CHAPITRE IX LE DÉTROIT DE SMITH
Sir Thomas Smith.— Baffin, — Ross et Inglefiéld. — Dr Kane, — D' Hayes. — Expédition de Hall. — Capitaine Hall — État-major du Polaris. — Départ du Polaris. — Voyage du Polaris. — Mort du capitaine Hall. — Le bateau du Polaris à la dérive. — Situation du Polaris. — Déductionsà tirer du voyage du Polaris. — Importance des explorations ‘arctiques.
Le 6 juillet 1616, Baffin fit la principale découverte de son voyage, à savoir l'entrée « du plus grand et du plus large détroit dans toute cette baie. » C'est le portail qui mène au nord dans la grande région inconnue et le seul point dans tout le circuit du 80° parallèle où l’on sache que des lignes de côte s’étendent au loin vers le pôle. Baffin lui donna un nom bien commun (4). Mais l’honorable personnage dont le détroit de Smith porte le nom, n'étai pas un homme ordinaire. Sir Thomas Smith était
(1) Le nom propre anglais Smith signifie « charpentier » et est encore plus commun en Angleterre que ne l'est che nous le nom propre Charpentier, (Tran)
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l'âme et la vie de la Compagnie des Indes Orientales pendant les premières années de son existence. Il fut son premier gouverneur et il continua à rempir cette charge pendant bien des années. Lorsqu'en octobre 1614, il s’excusa de remplir cette charge plus longtemps en raison de son âge et de sa mauvaise santé, il fut néanmoins réélu à l’unanimité. C’est lui qui obtint la première et la seconde patente d'incorporation pour la Compagnie des Indes Orientales, en 1600 et 1609. Non-seulement il surveilla l'armement des premiers voyages aux Indes et il patronna ceux d'Hudson et de Baffn, mais encore, il y souscrivit une forte somme de son argent. En 1612, il fut choisi comme prenier gouverneur de la Compagnie des marchands pour h découverte du passage du Nord-Ouest. Il favorisa ls premiers efforts de cette puissante compagnie qui, plus tard, fonda un empire. Ses excellents avis
. —D Kane, pitaine Hall, . — Voyage Le bateau du Déductionsi explorations
pale décou- Bi sa surveillance continuelle assurèrent le main- > « du plus Bin de l’ordre et de l'honnêteté parmi les nombreux cette baie.» Eurriteurs de la Compagnie. Il cherchait avec zèle s la grandt Ein remède contre les maladies tropicales et s'a-
ut le circuit Bhissait même jusqu'à s'intéresser aux amusements es lignes de Es matelots. 11 acheta des épinettes pourles navi- An lui dont ts de la Compagnie, car, disait-il, « c'est chose able person: Ehisante de voir les matelots sauter et gambader à nom, n'étai eur fantaisie, au son de la musique. » Smith état Tel est l’homme qui a donné son nom au détroit te Smith. Tout ce que Baffin nous dit de ce détroit ar che Me l'amnèn ts suivants : «ll court au nord de e ne l’est cher e aux mots suivants : «11 COUrt au (Trar.) ME et il est remarquable en un point parce que là
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est la plus grande variation de la boussole connue {854 qua dans le monde entier ; car, par de bonnes observa- den 48 tions, j'ai trouvé qu’elle était déviée de plus de cinq Bi tériou quarts ou 56° vers l'ouest, de sorte que le nord-est. Ds débarc quart-est, lu sur la boussole correspondait au nord Après vrai du monde, et ainsi du reste, Ce détroit me Æ ufrir semble aussi être bon pour la chasse aux baleines, mer étant le plus grand et le plus large de toute celle EE mmanc baie, » «ap Alexa
Une intéressante tribu d'Esquimaux avaient vécu M4 ce ca sur ces bords ; mais aucun Européen n'avait vérifié D sspac la découverte de Baflin jusqu'en 1818, quand Ross Es, en : et Parry, dans l'/sabelle et l'Alexandre, virent la l'est et à terre d’une grande distance à l'ouverture de la baie, En trouve et que Ross nomma les deux caps d'après ses deux MY milles navires de découverte. Des baleiniers peuvent avoir Æintes de vu le détroit de Smith et y être entrés depuis le voyage de Ross; cela est même probable quand nous considérons qu'ils ont fréquenté l'Eau du Nord tous les ans depuis 4847 et qu'il n’y a aucune difficulté à naviguer du cap York au cap Isabelle en août, Nous vimes la terre de chaque côté du détroit de Smith du nid-de-pie (4) de l'Assistance, en aol
de la nôtre ge dont le «tte haute Nous, On à L tn fond de mme le c afléchures gravie par appelle ér mologie cu l'autres qu nsque et si Wt le pos laque inst bande la r quelque krpétuels, beut-être pa * quelque 4
« nid de pie »,en anglais crow's nest, est particulier ja pi qui À pe dans la glace, Voici la ge qu'en donne Bellot dans son Voyage aux mers polaires, p. 43: « Ce matin nous avons complété notre armement par la nie en place du crow's nest, Le crow's nest répond à peu Le à la définition du mot hune donnée dans le dictionnaire | l'Académie, dans notre pays où les termes maritimes mo peu compris : c'est une sorte de guérite placée au nt mât pour surveiller les mouyements de la glace. La sine en varie suivant le navire, mais se rapproche plus ou moi
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1854 quand ce navire était au nord des îles Carey et en 1853 le capitaine Inglefleld vint justement à l'intérieur des caps Isabelle et Alexandre, mais il ne débarqua pas. :
Après avoir traversé la baie de Melville sans gufrir aucun retard de la glace, /’/sabelle, petit seamer de 442 tonneaux et de 16 chevaux, et commandé par le capitaine Inglefied, atteignit le «ap Alexandre, le 26 août 1852. Après avoir doublé ce cap, on vit une mer ouverte s'étendant sur un espace correspondant à sept quarts de la bouswle, en apparence débarrassée de glace, bornée à l'est et à l’ouest par deux promontoires distincts. On trouva l'entrée du détroit de Smith large de % milles, mais après avoir nommé vingt-quatre pintes de terres et d'îles, près et loin, le capitaine
de la nôtre, son but étant le même : abriter l'homme de vige dont la position, sans cela, ne serait guère tolérable à «te hauteur s'il était exposé au vent et à la neige. Chez nous, on a placé une sorte de barrique de cinq pieds de haut, u fond de laquelle est une trappe s'ouvrant de bas en haut, mme le clapet d'un piston; on y arrive par des échelons ou mféchures placées au travers des haubans. Cette échelle, gravie par des gaillards qui ne vont pas au ciel cependant, 'tppelle érhelle de Jacob à bord des baleiniers, Quant à l'étymlogie fa nor nid de pie, je pense qu'il ne peut y en avoir d'autres que la saivante, dans ce langage maritime si pittorsque et si plein d'images dans toutes les nations. Ce lieu wi le porte ‘le l'ice master (litt, maître de la glace) qui, à laque instant, prévient en bas de ce qu'il aperçoit, ou comhande la manœuvre. Ce babiilage a lieu à chaque instant, {quelque bel esprit de gaillard d'avant, ennuyé de ces ordres krpétuels, s'en sera vengé par ce surnom, L'étymologie n'est but-être pas celle du dictionnaire, mais au moins elle répond à quelque chose. » (Tran.)
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Te Inglefield laissa porter le 27, et gouverna de nouveau au sui sans toucher terre, à cause d'un oragan qui S’était élevé. Le point extrême qu'il
atteignît au nord fut 78° 28’ 21” latitude nord.
Baffin avait découvert le détroit de Smith en 1616, mais aucun homme civilisé n'avait exploré ses rivages ou n’y avait débarqué jusqu'en 1853, quand le D' Kane, dans le petit brick l’Avance, de 120 tonneaux, entreprit de diriger une expédition américaine vers ces régions lointaines du nord. Mais le baron Wrangell, le grand explorateur russe des régions arctiques, avait, en 1847, recommandé
route par le détroit de Smith, comme la meilleure R
pour faire des découvertes polaires, et il avait donné les conseils les plus détaillés, relativement à l’équi pement d’une expédition. Comme la petite Découverte de Baffin, l’Avance avait seulement un équipage de dix-sept hommes, et ce navire était pauvrement approvisionné pour un hiver arctique. Il n'avait pas un équipement convenable de traîneaux, pas de viandes conservées et du charbon seulement pour un an; mais les souffrances de son vaillant petit équipage ne sont pas plus un argument contre les entreprises arctiques que celles de Willougby. Un régime empoisonné de viandes salées dans un sale petit brick, plein de monde, cause inévitablement le scorbut et la débilité, tandis qu'un régime généreux, des vêtements chauds et la ventilation assurent une santé aussi vigoureuse et aus agréable et autant de forces dans les régions arcliques que dans tout autre climat.
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Le plan du D" Kane était de pousser son petit brick au point le plus loin navigable dans le détroit de Smith et &e passer là l’hiver, puis de suivre la ligne de la côte avec des traîineaux jusqu'à ce qu'il atteignit le bassin polaire des faiseurs de théories, et enfin, de s’embarquer sur ses eaux imaginaires dans des bateaux en gutta-percha. Après avoir attint la lisière de la glace dans la baie de Baffin,
D 'Avance entra dans la masse glacée et eut la
chance d'atteindre l’Eau du Nord en dix jours. Le août 1853, elle entra dans le détroit de Smith et
Miépassa le point le plus élevé atteint par le capi-
tine Inglefield, l’année précédente. Mais, par une htitude de 78° 45’ nord, seulement à 17 milles du pint atteint par Inglefield, le D' Kane fut arrêté par la glace. La côte consiste en rochers escarpés, hauts de 800 à 1,200 pieds, et à leur base il y avait ue ceinture de glace d’environ 18 pieds d’épais-
sur qui reposait sur la rive. Le D" Kane adopta le
lenom danois Æ'ise Fod (pied de glaces) pour cette arête permanente de glace. La masse glacée dérivait au sud et les nombreux icebergs (monts de glaces) suivaient le mouvement de la marée. Après uvaillam, mais infructueux effort pour se frayer un chemin dans la direction du nord, la glace nouveile tmmença à se former, et le 10 septembre, l’Avance ht prise par la glace sur la côte est du détroit de Smith, par une latitude de 77° 36’ nord, et par une
ù. longitude de 70° 40’ ouvst de Greenwich ; l'endroit
ft appelé port de Van Rensselaer. Le soleil fut tent vingt jours au-dessous de l'horizon. La plus