‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 47 sur 90 · LS DE LS · texte numérisé non relu

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(1) Le bois le plus dur connu, importé d'Australie.

(2) Je dois ces renseignements détaillés, sur l'état présent de la flotte baleinière de Dundee, à la courtoisie de M. Yes man de cette ville, et à M. David Bruce, administrateur È ru de la pêche du phoque et de la baleine, de

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Ilest regrettable qu'on n'ait pas jusqu'ici pris plus de soin à recueillir les renseignements pris chaque année par les hardis et intelligents commandants de ces baleiniers et qu'ils sont si disposés à com-

2 ouniquer, En 1871, le capitaine Walker fit remonter le détroit de l'Eclipse à l’£rik, et il trouva du char-

bon qu'une rivière avait roulé dans ses eaux. En 1872, le capitaine Adams mena l'Arctique de la baie de Pond, par le détroit de l'Éclipse et la crique du Conseil de la Marine (Navy Board Inlet), dans le détroit de Barrow, puis il remonia la crique de l'Amirauté. Dans la même année, le capitaine Edwards conduisit {e Victor, pour quelque distance, dans la crique de l’Amirauté. C’est ainsi que les découvertes se font constamment ; et qu'elles sont indiquées soigneusement sur des cartes. Tout ce qu'il faudrait pour utiliser ces précieuses observations année par année, c'est l'établissement d’un système analogue à celui que leprofesseur Mohn, de Christiana, a inauguré avec succès en Norvège; par À les commandants de navires pourraient être amenés à faire des observations attentives à chaque occasion favorable, et à les faire connaître. Savoir que de telles observations sont estimées et apprétiées sefa toujours un encouragement suffisant.

Le premier baleinier qui fit voile de Dundee dans la maison de 1873 fut lIntrépide, le 30 ayril. Les autres suivirent, pour la plupart, le 4° mai. Le 2 du mois

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était un vendredi ; mais le 3, partit ? Arctique, sous le commandement du capitaine Adams, ayec soixante hommes à bord. Parmi eux était le capitaine A. H. Markham, de la marine royale, comme passager, qui se rendait à la baie de Baffin pour prendre la connaissance de tous les détails relatifs à un voyage baleinier et pour acquérir l'expérience de la navigation dans la glace; pour apprendre comment on manœuvre ces steamers dans la glace, pour voir les montagnes et les flords du Groënland, et l'Eau du Nord avec ses détroits qui mènent à la vaste région inconnue; pour examiner les portset les criques dans la direction de l’ouest qui sont peu connus; en un mot, pour observer et noter avec un soin attentif, Ensuite partit l’£rck, sous le capitaine Walker, qui avait avec lui un jeune sportsman, M. Rickaby, désireux de faire connaissance avec les ours, les canards sauvages et les guillemots.

Le voyage du capitaine Markham dans l'Arctique nous offre un résultat important: de la campagne arctique de 1873. Depuis la publication du voyage de Scoresby en 1820, nous n’avions pas eu une description aussi complète de la pêcherié baleinière anglaise par quelqu'un qui y avait réellement pris part; et il y a eu de bien grands changements dans les cinquante-cinq années qui se sont écoulées. Nous avons donc une précieuse addition à notre connaissance des choses arctiques, dans l'intéressant récit que le capitaine Markham a fait de sa croisière baleinière dans la baie de Baffin. Cet officier a noté avec soin tous les détails de la pêcherie baleinière,

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partageant ses fatigues et ses risques, prenant le gouvernail dans la chasse aux baleines, et aidant à la capture des ours et des narvals ; il acquit ainsi une expérience pratique dans les nouvell:s méthodes pour manœuvrer les navires dans la glace, et il vit par lui-même ce que peut l'avant garni de fer d'un steamer à hélice pour se frayer un chemin à travers la masse glacée : son voyage fut extrêmement étendu, car Arctique fut le premier baleinier quipénétra dans la crique du Prince-Régent jusqu’au golfe de Boothia. Il alla ainsi au delà des pointsles plus extrêmes atteints par l'expédition de Sir Édouard Parry en 1824, par l'expédition de Sir Jacques Ross en 4844, par M. Saunders dans l'Étoile du No>d en 1850, par le capitaine Forsyth en 1850, par M. Kennedy en 1851, et à quelques milles du point atteint par Sir Léopold Mac Clintock en 1858. C’est là un exemple remarquable du progrès qu’apporte à la navigation dans la glace l'emploi de puissants steamers à l’avant acéré. Une autre preuve frappante de ce changement est fourni par ce fait que l'Arctique a traversé la baie de Melille en soixante heures, tandis que les anciennes expéditions consistant en navires à voiles y étaient ordinairement retenues plusieurs semaines.

Le capitaine Markham fit plusieurs corrections aux cartes, surtout daus la baie de Cresswell et autour du cap Garry, à l'entrée du golfe de Boothia, fxant la position de ce cap avec exactitude. Il visita aussi le Port-Léopold et la Côte de la Furie; il exa- Mina les provisions qu'y avaient laissées Ross et

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Parry, et remarqua qu’elles étaient conservées d’une façon surprenante. La saison de 4873 fut une saison heureuse pour la flotte baleinière de Dundes. L’Arctique prit vingt-huit baleines qui fournirent 660 tonnes, et les autres baleiniers, quoique moins heureux, revinrent ayec de bonnes cargaisons.

Pendant l’année 4874, les dix balriniers de Dundee furent encore très-heureux, et x 1 ::leinier de Peterhead, Le Mazanthien, remonta aussi la baie de Baffin. L’Aretique, encore sous le commandement du capitaine Adams, fit voile de Dundee le 28 avril 4874, et atteignit la banquise de la baïe de Melville le 30 mai. Là, les baleiniers s’assemblèrent, mais ils n’eurent pas longtemps à attendre. Get obstacle autrefois formidable, qui, au temps des navires à voiles, retenait les navires pendant des semaines et même des mois, n’est plus maintenant pour eux une barrière. La flotte baleinière toute entière traversa la baie de Melville en deux jours et montra de nouveau l’étonnant progrès que la

vapeur à fait faire à la navigation dans la glace. |

Après avoir atteint l'Eau du Nord, le &apitaine Adams eut beaucoup de chance et, par le 2 juillet, il y avait à bord douze lourds poissons fournissant 150 tonnes d'huile et 40 d'os de haleine. ZL’Arctique remonta ensuite le détroit de Lancaster et entra dans la (rique du Prince Régent, où l’on prit cinq baleine de plus. Le capitaine Adams entra alors dans la Crique d’'Elwyn, où l’on vit un grand nombre de baleines blanches dans les hauts fonds ; on on

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prit trente-deux qui fournirent 6 tonnes d’huile et 2 de peaux de valeur. Le 30 juillet, l'Arctique avait pénétré dans la Crique d'i Prince Régent jusqu'à la pointe sud de la baie de Cresswell quand il fut arrêté par la glace ; et le 9 août, il était au large du cap Garry en compagnie de plusieurs autres baleiniers. Plus tard, le capitaine Adams remonta à la vapeur le golfe de Boothia jusqu'à la baie de Brentford et au cap Scoresby, La glace s'approchait alors de la terre, le temps était calme, et Arctique, l'Intrépide et le Victor commencèrent à redescendre la crique. L’Arctique alla jusqu’à la Côte de la Furie où il fut bloqué de près, en compagnie du Camper down, du Victor, du Narval et de l'Intrépide ; et 12 1, une forte brise commenca à souffler du suä-sudest. La glace dans laquelle l'Arctique était bloqué dériva jusqu’à ce qu’elle fût apportée sur le cap Garry, près des hauts fonds qui furent sondés et relevés sur la carte par le capitaine Markham/; alors la glace du large commença à appuyer fortement contre le navire pressé par les extrémités de ses barrots contre la masse échouée ; on découvrit qu’il faisait eau rapidement, sa hanche de bâbord ayant té défoncée. L'eau gagnait rapidement sur les pompes, et bientôt les feux furent éteints dans la chambre de la machine. Tout le monde se mit alors à l'œuvre pour sauver les vêtements et les prowisions. Le navire ne se tenait plus que par la pression de la glace; et à sept heures du soir, il prit leu, l’:ucendie venant probablement de la cuisine à l'avant, Les flammes se répandirent rapidement et

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quand elles furent à leur plus haut degré, la glace s’ouvrit et le navire coula la noupe en avant. Tel a été la fin du bon navire l'Arctique après une carrière longue et exceptionnellement heureuse. Il avait fait huit voyages très-rémunérateurs et il avait remboursé plus d’une fois les frais de sa construction. En 1873, il fit un voyage mémorable revenant avec la plus forte cargaison qu'on ait jamais connue et avec les officiers et l'équipage du Polaris qu'il avait secourus, C’est là aussi que le capitaine Markham fil son voyage pour acquérir de l'expérience dans la navigation dans la glace, voyage dont les résultats ont été publiés dans sa Croisière baleinière dans la baie de Baffin. Ainsi l'Arctique a rendu d’utiles services en son temps. Il a été perdu par un de ces accidents que le plus grand talent de marine ne peut pas toujours prévenir, mais que l'emploi de la vapeur a de nos jours rendus très-rares.

Il faut se rappeler que, tandis que dans d'autres mers de semblables accidents impliquent une terrible perte de vies aussi bien que de propriétés, dans les régions arctiques, la même glace qui cause la destruction du navire assure le salut de l'équipage. Le capitaine Adams et ses cinquante-quatre hommes furent exposés à beaucoup de misères, passant la uit sous un fort orage de pluie jusqu’à ce qu'on pût élever deux tentes ; et le 8, ils se partagèrent entreles quatre navires qui se trouvaient près d'eux. Les autres navires avaient reçu des chocs assez graves et les équipages avaient même apporté leurs provisions et leurs vêtements sur la glace.

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Le Victor ayant achevé sa cargaison, reçut définitivement à son bord le capitaine Adams et tous ses hommes et il revint à Dundee: un nouvel et plusgrand Arctique est maintenant sur les chantiers. Le capitaine Kilgour, dans {a Polynia, remonta le détroit de Lancastre et prit jusqu’à dix baleines au large du cap York à l'entrée de la Crique du Prince Régent, entre le 10 et le 12 juillet. Le 26, le capitaine Kilgour débarqua dans la baie de Batty et découvrit le cairn (amas de pierres) contenant les relations qui y furent laissées par M. Kennedy le 6 août 4852, quand il commandait le navire de recherche envoyé par Lady Franklin, le Prince Atbert (4). Cette relation, avec un traîneau, un poële, deux couteaux à glace, et d’autres objets trouvés sur la côte sud de la baïe où le Prince Albert avait biverné, fut apportée à Dundee.

Le 3 août, {a Polynia atteignit le détroit de Bellot et se hâta vers la glace au large de l'Ile Longue où l'on avait vu plusieurs baleines. C'est la première fois qu'un baleinier est descendu amssi loin dans le golfe de Boothia, et {a Polynia atteignit ainsi le point extrême atteint par Sir Léopold Mac Clintock äans le Renard, en 1859. La Polynia fut bloquée au large du cap Scoresby, et encore à l'entrée de la baie de Creswell ; là, elle fut en grand danger et reçut plusieurs chocs sérieux qui rendi

(4) Bellot faisait partie de l'expédition du Prince Albert. On &publié, après sa mort, le journal qu'il tenait pour mi-même dans cette expéditron : Journal d'un-voyage aux mers polaires,

par J. R. Bellot. Paris, Perrotin, 4854. (TRaD.)

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