‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 37 sur 90 · AND · texte numérisé non relu

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quelques lettres ayant survécu, il put plus tard ré. diger le récit tel que nous l'avons maintenant et tel qu'il fut imprimé à Venise. On avait aussi trouvé dans le palais une vieille carte pourrie par la vé. tusté, et qui expliquait es voyages. Il en fit une copie, malheureusement complétant d’après la ré. daction de son récit, ce ‘u’il croyait nécessaire pour son intelligence, En le faisant d’une façon étourdie, sans être guidé par la connaissance géographique qui nous permet de reconnaître oi il se trompe, il mit la confusion la plus déplo rable dans toute la géographie qu'il avait tirée du récit, tandis que les parties de la carte qui ne sont pes altérées de cette façon, et qui sont originales, présentent une exactitude en avance de bien des gt. nérations sur la géographie même de Nicolas Zéno le jeune, et confirment d’une façon remarquableh position de la vieille culonie du Groënland. Dani ces faits, nous n’avons pas seulement la solution de toutes les discussions qui se sont élevées sur ce st jet, mais la preuve la plus indiscutable de l’auther ticité du récit; car, évidemment, Nicolas Zénok jeune ne pouvait pas inventer ingénieusement un histoire dont il aurait pour ainsi dire défiguré pi ignorance la vérité à l'encontre de la carte.

Gette histoire, telle que nous l'avons, compreni d’abord quelques expéditions dans les groupes du Féroë et des Shetland, mais heureusement elk traite avec plus de détails un sujet beauc up plu important, cest-à-dire la visite faite par Nicoli Zéno au Groënisnd. Ce voyage révèle quelqu

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faits importants qui, rapprochés d'observations récentes, fournissent un témoignage contemporain sur le lieu de la colonie perdue d’Ostrebygd, sur laquelle on a tant discuté; et même, pour la retrouver, leroi de Danemark a envoyéle capitaine Graah dans son fameux voyage de 1828 à 1830. Pour éclairer cette partie du sujet, M. Major a apporté un fait géographique important : une de ces découvertes dont l'ignorance a fait tomber le capitaine Graah dans de grandes erreurs et lui a caché la valeur d'un document ancien le plus important, qui autrement aurait répondu à la question dont il allait cher‘her la solution au Groënland. Ce n'est rien moins qu'une chorographie de l’ancienne colonie du Groëniand et des instructions nautiques pour l’atteindre de l'Islande, instructions rédigées par Ivan Bardsen, mejordome de l’évêque de la colonie. Dans cet itinéraire, il parle de quelques grands rochers entre l'Islande et le Groënland appelés les rochers de Gunnbjorn, qui servaient comme de noyau àla glace venant du nord; et quand on les avait atteints, il fallait 2 diriger au sud-ouest. M. Major à découvert dus une légende de l'édition de Ptolémée de 4507, que l'île, dont ces rochers formaient ie sommet, avait été détruite par une éruption volcanique en 4456 ; et dans une carte de Van Keulen d'environ l'an 1700, un récif long de 60 milles formé par ces rochers est marqué et porte le nom ds Gombar Scheer, avec les mesures de sondage, 25 brasses aux extrémités nord et sud, tandis que les sondages qui s’en rapprorhent le plus au nord vont de 70 à

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400 trasses. M. Major montre ensuite qu’il ne faut lire la chorographie d’Ivan Bardsen qu'avec la plus mince attention pour retrouver, et sans discussion possible, la position de cette ancienne colonie.

Le fait le plus remarquable et le plus intéressant dans l’histoire relative au Groënland, €: :: ‘ns. truction d’un monastère, dédié à sain: {huuuas, dont les cellules étaient chauffées par une source naturelle d’eau chaude, que les moines employaient aussi à préparer leurs aliments et à cuire leur pain, Les moines avaient de même des jardins couverts perdant la saison d'hiver, et chauffés de la même façon, de sorte qu'ils étaient en état de produire des fleurs, des fruits et des herbes, comme s'ils avaient vécu dans un climat tempéré. On décrit d’autres avantages que se procuraient les moines, par leur judicieux emploi de cette eau chaude que leur procurait la nature. Pour corroborer ce fait »! son précieux rapport avec cette question si disp tée, du site de la colonie scandinave du Groënland, le témoignage d'Ivar Bardsen a la plus grande importance. Car, après avoir mentionné un monas- {ère dédié À saint Olaus et à saint Augustin, il dit que, dans la baie d’un fiord voisin, appelé Rafnfiord, il y a quelques petites îles abondantes en eaux chaudes. Sans aucun doute, ce sont les so®rces chaudes d'Ounartok, auprès desquelles ‘x trouvé quelques ruines des demeures des ancir:: colons, et M. Major a reçu du docteur Rink, ancien inspecteur du Groënlani méridional, l'assurance que, dans le district de julianss':2:b, il n’y a pas à

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La position d'Ounartok coïncide parfaitement avec le site du monastère dans la chorographie d'Ivar Bardsen ; ce point une fois établi peut servir de point de départ pour tracer la topographie de la colonie tout entière. La différence entre les noms de saint Olaus et de saint Thomas, donnés au même monastère, s'explique aisément, car l'étrange nom septentrional de saint Olaus, doit, aux oreilles inéridionales du Vénitien, avoir beaucoup ressemblé à celui de saint Thomas.

Antoine Zéno resta au service du comte Sinclair dix ans après la mort de son frère Nicolas, et le fait ie plus intéressant que nous lui devons est le rapport de pêcheurs qui avaient découvert quelues régions populeuses à l’ouest, régions qui, sans un douts, sont l’Amérique du Nord ; on y avait “ouvé des livres latins, en pos:escion d’un des chefs; mais depuis longtemps ces livres n'étaient plus compris. Les habitants faisaient de Ja bière, « sorte de boisson que les gens du Nord boivent, comme nous buvons le vin. » Hors de chez eux, ils n'avaient dc: relations qu'avec le Groënland, d'où ils importaient des fourrures, du soufre et de la poix.

Tout cela est en harmonie avec ce que nous savons des établissements scandinaves dans l'Amérique du Nord, et le rapport des pêcheurs est le résumé des Connaissances acquises par les Normands, à l’ouest

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