS D

changement de climat. Des Lapons habitués à con- Et duire et soigner les rennes et quatre ou cinq chiens DE Fior pour aider à les surveiller accompagnaient l'expé- ÆS ans dition, et on avait emporté 3,000 sacs de mousse à écha] renne comme fourrage. Malheureusement tous les ges. | rennes échappèrent peu après le débarquement, Le passa professeur Nordenskiæld avait emporté une série la côt complète d'instruments magnétiques de Lonant, à Spitzl Munich, un instrument à variation magnétique de leva « Wrede, un instrument de passage d’Estel, une bous. D hiverr sole méridienne portative de Repsold, un appareil pour 1] . enregistreur communiquant avec une pendule élec D fructu:

trique réglée, trois ct onomètres en boîtes et deux comm Chronomètres de poche, un appareil de pendule, des vége pl sextants, un théodolite pour les mesures de géodé- revenir sie, tout ce qui est nécessaire pour des recherches froid. ] zoologiques, botaniques et minéralogiques, et un ÆN une a appareil de photographie. cours.

Le plan de l'expédition était de passer l’automne D jours s sur la côte est du Spitzhberg et d’hiverner dans ä Æ nord, baie de Mussel ou au large de l’île de Parry. difficile

Malheureusement, les deux navires attachés à à les hau l'expédition, et qui devaient revenir dans l'automne D glace. de 1872, furent retenus par la glace et obligés d’hi Æ vinrent verner au Spitzhberg avec le Polhem, Le navire d'ex- 8 janvie ploration ayant à soutenir pendant l’hiver d’autres Æ (aspect navires bloqués dans ies glaces fut aussi paralysé M au-dess dans ses ressources. Six navires de pêche, comptant Le n: cinquante-huit hommes, furent aussi pris par RS de glac glace, au large de la pointe de Grey sur la côte semblai

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Fiord de la Glace en naviguant le long de la côte dans des bateaux ouverts; deux de ces navires échappèrent en novembre avec le reste des équipages. L'expédition suédoise, avec ses trois navires, passa l’hiver dans la baie de Mussel, petite anse sur la côte est de la baie de Weyde, sur la côte nord du Spitzberg. Un grand mouvement de sympathie s'éleva en Norvége à la nouvelle que des pêcheurs hivernaient dans le Fiord de la Glace, et on prit pour les secourir des mesures immédiates, mais infructueuses. En novembre 1872, le steamer Albert, commandé par le capitaine Otto fit voile de Norvége pour le Fiord jde la Glace. Mais il fut obligé de revenir à cause du mauvais temps et de l’extrême froid. Le capitaine Kjelsen, dans l’/sbiorn, fit alors

à une autre vaillante tentative pour apporter du se-

cours. Il fit voile de Tromsœ le 24 décembre, et les jours se raccourcirent à mesure qu'il montait au nord. Le froid rendit bientôt la navigation trèsdifficile ; les voiles étaient comme des planches et les haubans étaient couverts de masses épaisses de glace. Néanmoins ils continuèrent vailiamment et vinrent en vue de Bear Island, (île de l'Ours), le 8 janvier, voyant le même jour la glace lumineuse (aspect lumineux du ciel qu'on remarque toujours au-dessus de la glace).

Le navire n'était plus maintenant qu'une masse de glaces et l'espérance d'atteindre le Spitzberg semblait très-mince. En conséquence, la tentative fut abandonnée quoique à regret, et, le 14 janvier 1873, l’Isbiorn était de nouveau amarré sans

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accident à Tromsæ. Sans être effrayé, un troisième navire partit à la rescousse à la fin du même mois. C'était le Groënland, navire employé à la pêche du phoque, commandé par le capitaine Jacques Melsom. Il arriva au large du détroit de Bell au Spitzberg, le 6 mars, et le capitaine poussa 50n navire à toute vapeur à travers les glaçons, jusqu'à l'entrée du Fiord de la Glace où il fut arrêté. Il était impossible d'approcher de terre et le capitaine fut obligé de renoncer à son plan d’envoyer une expédition de secours à travers la glace dans l’intérieur du ford. La glace était un mélange de glaces récentes et de vieilles glaces, couvertes de kummocks, et le nävire était à dix milics de la terre. Il courait risque d’être emporté par le vent pendant qu’une expédition en traîneau serait en marche. Le capitaine Melsom mourut le 27 avril.

Les dix-huit hommes qui se retirèrent dans la maison du Fiord de la Glace la trouvèrent abondamiuent fournie de provisions fraîches et salées et munie d’un bon poêle. L’été dernier, leur destinée fut découverte par le capitaine Mack. Ils étaient tous morts pendant l'hiver et un journal qu'ils avaient tenu du 7 octobre 1872 au 19 avril 1873 révéla la cause de ce désastre. Ils avaient préféré la viande salée à la viande de conserve, et ils n'avaient pas pris régulièrement d'exercice. Leur mort est l'exemple le plus frappant de la nécessité de l’autorité du commandement et de la discipline dans les expéditions arctiques, et avec le destin de ces pauvres Norvégiens sous nos yeux, ajouté à l’es-

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dent en faveur de l'envoi d’expéditions privées pour hiverner dans la glace, encourent une trèssérieuse responsabilité.

L'expédition suédoise, avec l'avantage de la disci-

à pline navale, perdit seulement deux hommes pen- | dant l'hiver, le reste jouissait d’une bonne santé.

Les hommes s’occupaient à de durs exercices du corps et un régime salubre leur était imposé. Les officiers se consacraient à des recherches scientifiques et faisaient de riches collections de botanique, de zoologie et de géologie. A la fin d’avril, le capitaine Palander et le professeur Nordenskiæld par-

Rtirent pour un voyage en traineau avec quatorze

hommes. Suivant la côte nord de la Terre du Nord-Est, ils doublèrent le cap Platen et alors pénétrèrent dans l’intérieur des terres, traversant les montagnes couvertes de neige pour revenir à la baie de Mussel. Ils revinrent après une absence de soixante jours, le 29 juiu. Pendant l'été, ils reçurent la visite de /a Diane et M. Leigh Smith les fournit généreusement de provisions fraîches. Le 6 août 1873, le Polhem retourna à Tromsæ. Pour reconnaître ses services en cette occasion, le roi Oscar II conféra à M. Smith l'ordre de l’Étoile Pohire. L'expédition suédoise manqua aussi son but principal qui était de s'avancer jusqu’au Pôle sur h glace.

M. Leigh Smith fit voile de Dundee, le 40 mai 1873, pour son troisième voyage de découvertes dans les

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mers du Spitzherg. Le Samson, son propre yacht, dans lequel il avait fait le voyage de 1872, fit voile de Hull le 1° mai, sous le commandement du ca. pitaine Walker (qui auparavant commandait k Polynia, steamer baleinier), chargé de provisions. Le Samson, devait stationner à la baie de Cobbhe, près de la pointe sud-ouest du Spitzberg, et si quelque accident arrivait au navire de M. Leigh Smith, son équipage avait ainsi un second navire auquel recourir. Le steamer choisi par M. Leigh Smith pour son exploration, était /a Diane, appartenant à M. Lamont. C'est un navire fortement consolidé pour la navigation dans la glace par une étrave en fer et par des défenses en fer sous les bossoirs, plusieurs pieds au-dessus et au-dessous de la ligne de flottaison; mais il est à peine assez grand ou asser puissant pour donner l'assaut aux glaçons et sy frayer un passage. Son tonnage est de 103 et ila une machine de 50 chevaux. Il avait vingt hommes à bord tout compris, Le capitaine Fairweather, qui commandait à bord de /a Diane, est un jeune marin expérimenté et intelligent qui était premier maître à bord du Victor en 1872, dans la baie de Baffin; il commande maintenant le balenier /’Actif. M. Leigh Smith était aussi accompagné par M. Eaton, comme naturaliste; par le lieutenant du génie M. Chermside

et par M. Richard Potter. Lu Diane se dirigea d'a- |

bord à l’île de Jean Mayen et de là se poussa at nord le long du bord de la glace. Après avoir s€-

couru l'expédition suédoise, M. Leigh Smith fit dif BR férentes tentatives pour pousser au nord et à l'est,

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mais sans succès. La saison était très-défavorable et la glace se pressait sur la rive nord du Spitzberg. Cependant il atteignit et releva en partie les Sept Îles, explora de nouveau le détroit d'Hinlopen et la rive sud de la Terre du Nord-Est et fit quelques sondages intéressants dans les profo .eurs de la mer. Le lieutenant Chermside fit aussi d'excellentes photographies des paysages arctiques. Enfin ils firent une tentative infructueuse d'atteindre l’île de Wiche en doublant l'extrémité sud de Spitzberg, et la Diane retourna à Dundee en septembre 1873.

Dans l’été de 1874, M. Rickaby, jeune sportsman, qui avait précédemment fait une croisière dans la baie de Baffin, partit dans /e Samson pour le Spitzberg, mais la glace était fortement pressée sur la rive septentrionale et il revint sans aucun résultat géographique.

L'expérience de l'expédition suédoise et du troisième voyage de M. Leigh Smith fournit de nouvelles preuves qu’on ne peut avancer que bien peu en explorant la région inconnue du Pôle Nord par la route du Spitzherg.

Cette route a souvent été recommandée pour dés découvertes au Pôle par ceux qui croient à un vaste océan navigable, libre de glace, autour du Pôle; et il peut être convenable en cet endroit de jeter un coup d'œil sur leurs principaux arguments.

Je pense que personne ne peut vraiment croire que le Gulf-Stream, après avoir passé pendant tant

| de centaines de milles sous une couche d'eau froide,

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la mer près du Pôle Nord, avec une température assez élevée pour y fondre la glace sur une grande étendue. Le Gulf-Stream se mêle lentement au courant polaire et finalement ses eaux redescendent au sud le long de la côte est du Groënland et remontent à la surface.

Maisil y a deux autres arguments qui méritent l'attention. L’un est que le soleil, avec une plus grande puissance qu'il n’en a à l'équateur, verse ses rayons sur le Pôle Nord pendant six mois sans discontinuer, Scoresby a répondu à cet argument il y a cinquante ans. Il a fait voir que, dans la partie septentrionale du Spitzberg, le soleil aussi a un plus grand pouvoir qu’à l'équateur et qu’il brille pendant quatre mois sans discontinuer. Pourtant, dans cette région, la température moyenne annuelle est de 47° Fahrenheit (— 8°, 33 cent.) et la glace se forme sur la mer pendant 10 mois sur 12. La différence que deux mois en plus pourraient faire est inappréciable, quand on voit que quatre mois de soleil ont si peu d'influence. Les personnes qui ont raisonné théoriquement sur cette question ont omis bien des points. La sécheresse de l’atmosphère polaire est également la cause de la grande puissance calorifique des rayons du soleil, et aussi, par la plus grande rapidité de la radiation terrestre du froid excessif. L'au."e argument est beaucoup plus généralement adopté, et, à première vue, il semble plus plausible. C’est que les énormes champs de glaces et banquises qui dérivent au sud pendant l'été laissent un large espace d’eau libre autour du Pôle Nord.

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En guise de preuves, on allègue que dans la région antarctique, Sir Jacques Ross a poussé à travers 800 milles de glaçons et atteint une mer libre au ud de ceux-ci, cette mer étant l’espace d’où les glaçons avaient dérivé. Mais l’analogie est fausse, omme l’amiral Collinson l’a bien montré dans une

une séance de la Société Géographique de Londres

en 1865. La masse glacée du Pôle antarctique dérifait d'une ligne solide de rochers glacés fixés au ol, et naturellement elle laissait de l’eau libre derière elle, parce qu’il n’y avait pas d’autres glaces bus au sud pour prendre sa place. A moins qu'il d'y ait au Pôle Nord un continent ou une semblable igne immobile de rochers glacés, la masse de la ace polaire ne présente rien de semblable. L’aalogie exacte du voyage de Sir Jacques Ross est ournie par Scoresby. La masse glacée antarctique jar 75° de latitude sud est analogue à la glace renontrée par les baleiniers au début du printemps ar 75 à 76° de latitude nord, glace à travers lauelle ils peuvent ordinairement passer. L'eau libre u nord du Spitzberg est analogue à la mer libre, Arouvée au sud par Ross; et la masse polaire que coresby a trouvée bornant cette eau 1ibre au nord st analogue à la ligne de Ross, barrière impénérable.

S'il n'existe pas de bassin libre au Pôle, la raion en est qu’il n’y a pas de terre étendue ou de hces fixées au sol formant une barrière sur « méridiens du Spitzberg, au nord de ce groupe, où la glace puisse dériver en laissent une mer

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libre. Cela peut être présumé pour deux raisons: l’une est que les masses de bois qui dérivent de Sibérie sur les îles du Spitzberg et ailleurs, seraient interceptées s’il y avait un continent étendu sur leur chemin; l'autre est que lorsque Parry s'avança à son point extrême par 82° 45 nord,

il trouva que l’eau au nord du Spitzberg atteignait

rapidement une grande profondeur. La terre du Pôle Nord, si elle existe, doit probablement être formée d'îles s'étendant au nord de l'extrême pointe septentrionale, sur la côte ouest du détroit de Kernedy, et c’est une raison pour laquelle la route par le détroit de Smith devrait être choisie pour une expédition arctique du gouvernement.

La masse glacée du Pôle Nord dérive au sud, d'a-}

près Scoresby, entre le Spitzberg et le Groënland, à la vitesse maxima de 8 à 10 milles par jour. S’il n’y a pas de terre étendue au nord, naturelkment cette masse glacée s'étend bien loin au del du Pôle Nord, là où la glace se forme de l'auit côté par 75 ou 74°, et elle aurait une largeur d'a viron 1000 milles. La mer ouverte laissée park dérive ne serait donc pas au Pôle Nord, mais sur l& côtes de la Terre de Wrangell et de la Sibérie, là où commencerait le mouvement de dérive. Sans autil doute, dans les dégels d'été, il y a une grande tr tension de la glace, qui crée des chenaux et ds Mares, quelquefois d'une étendue considérable; € ainsi des mers libres pourraient être formées pé les vents et les courants pendant toute l'année: mais les considérations précédentes mènent à

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conclusion qu'une grande mer libre permanente autour du Pôle Nord est une chimère.

Néanmoins, l’examen des profondeurs de la mer au nord et à l’est du Spitzberg, présente beaucoup d'intérêt. Avec un bon steamer à hélice, bien comnandé par un marin habitué aux glaces, saisissant les avantages que présente chaqueouverture, et sachant quand il faut donner l'assaut à la glace et quand

lui céder, on pourrait, par une saison favorable,

atteindre une latitude bien plus élevée qu'on ne l’a fit jusqu'ici. On pourrait faire les observations les plus importantes, relativement aux courants et aux lempératures de la mer. Les explorateurs futurs peuvent jusqu’à un certain point rendre des seriices jusqu’à un certain degré dans cette direction.

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