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et était revenu par le détroit de Matochkine, et Johannesen avait navigué deux fois dans la mer de Kara sans rencontrer aucun obstacle. En 1870, soixante navires norvégiens à voile voguèrent dans les mers qui entourent Novaïa-Zemlia et le capitaine Johannesen accomplit la circnmnavigation de ces Îles. En 1871, comme nous l’avons raconté, Carlsen et Mack voyagèrent ensemble. Mack quitta Tromsæ le 22 mai 1871, et rencontra une glace épaisse et impénétrable par 74° 12’ de latitude nord et45° de longitude est de Greenwich. A 71° 50'nord la mer était libre de glace et après avoir fait voile dans la mer de Kara, le capitaine Mack tourna vers le nord et longea pour environ 500 milles la côte de Novaïa-Zemlia. Il trouva une température douce au large des îles qui ont été appelées les Iles du GulfStream. C’est à cet endroit que Barents, en 1598, est supposé avoir trouvé un banc de sable à dixhuit brasses. Il y a maintenant, à ce qu’on croit ttre le même endroit, quelques îles nues et sablorneuses, et l’on a suggéré que la terre s'était élevée là à une hauteur de plus de 1400 pieds en trois cents ans. Des gousses d’une fève des Indes occidentales ont été trouvées près de ces îles, signe quele chaud courant de l'Atlantique, qui passe au delà de la côte de Norvége, atteint jusqu’à ces petites îles au large de la côte de Novaïa-Zemlia, îles qui, pour cette raison, ont été appelées les Iles du Gulf Stream. Le capitaine Mack atteignit, au commencement de septembre, un point (75°25 nord de latitude et 82° 30" delongitude), d'où l’on ne voyait aucune glace, et où la tempéra-
ture était remarquablement douce. Ce futle point le plus extrème qu’il atteignit avan‘ de retouruer en Norvége. Dans la même année, comme nous l’avons déjà raconté (4), le capitaine Carisen accomplit la circumnavigation de Novaïa-Zemlia.
En juin 48714, le capitaine E. H. Johannesen, trouva le détroit de Matochkine et ceux de Burrough (2) et de Pett, bloqués par la glace; alors il fit voile vers le nord, et le 15 octobre, il était par 76° 25” nord, la mer étant libre de glace. La même année, ?2 capitalne Isaksen quitta Tromso le 6 juin, et après avoir traversé beaucoup de glaces près de la côte de Novaïa-Zemlia, il atteignit jusqu'au promontoirs de Hooft. Le capitaire S. Johannesen traversa le détroit de Burrouyh le 26 août, et il côtoya la péninsule samoyède dans une mer libre de glace revenant par le détroit !e 27 sepiembre. Les capitaines Dorma et Simonsen firent de semblables voyages la même année.
Ces voyages norvégiens confirment pleinement les observations de Barents, et ils montrent que peadant ‘es mois d'été on peut généralement naviguer dans les mers des côtes occidentales et méridionales de Novaïa-Zemlia, et qu’on peut probablement atteindre l’eau libre, vue par Wrangell et Anjou au nord de ia Sibérie. En juillet 4870, le steamer l’Albert, appartenant à un armateur du nom de Rosenthal, avec le D' Ressels à bord, quitta Troms®æ,
(1) Voir page 19.
(2) Improprement appelé détroit de Kara. Il a été découvert par Étienne Burrough en 1556. Voir page G.
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l'espoir de trouver libre le détroit de Burrough ou celui ds Prtt, mais ceux-ci restèrent bloqués jusqu'au 9 septembre, jour où revint le steamer de M. Rosenthal. Six semaines plus tard dans l’année, le capitaine Johannesen les traversa.
En 1872-73, le capitaine Sivert Tobiesen fut malheureusement obligé de passer l’hiver sur la côte de Novaïa-Zemlia dans son schooner Freya, nou loin des Iles du Bouleau. La plus grande partie de l’équipage fut envoyée par terre, et arriva en bonne santé à Arkhangel. Le capitaine, son fils et deux hommes, trouvant que le navire faisait eau, furent forcés de débarquer et le capitaine Tcbiesen mourut du scorbut le 23 avril 1873. Son fils mourut de la même maladie le 5 juillet. Ils avaient vécu de graisse de phoque et de viande d'ours, et, dans les derniers temps, ils n'avaient eu qu’un peu de viande d'ours, misérablement salée et à moitié pourrie. Les deux survivants se mirent dans un bateau, furent recueillis par un navire russe, et amenés à Arkhangel. Le capitaine Tobiesen était un explorateur norvégien distingué, et sa perte est très-regrettable. Il avait hiverné à l'Ile Cherie en 1865-66. Il avait fait un voyage remarquable autour de la Terre du Nord- Eït (1), et, à l’est du Spitzberg, il avait atteint presque la même latitude que Payer atteignit en 1871.
(4) Voir page 91.
‘4 était un des plus hardis parmi la troupe vaillante des explorateurs norvégiens.
Mais longtemps avant les relations de ces voyages norvégiens, on savait que la mer de Kara, que Burrough et Pett avaient trouvée si formidable, était navigable dans certaines saisons, et une connaissance plus complète de ces saisons pourrait, on peut à peine en douter, mener à l'établissement d'un commerce entre l’Europe et les embouchures des fleuves de la Sibérie. Il y a maintenant plus de dix ans qu’une proposition dans ce sens fut faite à Sir Roderick Murchison par M. Siderov, Russe qui possède de grandes mines de graphite près d’Irkout, sur l’Iénisséi. Il offrait une récompense de 2,000 livres (50,000 francs), pour tout navire qui pourrait atteindre l’embouchure de l'Iénisséi et une garantie de 20 livres (500 francs) par tonne pour autant de fret que le navire pourrait porter. Le capitaine Allen Young, compagnon de Mac Clintock dans /e Renard, entreprit l'aventure, mais plus tard on déclara que le gouvernement russe était hostile au projet.
Un voyage qui avait un semblable objet a cependant été accompli par le capitaine Wiggans, récemment examinateur pour la marine à Sunderland, et chercheur enthousiaste de gloire comme explorateur. Il fréta le steamer Diana, et l’équipa à Dundee entièrement à ses propres frais; il se proposait de s'assurer si des communications régulières peuvent être rétablies entre i’Europe et le fleuve Obi. Il désirait aussi avoir des nouvelles de l’expédition austro-
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hongroise, dont nous parlerons dans le prochain chapitre, et lui porter secours; et M. Leigh Smith envoya une grande quantité de provisions à la Diana, pour l'usage spécial des explorateurs, au cas où le capitaine Wiggans les rencontrerait.
La Diana fit voile de Dundee le 4 juin 1874, et atteignit le détroit de Burrough (1) le 26. Il y avait peu ou point de glace dans le détroit ; le capitaine Wiggans y entra et alors longea la péninsule d'Yalmal, où l'on trouva la glace être à 3 ou 4 milles de la côte. L terre était à ce moment libre de neige et elle présentait ur agréable apparens:.. le sol étant couvert de mouse et de fleurs sauvages. Mais, plus au nord, la masse glacée reprenait contre le rivage, et {a Diana fut retenue pour trois semaines, en un endroit où nombre de schooners norvégiens étaient occupés à chasser le phoque et le morse. De bonne heure en août, la glace dériva de la terre et le petit steamer put s’avancer jusqu’à l'entrée du golfe de l’Obi. Là, le capitaine Wiggans prit des observations, et il découvrit que l’Ile Blanche, au large de l’entrée du golfe, était placée heaucoup trop à l’est sur les cartes.
Il se dirigea à travers le golfe pour environ 20 milles, mais il en rencontra un fort courant avec un vilain temps, ce qui lui fit abandonner l'idée de s’'avancer plus loin. La machine de la Diana était trop faible pour résister à la force du courant et il y avait encore d’autres dangers venant de l’inexac-
(1) Improprement appelé détroit de Kara et de Vaïgatch. Voirs page 7.
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titude de la carte et des hauts-fonds de l’eau.
En retournant à l’Ile Blanche, on trouva que la glace se pressait contre la terre, et /a Diana fut encore une fois retenue trois semaines. Fn même temps, il y avait de l’eau libre au nord et dans la direction du cap Tchélionskine. A la fin, le 25 août, l'Ile Blanche fut délivrée, et en allant au sud qu'lques milles on trouva que la mer de Kara était tout à fait libre de la glace qui avait dérivé dans !: üirection du nord. Le capitaine Wiggans se dirigea droit vers le détroit de Burrough; l’autre but de
de son voyage était d'apporter promptement du Voyag secours à l'expédition austro-hongroise. Eu con- sig séquence, il dirigea sa course vers le côté ouest 1 de Novaïa-Zemlia ; le 30 août, itétait à Kostin-Shar, L.
d’où il laissa porter sur Vardæ; mais, rencontrant un ouragan comme il était au large de ce port, il fit vapeur finalement pour Hammerfest, arrivait là juste une heure ‘avant les membres de l’expédition austro-hongroise.
Le capitaine Wiggans revint à Dundee le 25 septembre 14874, après une croisière intéressante. Il avait anpris des Norvégiens que la mer de Kara est ordinairement libre de glace jusqu’au milieu d’octobre, et il pense qu'il pourrait y avoir uve communication régulière par steamer entre l’Angleterre et l'embouchure de l'Obi. En outre, l’idée que 1 mise en avant par lui qu’on devrait entreprendre rain, un lever de ja mer de Kara et du golfe de l’Obimé- JE sance riterait d’être examinée favorablement par le gou- |E prél vernement russe. et le
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