EURE
pêchent seuls de nous fatiguer à ces histoires, qu se terminent toujours par une barrière impéné. trable de glace. Ce sera maintenant une tâche plus agréable de racontr les voyages à la baie de Bat. fin; car à travers de grands dangers, de ces danger dont on n'échappe que tout juste, on a pendant bien des années annuellement affronté et surmonté une masse glacée moins formidable. Et cette victoire annuelle à mené à un résultat qui a permis d'organiser un système d'exploration polaire, le seul complet et efficace, c'est-à-dire l'exploration moderne au moyen de traîneaux.
Le pionnier de cette route, l’homme qui a découvert le large détroit qui mène à la baie de Baffn, fut ce savant navigateur et ce brave marin, Jean Davis de Sandrudge, dans le comté de Devon.
. Son entreprise fut appuyée par sir Adrien Gilbert et par d’autres gentlemen de Devon, et ses pe-
tits navires le Sunshine, (Clair de soleil), de 502
tonneaux, et le Moonshine (Clair de lune), de 35 tonneaux, firent voile de Dartmouth le 7 juin 158, La vue du Groënland ne réjouit pas nos explorateurs, car Davis dit que « la vue odieuse de ce ri vage et le bruit fastidieux de !a glace étaient tek qu'ils faisaient naître d’étranges idées parmi nous,» et il l’appela la Désolation. Mais ses rapports avec les Esquimaux, qu’il amusa avec de la musique et des danses, furent agréables et satisfaisants ; et à tous égards ces rapports font honneur au caractère di bon gentleman anglais qui distribua des présents parmi « ces aimables et gentils sauvages, » Il tra
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versa le détroit qui porte son nom et donna le nom de cap Walsingham à la pointe sur la côte ouest. Le second voyage fut en grande partie dans le même endroit ; mais dans son troisième voyage, en 4587, dans le même vieux Clair de soleil, Davis poussa plus loin dans la direction du nord, et atteignit jusqu'à ce hardi promontoire auquel il donna le nom d’un des patrons de l'expédition, Hope Sanderson. C’est un cap magnifique, haut de 3,300 pieds, au sud de la colonie danoise d’Upernavik. Davis fit ainsi connaître aux futurs navigateurs qu’il y avait une large ouverture dans cette direction et menant vers le nord.
Après les voyages de Davis vinrent les efforts du malheureux Jean Knight pour découvrir le passage du nord-ouest, Il alla au Groënland, en 1605, comme capitaine d’une pinasse appartenant au roi de Danemark; et le 18 avril 1606, ii fit voile de Gravesend dans une barque appelée le Hopewell (Bon espoir), approvisionnée aux frais des Compagnies Moscovite et des Indes Orientales. Il semble avoir fait un voyage heureux en traversant l’Atlantique et avoir débarqué sur la côte du Labrador avec du papier pour lever la ligne de la côte. On vit le capitaine Knight gravir une colline et l’on n’en entendit plus parler; et les derniers mots de son journal écrits d’une main différente, sont comme suit :
« Ici, M. Knight a cessé d'écrire dans son journal, ét ce 26° jour de juin 1606, ledit M. Knight, le second son frère et trois autres allèrent dans leurs thaloupes, et naviguèrent à une île à citons milles
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du navire. Arrivant à l’île, ledit M. Knight, le second son frère, etc. ‘allèrent à terre, prenant un compas. et d’autres instruments pour faire un plan de l’île; ils prirent aussi avec eux des sabres, des dagues, des mousquets et des demi-piques pour se défendre des ennemis, s'ils devaient en rencontrer, Ils allèrent à terre à environ dix heures de la matinée, commandant aux deux autres qu'ils laissèrent dans la chaloupe (et le trompette était l’un d'eux) de les attendre jusqu’à trois heures de l'après-midi; ceux-ci attendirent et restèrent, disent-ils, jusqu'à onze heures du soir. Car ni cette nuit ni plus tard, quoiqu'’ils débarquassent de nouveau, etfissent tous leur possible jusqu’à ce qu'ils fussent attaqués par les sauvages, ne purent-ils apprendre ou supposer ce qu'étaient devenus ledit M. Knight ou les autres qui allèrent à terre avec lui. »
Le navire revint en Anglelerre et atteignit Dartmouth le 24 septembre 1606. Le manuscrit original du capitaine Knight, qui donne le récit de son voyage et dont un court extrait a été imprimé par Purchas (1), a été sauvé de la destruction générale de semblables et précieux documents dans les bureaux de la Compagnie des Indes (2). C’est une courte et triste histoire, mais elle mérite d’être con-
(1) Voyages de Purchas, liv. IV, chap. xvi.
(2) Les Directeurs de la Compagnie des Indes Orientales et du Nord-Ouest étaient le même Conseil, et il doit y avoir eu en manuscrit bien des intéressants journaux de voyages anciens dans les archives de la Compagnie des Indes-Orientales. En effet, le manuscrit du capitaine Knight est marqué ne 19, C'est le seul qui ait échappé au marchand de beurre.
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Un navire seulement était destiné à continuer avec succès la découvorte de Davis pendant les deux siècles suivants, et malheureusement il n'existe de ce voyage que des rapports vagues et peu satisfaisants. 11 ne revient pourtant aucun blâme au brave pilote Guillaume Baffin, qui décrivit en détail sur une carte les détroits et les îles qu'il découvrit; mais cette Carte est perdue. La faute, et c’en est une sérieuse, doit être mise au compte du vieux Purchas, qui reçut le livre de loch et les cartes de Baffin, mais jeta le tout de côté avec cette remarque que «cela coûterait beaucoup de peine et ferait beaucoup de frais à insérer. » Par suite de cet acte blâmable de Purchas, nous en sommes réduits à recueillir ce que nous pouvons dans une lettre à sir Jean Wolstenholme et à la brève et véritable relation ou journal de Baffin. De ces documents, hous apprenons que la Découverte, de 55 tonneaux, ft voile de Gravesend le 26 mars 4616, avec Robert Bylot comme capitaine, Guillaume Baffin, et un équipage de quinze hommes.
La petite Découverte atteignit le 30 mai Hope Sanderson, le point extrême nord de Davis, et après avoir eu un court arrêt dans la glace, se retrouva de nouveau dans l’eau libre, et atteignit par 12 45’ des îles qu'on appela Iles des Femmes, d'après quelques belles Esquimaudes, jeunes et vieilles, que les marins traitèrent avec beaucoup de bonté et de courtoisie. Après avoir à grand'peine
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remonté pendant plusieurs jours un chenal entre la terre et la glace, Baffin fut à la fin arrêté par la glace le 9 juin, par 74° 15° nord. Za Découverte fit un heureux voyage à travers la glace de la baie de Melville, qui depuis est devenue si célèbre, et elle atteignit le North Water (l'Eau du Nord) le 4°° juil. let ; elle n'y avait été retenue que vingt-deux jours.
Après avoir découvert l'ouverture de la grande
baie qui porte son nom, Baffin descendit le long de
la côte ouest de la baie, et la petite Découverte jeta l'ancre sans accident dans la rade de Dourres, C'était justement deux cents ans avant juin autre navire dût se frayer un chemin dans l'Eau du Nord de la baie de Baffin, et les découvertes de ce célèbre pilote étaient à peu près oubliées. Dans les cartes publiées jusqu’en 1818, on voit une ligne circulaire de points à l’ouest du Groënland avec cette légende : Baie de Baffin, d’après la relation de Baffin en 1616, mais à laquelle on ne croit pas (1). Ainsi la mémoire d’un hardi et savant navigateur
devait attendre bien de longues années cette pleine |
justice qui d'ordinaire finit par arriver.
En attendant, les Hollandais s’ouvrirent une pècherie baleinière dans le détroit de Davis en 1819. Cette pêcherie fut très-rémunératrice et relativement sûre, car, dans une période de soixante ans, sur 6,372 voyages faits au détroit de Davis, 38 navires seulement firent naufrage (2).
(1) Voir la carte au commencement de l’ouvrage de Daines Barrington sur le Pôle Nord et bien d’autres.
(2) Generale Lyst den Straat-Davisshe Visschery Zedert ‘| jaar, 1719-1775. Haarlem, 1778,
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Les baleiniers anglais commencèrent bientôt à fréquenter la même pêcherie; mais, malgré l'avis judicieux du vieux Baffin, aucun navire ne suivit ses traces jusqu'en 1817, et les baleines continuèrent à jouir de paisibles loisirs dans l'Eau du Nord.
Il est nécessaire de décrire la position ordinaire de la glace et de l’eau, dans la baie de Baffin, pendant la saison navigable. On croit qu’un courant descend toujours la baie à la surface, apportant d'immenses quantités de glaces dans l’Atlantique, et pendant l'hiver et le commencement du printemps de grands glacons dérivent corscamment dans cette direction, à travers les larges ouvertures de l'extrémité septentrionale, les détroits de Lancastre, Jones et Smith. Dans l'hiver de 1850 et 1851, l'expédition américaine dériva avec la glace du détroit de Wellington, dans l’Atlantique, à la vitesse d'environ 42 milles par jour. Le D' Kane supposa qu'à une certaine époque la glace s’étendait en un champ compacte, du détroit de Lancastre au cap Walsingham, avec une largeur de 200 milles. Cette glace avait en moyenne une épaisseur de huit pieds. En septembre 4855, le Résolu, abandonné loin dans le détroit de Barrow en mai 1854, vogua à la dérive dans l'Atlantique; et l'on sait que le vaillant petit Renard éprouva la même fortune, en 1837-58. Sir Léopold Mac Clintock trouva un vent du nordouest, régnant constamment de septembre en avril, et il croit que le mouvement de dérive est dû seulement à l'action du vent. Le capitaine Maury pensait qu'il y avait un courant inférieur, apportant de
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l’eau chaude dans la haute baie, que ce courant paraissait de nouveau à la surface et formaii des chenaux et des mares d’eau libre, au loin dans la région polaire. L'existence de ce courant inférieur était conjecturée du fait qu’on voyait quelquefois de majestueux ticebergs (montagnes de glaces) remonter la baie, près de la partie sud de la côte ouest, malgré le vent et le courant de la surface, Néanmoins, ce fait peut avoir pour cause de fortes marées ou des contre-courants.
La dérive de vastes masses de glaces, dans la di. rection du sud, cause invariablement l'existence
d'une large nappe d’eau navigable dans la partie À
supérieure de la baie de Baffin, et, pour quelques distances, dans les détroits de Lancastre et de Smith, pendant l’été et le commencement de l’automne, et c'est ce qu’on appelle l'£au du Nord. Mais il y a une masse formidable de glaces entre cette Eau du Nord et le détroit de Davis, ayant environ de 470 à 200 milles de largeur ; elle bloque le centre de la baie de Baffin, et empêche d'approcher de son extrémité nord-ouest ; on l'appelle la Glace du Milieu. Cette glace se compose d’anciens fragments de glaçons de grande épaisseur, qui peuvent venir d'une partie éloignée des mers arctiques, puis d’une large étendue de glaces formées pendant chaque hiver et d'environ six à huit pieds d'épaisseur, et enñu de ces magnifiques monts de glaces, qui font le charme principal du paysage de la baie de Melville. Une immense quantité de cette glace est détruite chaque été, soit par le dége!, soit par la houle et la chaleur
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DE LA Ré&éGION INCONNUE 139
de l'Atlantique, à mesure qu’elle dérive au sud. La
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que celle de la mer du Spitzhberg. En moyenne, les glaçons de la baie de Baffin ont à peine un quart de l'épaisseur de ceux qui environnent le Spitzberg.
ces derniers sont souvent en véritables nappes de
glaces, solides et transparentes, de 20 à 30 et quelquefois près de 40 pieds d'épaisseur. Dans la baie de Baffin, l'épaisseur moyenne des glaçons, est seuement de 5 à 6 pieds, les fragments de 8 à 410 pieds se rencontrent rarement.
Il est curieux que, bien qu'il y eût une florissante
Bnicherie baleinière dans le détroit de Davis, le pas-
age ne fut jamais tenté dans la Glace du Milieu, nire les années 1646 et 4817. Le vieux Baffin avait aillamment ouvert le chemin à l'Eau du Nord et krsonne n'avait osé le suivre. A la fin deux baleiiers, le Larkins de Leith et l'Élisabeth d'Aberdeen, rent la tentative et franchirent successivement la arrière, en 4847, trouvant une pêcherie abondante aus l'Eau du Nord de la baie de Baffin; et, depuis emoment jusqu’à aujourd’hui, bien peu d'années “sont passées sans que les baleiniers forçassent la irrière de la Masse du Milieu.
à En 1818, l’A/exandre, de 252 tonneaux, et ? Isabelle,
385 tonneaux, furent envoyés par le gouverneent en expédition de découverte dans le haut de baie de Baffin : l'expédition était commandée par an Ross et Édouard Par-y. Ils firent voile d’Anelerre, le 48 avril, atteignirent le bord méridional : la glace le 2 juillet, et après avoir été retenus
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trente-six jours, ils atteignirent l'Eau du Nord ke 8 août.
Le principal mérite de ce premier voyage de Jean Ross fut qu'il jusiifia les droits que Baffin avait à « découverte, et qu’il prouva que les latitudes de ce dernier étaient très-exactes. Ross, au point extrême qu'il atteignit, était trop au sud pour voir plus que les contours de ia terre près du détroit de Smith, mais il nommia jes caps de chaque côté de son entrée, d’après ses navires, Isabelle et Alexandre,
Depuis ce temps, la flotte des baleiniers, chaque été, a poussé jusqu’à l’Eau du Nord, et elle en a ét récompensée par la découverte d’une pêcherie très-
abondante. Aucun hardi marinier n'avait suivi l'avish
de Baffin pendant deux cent ans, et les pauvres baleines avaient trouvé une agréable retraite dans « coin éloigné de la mer, jusqu’à ce qu'il fût en envahi par les navigateurs modernes de la Glace du Milieu,
Le bord méridior.al de l'Eau du Nord s'étend de la baie de Pond sur la côte ouest, et va du nord: ouest jusqu’au cap York, et il y a trois routesi travers la Glace du Milieu, par lesquelles on pal l'atteindre. La première, la seule qui soit sûre, el
celle que les baleiniers appellent le Passage par
Nord, le long de la côte du Groënland, La second est en pénétrant au centre de la baie, dans la mas en dérive; on l'appelle le Passage du Milieu et l'of ne doit le tenter que tard dans la saison, quand} la bunquise de la baie de Melville est très-probabl ment brisée. La troisième, appelée le Passage pa!
Sud, est etelle ne ou après passage sinon en dte du G | ya une baie de M nile n’es dérive de à la côte, 50 milles, ment de |
passe de
rage, laiss à banqui ient du s ille, mais le protec ontre ellé lenne se lux, on} ID navire k que la inquise
N navire ire, et bi lention +s réco
eure par hackleto