‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 54 sur 90 · DO 184 LES ABORDS · texte numérisé non relu

DO 184 LES ABORDS

Parry. Le détroit de Jones a été découvert par Baffin en 1616, et les baleiniers y ont souvent pénétré, En 1848, le capitaine Lee du Prince de Galles remonta le détroit de Jones pendant quatorze heures etenvoya un bateau à terre. De là, on vit une terre très-élevée dans la direction de l’ouest et on trouva l’eau profonde près des rochers sur la côte sud. Le capitaine Lee gouverna alors au nord-est pour quelque distance et trouva de l’eau libre, autant qu’il pouvait voir du haut du mât, s'étendant aux environs du nord-ouest à l’ouest-sud-ouest. La distance à laquelle le Prince de Galies pénétra dans le détroit était d'environ 450 milles de l’entrée. Le 16 août 1851, le lieutenant, maintenant amiral Sherard Osborn, conduisit le Pionnier dans le détroit de Jones; il le trouva le plus étroit à son entrée et s’élargissant à mesure qu’on s’avançait vers l'ouest. Le paysage est grandiose, surtout sur la côte méridionale, là où, quelque 410 milles à l'intérieur, un vaste dôme de neige pure et blanche enveloppe une terre de 3 à 4,000 pieds, appelée les Montagnes Treuter par le capitaine Austin, qui était à bord du Pionnier avec Osborn. De ce dôme, de longs glaciers serpentent et descendent les vallées et se jettent à travers les ravins dans les eaux bleues et profondes de ce magnifique détroit. Malheureusement la marche du steamer fut arrètée par des glaçons qui s'étendaient à travers le détroit et il fut obligé de revenir. Le capitaine Inglefield remonta aussi pour quelque distance le détroit sur le Phénix en 1853.

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De 85° à 90° ouest de Greenwich est la partie du détroit de Jones qui n’a pas été complétement explorée, et, à partir de là, les découvertes de Sir Edward Belcher s'étendent de 90° à 97° le long de ce qui a été appelé la Terre de Grinnell.

Sir Edward Belcher explora cette côte dans le printemps de 1853, et, le 20 mai, il fut arrêté par de l’eau libre que rayaient des bandes de glaces flottantes, à l'entrée ouest du détroit de Jones. C'était à peu près par 80° de longitude ouest et d'un peu à l’ouest de ce point que Sir Edward Belcher traversa la banquise jusqu'à l’île la plus méridionale d’un archipel étendu, « conduisant, dit-il, au nord-est, ou peut-être au Pôle. » Il ajoute que la lourdeur et même la solidité de la banquise environnante et les morceaux de glace presque hauts comme des monts qui s'élevaient quand les glaçons sentre-choquaient, donnent à penser que la merest rarement troublée par ces latitudes. Mais la masse glacée, dans la direction du nord, était épaisse de à 8 pieds et subissait l'influence d’une forte marée. Au large on voyait une masse de glace fortement pressée, montrant que, pendant les tempêtes violentes de l'automne et de l'hiver, cette mer avait été en mouvement. Au commencement de juin, les vols d'oiseaux indiquèrent l’existence de

trous d’eau et de nouveaux mouvements des gla-

çons, et Sherard Osborn attribue cette rupture hâlive de la glace au passage d’une forte vague de marée dans la direction de l’est et de l’ouest. Les amiraux Richards et Sherard Osborn continuèrent

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l'examen des rives glacées de l'Océan inconnu du Pôle, de 97° à 109° ouest le long de la côte septentrionale de l'Ile Bathurst jusqu’à la pointe nord de l’île de Melville. Ces tristes côtes sout formées de pierres calcaires. Osborn pensait que dans la direction du nord il y avait beaucoup de terre, soit sous la forme d'îles, soit sous celle d'un continent étendu. On vit un grand troupeau de lemmings se frayer un chemin sur la glace dans la direction du nord. De l'extrême pointe septentrionale de l'Ile de Melville, le capitaine R. Vesey Hamilton pénétra à quelque distance dans l'Océan glacé inconnu et atteignit, le 7 juin 1853, à 7 milles de la terre, une île qui reçut son nom. Elle était longue de 4 milles et son extrémité nord consistait en une série de petits pics. L'eau avait un fort goût de quelque acide minéral. Huit ou neuf milles plus au nord, dans la mer inconnue du Pôle, on découvrit une autre petite île qui fut nommée Ile Markham. De l’Ile Melville à la côte nord-ouest de l’Ile du Prince Patrice, le seuil de la région inconnue fut traversé par Sir Léopold Mac Clintock, et l'examen des côtes ouest et sud de l’Ile du Prince Patrice fut complété par ce pauvre Mecham, un des plus braves garçons qui aient jamais pénétré danslaglace. Je ne puis mentionner son nom sans quelques pàroles de regrets affectueux pour sa perte. Jamais officier ne fut plus aimé de ses camarades et il nf a rien que les matelots n'’eussent fait pour lui Plein de bonne humeur et de cœrr, il était la vie et l’âme des amusements de l’hiver, et quand arriva

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et scrupuleux, plein de ressources, et doué d'une résolution indomptable, il était en même temps le plus soucieux du bien-être de ses hommes. Il était en vérité l'idéal de l'officier arctique, et, quand on discute le sujet d’une exploration polaire, le premier sentiment de ceux qui ont servi dans la recherche de Franklin est celui d’avoir perdu pour toujours le grand talent, la résolution et les qualités de commandement qui étaient réunis dans le

| caractère de Frédéric Mecham. Un seul homme

venait avant lui comme explorateur, et encore Mecham l'égalait-il en quelques points, cet homme était son ami et camarade Sir Léopold Mac Clintock. Ces deux officiers explorèrent les côtes de l'Île du Prince Patrice.

A l'extrémité nord de cette frontière éloignée de

la région inconnue, la lourde masse glacée eï:erçait une horrible pression. Il y avait des kummocks hauts de 35 pieds, et des masses de la glace bleue de la mer avaient été poussées loin dans l’intérieur de la terre, Mecham trouva la côte ouest de l’Ile du Prince Patrice composée de plaques de sable tellement basses qu’il était difficile de distinguer la terre de la mer. Dans cette partie éloignée de la frontière de la région inconnue, la terre et la mer glacée se mêlaient dans une confusion inextricable. Dans la direction de la mer, on ne voyait que la lourde masse glacée avec d'énormes fragments

188 x LES ABDRDS

poussés sur la rive, Néanmoins ces mornes confins du monde connu jouissaient autrefois d’un climat plus doux, car Mecham trouva des arbres de taille considérable enterrés dans un ravin avec leur écorce en parfait état, et dans une position qui prouvait qu’ils devaient avoir poussé sur la place, Un de ces arbres était rond de 4 pieds et long de 30, Cet endroit était à la hauteur de 400 pieds au-dessus du niveau de la mer. A l'extrémité nord-ouest de l'Ile de Banks, on trouva aussi un grand nombre d'arbres fossiles à 300 pieds au-dessus de la mer. Le docteur Hooker regarda ce bois comme étant celui du sapin blanc (abies alba).

La frontière de la région inconnue du Pôle traverse maintenant le détroit de Banks, descend le côté ouest de l'Ile de Banks découverte par Sir Robert Mac Clure dans l’Anvestigateur, tout près de la côte de l'Amérique du Nord. Là, la glace se presse tout contre les rochers et atteint des proportions effroyables. Elle a un tirant de 40 à 50 pieds d'eau et s'élève sur la surface en collines roulantes qui ont quelquefois 100 pieds de la base au sommet. La glace, le long de la côte de l'Amérique du Nord et surtout en face le fleuve à: Mackenzie, est d’une nature aussi formidable, et la puissante masse poaire forme sur ce méridien la frontière entre le monde connu et le monde inconnu. Elle est appelée par les Esquimaux « le Pays de l'ours blanc. »

Nous avons ainsi suivi la frontière de la région inconnue de Novaïa-Zemlia jusqu'au détroit de Behring, la troisième ouverture dans l'océan Po-

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lire. La masse glacée la plus lourde ct la plus formidable des mers arctiques est celle qui se presse contre l'extrémité nord de l'Ile du Prince Patrice jusqu'au détroit de Behring, ct aucun vaisseau n'a encore réussi à navigucr loin vers le Pôle sur le méridien du détroit de Behring. Le capitaine Collinson dans l'Entreprise a été un peu au icrà de 70° nord sur le méridien du cap Lisburne, ct le capitaine Kellett, dans le Héraut, découvrit une haute terre un peu plus loin dans la direction de l’est, par 12° nord. La frontière du détroit de Behring à Novaïa-Zemlia, qui complète le cercle, a été cxaminée par les explorateurs russes.

L'amiral Sherard Osborn a montré que cette énorme glace, à l'ouest des Iles de Banks et du Prince Patrice, ne se voit jamais dans les détroits de Barrow et de Joncs, sinon en petits fragments, et que rien de semblable ne descend dans l'Atlantique par le chemin du Spitzberg; et il conclut, en conséquence, que cette glace est bornée par la terre à sa lisière septentrionale, et qu’un archipel doit s'étendre haut jusque près du Pôle, sur les méridiens entre l'Ile du Prince Patrice et la Sibérie. Dans un remarquable Mémoire lu devant la Société gtographique de Londres, l'amiral Sherard Osborn explique ainsi les raisons qu'il a de croire que la krre s'étend loin au nord de tout point encore at- Lint dans l'archipel arctique, connu sous le nom dles Parry :

« Pendant que je m'occupais à rédiger, d'après k journal de Sir Robert Mac Clure, la découverte

190 LES ABORDS A d’un passage au nord-ouest, dans l’/nvestigateur, de Fe la marine britannique, je fus frappé de la descrip- en tion de la glace extraordinaire rencontrée dans la A la mer, à l’ouest de l’archipel dont nous nous occu-

pons, et que Sir Robert Mac Clure suivit, du détroit sn de Behring jusqu’au nord-ouest de la Terre de Banks, de formant une grande courbe de plus de 4,000 milles. ds Je comparai cette relation avec les rapports des de heutenants Mecham et Mac Clintock, qui visitèrent

en 4853 la côte ouest de l’Ile du Prince Patrice, et a encore avec les remarques du capitaine (mainte- Le nant amiral) Collinson, qui, comme Mac Clure, or passa entre cette grande glace et le continent amé- dons ricain dans le remarquable voyage de l’Entreprise, Fo

de la marine britannique.

» Toutes ces descriptions concordaient ensemble, et il devint évident pour moi qu'aucun de ceux qui ont voyagé ailleurs que dans les régions arctiques n’ont jamais rencontré une semblable masse océanique ; et certainement ce n’était rien qui ressemblit aux champs de glaces trouvés autour du Spitzberg ou de la côte est du Groënland.

» J'ai souvent discuté sur le caractère de cetie glace avec cet intelligent officier du navire de Sir Robert Mac Clure, le regretté Étienne Court, qui plus tard, navigua deux ans avec moi dans le urieux, de la marine britannique. D’après ces rapports, je puis, à coup sûr, décrire cette glat de l’ouest comme une vaste glace flottante semble ble à un glacier voguant çà et là drns une aire fe mée de la région arctique, bornée au sud par l&

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rives de l'Amérique du Nord, à l’ouest par les Terres de Kellett et de Wrangell, à l’ouest par l’Archipel arctique dont il est question, et au nord... ? C’est là la question. Mais si cette glace avait de l’espace pour se mouvoir au nord, ji! n’y a aucun doute que les furieux vents du Sud, qui balayent le continent de l'Amérique du Nord, la pousseraient loin dans cette direction, et en feraient descendre la masse dans l’Atlantique par la voie du Spitzberg, tandis que (c’est un fait) elle ne s'éloigne jamais que quelques milles de la côte américaine, laissant une étroite ceinture d’eau, et aussitôt que le vent cesse, elle revient, sa lisière touchant terre dans 100 pieds d'eau. Le même phénomène s’est présenté le long de sa lisière orientale, quand ce grand champ de glace se heurtait sur l’Archipel et l'Ile de Banks. Là, dans les circonstances les plus favorables, la glace ne s’éloignait pas plus d’un mille ou deux, et, dans la plupart des cas, elle revenait se presser contre les rochers, laissant à peine à « /nvestigateur la largeur nécessaire pour en côtoyer la lisière. Elle touchait souvent dans une eau de 192 à 15 brasses, montrant ainsi une épaisseur de 70 ou 80 pieds. Mecham et Mac Clintock la trouvèrent sur la côte ouest de l’Ile du Prince Patrice, pressant avec une incroyable violence sur sesrives basses et formant par endroits une telle barrière, surtout à l'extrême sud-ouest, que Mecham était obligé de prendre ses traîneaux à terre pour éviter la barrière insurmontable qui formait la lisière de la banquise brisée.

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» La glace, telle que l’on mela décrivit, consistait en champs continus, dont l'épaisseur au-dessous de Y'eau était de plus de 60 pieds, tandis que la surface ressemblait à des collines et à des vallons aux contours arrondis, semés les uns près des autres. La plus grande partie de ces collines s'élevait à 30 ou 40 pieds au-dessus de l’eau, et quelques - unes avaient jusqu’à 100 pieds, et elles formaient une masse si fortement pressée par les effets alternatifs de la neige, du dégel et de la gelée, qu’on pouvait à peine y trouver un endroit où poser son pied. Et, <e qui est une preuv: de l’âge extraordinaire de ces champs de glace, on trouve ces collines formées de glace d’eau douce, ce qui indiquait la longueur du temps depuis lequel les neiges étaient tombées sur a surface de cette mer gelée. Cette glace ne peut être confondue en aucune façon avec ce qu’on appelle packed-ice (glaçons de la masse glacée). Cette glace était trop lourde pour se briser de cette façon, et c’est seulement le long de sa lisière qu'on trouvait des fragments brisés au contact des rochers ou de la terre. Ces fiagments forment, autant qu'on sait, de grands fleuves de glaces, qui se jet: <ent dans le détroit de Behring et dans celui de Barrow, quoique brisés et bien réduits de leur épaisseur avant d’être rencontrés par nos navigateurs. Nous vimes très-peu de cette glace dans le détroit de Jones, son entrée étant là barrée par l'Ile du Prince Patrice et par les terres qui sont au nord de celle-ci.

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de cette mer de glace, et qui m’a mené à la concusion qu'elle est formée dans une mer fermée par la terre, il y a d’autres faits additionnels, à savoir : sa direction et le degré de la marée sur ces bords. Car, naturellement, comme dans la Méditrranée et dans la mer Noire, une aire fermée d'eau glacée, avec une étroite issue sur un grand océan, n’a généralement qu'un assez faible mouvement de marée.

» Nous trouvons que dans le détroit de Kotzebue età la pointe Barrow, dans le détroit de Behring, À où Moore et Maguire hivernèrent dans le Pluvier, de la marine britannique, la marée venait du Pacique, et que le flux et le reflux étaient seulement

[de 2 pieds au premier endroit (détroit de Kot-

zbue), et seulement de 7 pouces au second (pointe Barrow).

» Mac Clure, dans le détroit de la Princesse de Galles, trouva que la marée venait du sud avec sculement un flux et un reflux de 3 pieds aux marées du printemps.

» Dans la Baie de la Miséricorde et l’Ile de Banks, la marée venait de l’est dans le haut du détroit de Barrow, avec seulement 2 pieds d’élévation, concordant ainsi avec toutes les autres observations prises dans le haut du détroit de Barrow, c’est-àdire aux Iles Beechey, Cornwallis, Léopold et Melville, endroits auxquels la marée arrivait évidemment de l'Atlantique par la baie de Baffin, diminuant à mesure qu'elle atteignait la mer de l'Archipel.

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» Dans le détroit de Jones, la marée venait sem. blablement de l'est. L’amiral Richards et moi en eûmes une bonne preuve dans une expédition en bateau, pendant l'automne de 1852, et nous trouvâmes tous deux, comme nous allions vers l’ouest, le long de la côte nord du groupe de Parry, que les marées, telles que les indiquait l’action de glace sur le rivage, diminuaient également à me. sure que nous allions vers l’ouest.

» Maintenant, si l’aire de la mer, à l’ouest de l’Archipel, n’était pas fermée par la terre, mai s’ouvrait dans l’espace général appelé l’océan arctique, tous les marins et tous les géographes conviendront avec moi que le flux de cette vaste aire,

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cerait la marée d’entrer, de quelque façon, dans l'embouchure ouest du détroit de Barrow et du détroit de Jones. La preuve du contraire, que j’apporte, montre que le flux se dirige vers cette mer (qui est, dis-je, fermée par la terre), au lieu d’en venir, comme ce serait autrement le cas. Le meilleur parallèle que je puisse fournir à l'observation de k marée dans le détroit de Barrow est celui que four nissent les détroits de Gibraltar et du Cattégat, où le flux de l'océan Atlantique pénètre dans deur mers fermées.

» À part l’absence de marée qui caractérise li mer à l’ouest de l’Archipel, et qui me mène à croit que cette mer est fermée au nord par la terre, t! qu’elle ne communique point avec cette portion des eaux du Pôle, qui coulent dans l’Atlantique, ilyt

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mautre fait qui confirme le premier. Les deux grands courants polaires par lesquels cette énorme masse de glace se décharge dans des latitudes plus méridionales viennent de deux directions opposées. La gace formée au nord du Spitzberg et de Novaïa- Zemlia se décharge par un courant sud-ouest dont ily a amples preuves, et dont la marche, suivant la saison, varie de 8 à 13 milles par jour. D’autre part, lk glace qui vient de ce que je crois être une mer fermée, à l’ouest de l’Archipel, se décharge pour la plus grande partie dans une direction sud-est, et nous en avons une preuve matérielle depuis 1850, depuis qu'ont dérivé vers la mer, dans le détroit de Davis, quatre expéditions bloquées par la glace : celle de Jacques Ross, de Haven, Kellett et Mac Clintock ; la seule exception à ce courant sud-est est une petite quantité de glaces en débris qui s’échappent au sud, dans le Pacifique, à travers le détroit peu profond de Bebring. Le seul moyen par lequel je puisse expliquer denx courants diamétralement opposés, coulant de cette aire polaire que nous avons devant nous, est de penser qu'ils coulent de deux espaces d’eau séparés l’un de l’autre.

» Je n’ai donc point le moindre doute, que si on suit au nord cet archipel arctique ou que si on remonte les terres récemment découvertes au nord de la Sibérie, près du détroit de Behbring, nous trouverons qu’elles sont étroitement unies l’une à l'autre, et, par là, l'exploration de la région polaire sera accomplie d’une façon complète et avec succès.

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» Laissez-moi maintenant dire de quelle façon ces terres, si elles existent, sont une si bonne promesse pour les explorations de l'avenir.

‘ » D'abord cet archipel abonde en ports et en criques où un navire peut trouver un abri après avoir poussé, pendant la saison d'été, aussi loin que la navigation peut le mener. Le navire forme ainsi une base d'opérations à l’abri du mouvement qui pousse au sud la glace de l’hiver. D'un semblable point, on peut, au début du printemps, entreprendre des ex. péditions en traîneaux sur le système introduit par mon illustre ami Sir Léopold Mac Clintock, et les pousser jusqu'aux dernières limites de la force physique de l’homme. En sûreté dans un port, ceux qui seront restés sur le navire pourront poursuivre les recherches scientifiques qui ont souvent été perdues de vue dans les explorations arctiques, et aussi éviter les horreurs d’un hivernage dans la mer glacée, qui ont été ressenties si vivement, jusque dans notre temps, par Sir George Back, le capitaine de Haven et Sir Léopold Mac Clintock, pour ne pas

-parler de l’expérience, encore plus désastreuse, de nos camarades allemands de {a Hansa. »

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