‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 60 sur 90 · L'EXPÉDITION ARCTIQUE AUSTRO-HONGROISE · texte numérisé non relu

L'EXPÉDITION ARCTIQUE AUSTRO-HONGROISE

Voyage de Payer et de Weyprecht, en 1871. — Expédition austro-hongroise. — Équipement et personnel du Tégéthoff. — Voyage du comte Wilczek. — Hivernage dans la glace. — Vin artificiel. — Aurore boréale, —- Le Tégéthof dérive. — Léconverte de la terre de François-Joseph.1— Second üiver. — Premier voyage en traîneau de Payer. — Mort de Krisch, le mécanicien. -- Second voyage en traîneau de Payer.— Terre de Wilczek et Terre de Zichy. — Montagnes et glaciers. — Flore de la Terre äe François-Joseph. —

Bois flotté en dérive. — Ascension ds montagne. — Explo-.

ration du détroit d'Autriche. — Détroi le Rawlinson. — Terre du Prince Rodolphe. — Traversée d'un glacier. — Oiseaux et eau libre. — Vue d'espaces lointains au nord. — Le détroit de Smith, la meilleure route pour les explorations. — Voyage de retour. — Troisième voyage en trai-

, neau, — Le Tégéthoff est abandonné. — Retraite en bateaux. — Heureux retour de l'expédition.

L'expédition austro-hongroise est la seule, depuis que l'Angleterre a passagèrement abandonné le terrain, qui ait matériellement augmenté nos connaissances. Elle avait été précédée d’un :ardi voyage préliminaire entrepris par le capitaine Wcyzrecht et le lieutenant Jules Payer. Ce dernier officier avait

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servi avec Koldewey sur la côte est du Groënland, et il avait auparavant acquis quelque réputation comme alpiniste. Le plan de ces deux énergiques explorateurs était de suivre le Gulf-Stream jusque dans le bassin polaire qu’on supposait exister, en se dirigeant à l’est du Spitzberg. Ils firent voile de Tromsæ, le 21 juin 1874, dans un petit navire de 70 tonneaux qu'ils avaient loué, et avec un équipage de huit hommes tout compris. Ils tachèrent de gagner la Terre de Gilies en suivant la côte est des îles les plus extrêmes du groupe du Spitzberg. Le 21 août, ils avaient atteint une latitude de 77°17 nord, entre le 23° et 36° degrés de longitude est de Greenwich, où la glace était plus légère que celle qu’ils avaient rencontrée jusque-là. La proximité de la terre était indiquée par la profondeur décroissante de la mer et par de nombreuses traces d'ours sur la glace. Le brouillard était si épais qu'ils ne pouvaient voir à distance, et ils semblent avoir louvoyé quelques jours dans une glace parfaitement navigable, par 77°30 nord. Le 30 août, ils passèrent le 42° méridien, par une latitude de 78:25 nord, sans voir de glace ; mais la nuit de ce même jour ils arrivèrent à la lisière de la masse glacée qui semblait se diriger dans la direction du nord-est, et dans la soirée du 31, ils étaient par 78°44 nord. Un brouillard très-épais avec un vent contraire les empêcha de se diriger plus au nord, et ils supposèrent la proximité de la terre par la quantité de bois de dérive, à peu de distance au nord de leur position sur le 42° méridien. En réalité, ils approchaient dela

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terre qu'ils devaient découvrir dans leur voyage ultérieur. Les explorateurs alors naviguèrent à l’est jusqu'à ce qu'ils virent Novaïa-Zemlia et ils revinrent à Troms@ le 4 octobre 1871.

Les déductions de ce voyage préliminaire ame-

nèrent le capitaine Weyprecht et le lieutenant Payer

à choisir la route par Novaïa-Zemlia et la côte de Sibérie, dans le but de tenter le passage au nord-est. L'idée d’une expérience arctique austro-hongroise fut reçue avec enthousisme par tout l'empire autrichien. Le commandement du navire fut confié au capitaine Weyprecht et celui du voyage par terre au lieutenant Jules Payer.

Le premier de ces officiers est un marin expérimenté etaccompli,le secondest un alpiniste éprouvé, un bon dessinateur et un explorateur résolu et enthousiaste. Le steamer le Tégéthoff, de 300 tonneaux, fut armé dans l’Elbe avec tous les perfectionnements modernes, et le lieutenant Payer reçut beaucoup d'aide de Sir Léopold Mac Clintock, en préparant l’orgauisation des expéditions en traîneau. Le capitaine Carlsen, ce vétéran des mers arctiques, accompagna l'expédition comme pilote. Le chirurgien D° Kepes était Madgyar. La plupart des hommes de l'équipage venaient des côtes de l’Adriatique et étaient Dalmates, et il y avait une grande confusion de langue à bord du Zégéthoff ; on y parlait anglais, italien, allemand, norvégien et slave. Le capitaine Carlsen donnait ses ordres dans un norvégien mélangé de quelques énergiques expressions italiennes. Le D' Kepes parlait à l’équipege en latin et en

D GRR PR ce

madgyar, et deux hommes parlaient un curieux dialecte, l'allemand du Tyrol, quele lieutenant Jules . Payer était seul à comprendre. Le comte Wilczek dans le petit yacht l’/sbjorn, accompagné du baron Sterneck, d’un géologue appelé Hans-Hæfer, de M. Berger comme photographe, et de son veneur, alla jusqu’à la côte de Novaïa-Zemlia. L’intention des explorateurs était de doubler la pointe nord-est de Novaïa-Zemlia et de se diriger à l’est au point le plus septentrional de la Sibérie où on hivernerait, L'année suivante ils espéraient continuer leur voyage jusqu’au détroit de Behring, accomplissant ainsi un important et intéressant voyage, tandis que dans le printemps une partie de traîneaux, équipés d'après le système de Mac Clintock,accomplirait des voyages d'exploration et ferait des découvertes géographiques le long des côtes inconnues de la Terre de Wrangell.

Le Tégéthoff quitta Bremerhafen le 13 juin, et tout ses préparatifs étant achevés, il sortit du port de Tromse@ le 14 juillet 1872, avec le capitaine Carlsen pour pilote. Ils rencontrèrent, pour la première fois, la glace par une latitude de 74°45’ nord, et le 29, on vit la côte de Novaïa-Zemlia. Là, le navire fut bloqué par la glace, mais on mit la machine sous vapeur, et après des assauts répétés le navire se rendit libre et atteignit un chenal d’eau d'environ 20 milles de large au nord du détroit de Matochkine. On rencontra beaucoup de glaces les jours suivants, et le 42 août, l’Ishjorn rejoignit le Tégéthoff avec le comte Wilczek et ses compagnons à bord. Le 43, les deux

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navires jetèrent l’ancre à deux longueurs de câble du rivage par .une latitude de 76°30’ nord, et le 148 fut un jour de fête, étant l’anniversaire de la naissance de l’empereur. On mit des couverts pour douze personnes et le menu comprenait une cuisse de renne, des steaks d'ours, six bouteilles de vin de la Moselle, six de vin de Hongrie, six de Champagne et un grand gâteau de Noël. Tous les jours on faisait trois ou quatre excursions en traîneau dans l'île voisine et on revenait avec quantité de bois à brûler, de spécimens géologiques et botaniques et de dépouilles de la chasse. Le 93, le vent du nord se mit à souffler avec une grande force et la glace nouvelle commença à se former. Les deux navires se séparèrent. Le Tégéthoff se dirigea vers le nord pour son vaillant voyage de découverte, tandis que l’/sbjorn essayait de pousser au sud le long de la côte. Ce dernier passa Kostin-Shar le 26, et quand il atteignit l'embouchure de la Petchora, le comte Wilczek et ses amis abondonnèrent le navire qui retourna à Tromseæ, et ils remontèrent la Petchora dans de petits bateaux, atteignant finalement Perm et retournant chez eux par Moscou.

Les observations géologiques de M. Hæfer l’amenèrent à rattacher Novaïa-Zemlia au système de l'Oural. On fit aussi avec soin des observations météorologiques et une collection de cent cinquante vues photographiques.

La saison de 1872 fut exceptionnellement rigoureuse, et l’on rencontra de grandes quantités de glaces là où, dans des saisons plus favorables, la

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mer avait été libre de tout obstacle. Cependant le capitaine Weyprecht et ses braves compagnons étaient pleins d'espérance et ils comptaient pouvoir avancer dans la direction de l'est de façon à hiverner près du cap Tchéliouskine, le promontoire le plus septentrional de la Sibérie. Le comte Wilczek vit pour la dernière fois le Tégéthoff, le 23 août 1872, se frayant un chemin à l’aide de la vapeur autour de la côte septentrionale de Novaïa-Zemlia. Mais le navire fut bloqué presque immédiament après et ne put jamais se débarrasser de la glace. Les événements des deux années suivantes seront mieux décrites dans les paroles du lieutenant Payer; les voici :

« Notre position était assez misérable; le 13 octobre, elle devint morne à l'extrême. Ce jour-là lafléthargie dans laquelle tout autour de nous avait été si longtemps enseveli fut remplacée par une vive agitation et dès ce moment nous fûmes exposés à la pression violente de la glace. Bien des fois nous dûmes nous préparer à nous sauver au cas où le navire coulerait et tout cela au milieu de la nuit polaire et sans savoir où chercher notre salut. Notre navire néanmoins résista bravement à la pression, bien que le glaçon sur lequel il était fixé eût été soulevé par d’autres, de sorte que son arrière était levé et qu’il était forcé de reposer sur son côté de bâbord.

« Pendant ce temps, on avait fait des préparatifs pour l’hivernage. Le pont était couvert de neige; une tente s’étendait en avant du grand mât et un

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réparatifs de neige; nât et un

DE LA RÉGION INCONNUE 229 —— —— ———————— rempart de glace était fixé autour du navire. Ce rempart demandait à être réparé fréquemment à œuse du mouvement de la glace.

« On prenait un soin particulier à ne point laisgr l'équipage inactif. On mettait régulièrement des sntinelles, on prenait de l’exercice, et on tenait ue école. Le dimanche, les membres de l’expédi-

ion se réunissaient pour un simple mais expressif

grvice divin sous la tente; on lisait la Bible en italien à la lueur d’une lampe d'huile de baleine,

« On faisait régulièrement des observations métorologiques. Le lieutenant Brosch, l’aspirant Orel, k capitaine Carlsen, Lusina, Krisch se relevaient lun l’autre toutes les deux heures. L’incertitude de

Auotre situation rendait nécessaire d’avoir sans in-

krruption une sentinelle sur le pont, et de la sorte nous étions régulièrement instruits de l’approche des ours blancs dont la chair formait une addition inportante à notre régime. Néanmoins l’état sanikire à bord, pendant le premier hiver, laissa beauoup à désirer, de sorte que notre excellent chirurgen le D’ Kepes fut complément occupé. Le scorbut les affections des poumons firent leur apparition n dépit de toute précaution ; le premier était causé n partie par la congélation accidentelle de l’hubidité qui couvrait les murs de nos cabines et en hrtie par la dépression mentale due à notre polion critique. Celle-ci disparut seulement quand ous eûmes plus d'espérance dans l’avenir et quand

Be travail de l’été tint chacun complétement oc-

lupé.

« Notre petite provision de vin était réservée po l'usage des malades; le reste se contentait d'une ration journalière de vin artificiel, que nous prépa rions à bord avec de la glycérine, du sucre, de l'ex trait de viande, de l’acide tartrique, de l'alcool et de l’eau. Une petite planche, suspendue au-dessus d

je 1873 ieds, et mseveli er préc l'été.

F : Nos poêle de la cabine, nous donnait chaque semaine ur, cs ve peu de cresson et de chou pour les scorbutiquese, pa

Les chiens, dont le nombre à ce moment était rédri

balan sai à sept, étaient logés sur le pont dans des boîte: var PU

nies de paille. On les nourrissait, d’abord de viande à . de cheval séchée, et plus tard de la chair de phoqu@, glace et d'ours. fut détru « Le 28 octobre, le soleil disparut au-dessous d@s,, Noël. l'horizon pour ne plus se lever de cent neuf jours jour « Tous les oiseaux nous avaient quittéset pendant cin tout er longs mois d'hiver, nous fûmes obligés de bril, Lep

des lampes dans nos cabines.

« Pendant des semaines, il était presque impos sible de quitter le navire. La nuit polaire étais. qu rarement de cette clarté indescriptible qu'on sipéri remarquée à terre, que nous avions nous-mêmes eme marqués sur les côtes du Groënland. Toutes les foi. degré qu'un changement de température forçait l'étendus de-gtace à se briser, il sortait des fissures d'épaiss®, “ vapeurs qui non-seulement obscurcissaient enco | Le de ciel généralerrent couleur d'encre, mais qui rio même temps produisaient cetteimmense quantité; tou précipitation que nous expérimentâmes surtout penformé dant notre second hiver. Une belle neige tombes ca presque continuellement. Dans le cours de l'hiäimmer

pporta I ivait ve

eee ones DE.LA RÉGION INCONNUE 231

TN

1873-74, elle atteignit une hauteur de douze eds, et à l'arrivée du printemps, notre navire était mseveli dans la neige, bien que celle tombée l’hiprécédent eût presque entier disparu pendant j'été. ,

« Nos observations sur l’évaporation de la glace s ke la nuit polaire concordent avec les résultats obscorbutiques,. par Parry sur l'Ile Melville. Les vents se contrent était ré pnsaient l’un l’autre, aussi bien pour leur direcdes boîte: er" in que pour leur force.

ord de viande 4 Une hutte en charbon avait été construite sur air de phoqu®S, ace au cas où le navire serait perdu, mais elle it détruite par un mouvement de la glace le jour ke Noël. Nous nous regardâmes heureux de passer jour de Noël dans les cabines avec tranquillité, tout entiers à nos pensées de famille.

« Le premier jour de la première année ne nous pporta pas l’espoir de la délivrance. Le navire déiait vers le nord-est et même nous nous imagiions que nous pourrions être portés vers la côte de à Sibérie. Le destin néanmoins en avait ordonné

réservée po tentait d'une > nous prépa sucre, de l'ex » l'alcool et de au-dessus d e semaine ur

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ous-mêmes 'utrement, car après que nous eûmes traversé le Toutes les Es derré de longitude, le vent tourna et en consé- >rçait l'étendi wence sans plus d'espoir qu'auparavant, nous dériures d'épais@ines vers le nord-ouest.

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#7 'Le 16 février, le soleil reparut au-dessus de e, mais quié

“horizon, et le 25, la pression de ia glace qui nous nse quantiéSnit tourmentés jusque-là et nous avaitlittéralement es surtout Pnfermés dans un mur de montagnes escarpées de neige tomb ace, céssa d’une façon aussi brusque qu’elle avait ours de l'hiÉommencée. Le froid continua à être rigoureux; la

température moyenne de février fut — 31° Fahren beit (— 35° centigrade), et vers la fin de mois ell atteignit son maximum — 51° Fahrenheit (— 46», I centigrade). Mais ce froid se supporte aisément, ca la cabine fourgit un moyen facile de se réchauffe et aussi plusieurs de nos hommes ne mettaient:il! leurs vêtements de fourrure qu’à contre-cœur, quan( ils étaient commandés sur le pont.

« Les aurores boréales dans leur ineffable beaut

illumirèrent le ciel pendant toute la durée dé

l'hiver, mais elles devinrent noins nombreuses : mesure que les jours augmentèrent. Elles parais saient généralement au sud et c’est rarement qu'ot voyait plus d’une couronne la même nuit. Après l commencement d'octobre, elles furent la seule inci tation que nous reçûmes de l'extérieur. Comme dé puissants fleuves, elles traversaient impétueusemen le ciel, queiquefois de l’ouest à l'est, d’autres foi dans une direction contraire et la couronne s'éva nouissait aussi rapidement qu’elle paraissait. Elle étaient dans leur intensité de huit à dix heures dt soir et leur apparition n’était jamais suivie de brui Les plus magnifiques d’entre elles furent générale ment des signes avant-coureurs du mauvais temps

« Les aurores et les phénomènes magnétiques Î rent observés par le capitaine Weyprecht, qui el publiera les résultats.

« Dans l'été de 1873, nous vimes renaître nolré espoir de voir bientôt se briser notre glaçon, ce q eût été notre délivrance. Dans le courant de l'éll nous observâmes une température maximum {

l'évapor du sole:

fagues, dont la au-dess!

chaotiql « Ai

ns

+459, 5 Fahrenheit (+ 7°, 5 centigrade). Le thermomètre à cuvette noircie indiquait occasionnelle- Ementune chaleur solaire de+ 113 Fahrenheit (+ 45° Lentigrade) et dans de semblables jours, quand il n'y avait pas de vent, nous éprouvions une sensation iritante de chaleur. La température moyenne de l'année précédente avait été de + 2%, 75 Fahrenheit (—-16°, 25 centigrade). Notre espoir reposait sur l'évaporation de la glace causée par l'effet puissant du soleil et sur sa destruction par les vents et les gagues, Mais non point sur son dégel dans une mer dont la température à la surface ne s’élevait jamais au-dessus du point de congélation. La conversion iprogressive de la glace de la surface en fange se manifestait à nous de jour en jour. Les rochers et lks murs de glaces s’écroulèrent et s’évaporèrent jusqu’à ce que la mer qui nous entourait fut presque entièrement couverte d’une couche épaisse et chaotique de fange.

« Ainsi encouragés, nous fimes de nouveaux eorts pour regagner notre liberté, et les mois de mai, de juin, de juillet et d’août, furent employés en tentatives futiles de scier la glace qui nous enlourait. Mais notre glaçon qui avait atteint une épaisseur de quarante pieds, par le fait de l’accumulation d’autres glaçons sous lui, rendit tous nos efborts infructueux. Le centre de notre navire et la partie qui était élevée à l’arrière, restèrent inébran-

31° Fahren de mois el eit (— 46°, 1!

aisément, ca se réchauffe mettaient-il e-cœur, quan(

effable beaut la durée dé nombreuses } Elles parais rement qu'of nuit. Après lé t la seule inci ur. Comme à ipétueusemen , d’autres foi ouronne s'éva iraissait. Elle dix heures di suivie de brui rent générale auvais temps agnétiques Î precht, qui el

renaître notré

eo lblement fixés sur le glaçon. La glace environnante urant de et la neige ayant fondu et s'étant évaporées à la maximum

profondeur de 12 à 18 pieds, nous nous trouvâmes

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fixés à une hauteur considérable, au-dessus du ni- -veau général, et nous dûmes prévenir le danger de chavirer, en supportant nos mâts avec de fortes

bigues. Je dois dire que notre glaçon variait consi-

dérablement d’étendue, de temps à autre. Pendant, ou le dernier hiver, il se brisait presque journellement u brui et gelait ensuite immédiatement. A l’époque où i que

nous parlons (août 1873), il avait de 5 à 7 milles de diamètre.

« En juillet, les vents du nord nous poussèrent au sud jusqu’à une latitude de 79°, mais la mois d’août nous vit dériver de nouveau vers le nord, Je dois dire nettement que rien ne justifia, pour nous, l'opinion que ces mouvements de dérive fussent à aucune époque dûs à des courants océaniques. Les vents seuls les causaient, et la cessation du vent amenait la cessation dans le mouvement de la glace. Je fus frappé par ces particularités, que la direction vers laquelle nous dérivâmes était toujours celle où nous poussait le vent, et que notrek navire avait pivoté seulement la valeur d’un degré en azimuth, pendant les quatre mois précédent de l'hiver, Dans le courant de l'été de 1873, comme nous étions par environ 79° de latitude nord et 61° de longitude est, nous dérivâmes sur un ban £tendu et nos sondages qui avaient varié jusque-là entre 400 et 275 hrasses, devinrent beaucoup moitdres.

« La température de la mer fut mesurée à différentes profondeurs, et l'emploi de l'appareil dragueur nous donna une petite collection zoologique, don

-dessus du ni-

variait consiutre. Pendant journellement l’époque où e 5 à 7 milles

us poussèrent , Mais le mois ers le nord, Je fia, pour nous, érive fussént À céaniques. Les sation du vent

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us ne pûmes apporter en Europe qu'une partie. bn fit cependant des dessins de quelques-uns des pécimens que nous dûmes abandonner.

« Notre espoir que la glace se briserait diminuait k jour en jour, bien que nous entendîmes souvent bruit désagréable de la glace qui se désagrége, tque de sombres raies à l’horizon indiquassent «istence de larges fissures. Nous étions dejà résinés à la nécessité de passer un second hiver aussi actifs et aussi périlleux que le premier, quand sur- Attout à coup un changement en notre faveur,

«Nous avions jusque-là été poussés dans une

ie de la mer Arctique, qui n'avait pas encore été sitée, mais bien que nous fussions au guet, nus avions pas encore pu découvrir aucune terre.

fut donc un événement de réelle importance, uand, le 31 août, nous fûümes surpris par l’appailion soudaine d’une contrée montagneuse, environ imilles au nord, que le brouillard avait jusque-là achée à notre vue.

«À ce moment, toutes nos anxiétés passées furent tubliées, nous voulions nous hâter vers la terre, ntant bien pourtant que nous ne pourrions aller u delà de la lisière de notre glaçon. Pendant des mois nous eûmes à subir le tourment de Tantale. Près de nous, et en réalité presque à notre portée, étendait une nouvelle terre polaire, riche en promesses de découverte, et pourtant, comme nous déions à ls. merci des vents, et comme nous étions atourés de larges fissures, nos ne pouvions en

approcher,

Lac 7 nés

« Enfin, vers la fin d'octobre, nous approchäme à 3 milles de distance d’une des îles, au large de] masse principale de la terre. Tout autre considéra tion fut maintenant abandonnée, et, nous frayar un chemin sur la glace pleine d’aspérités et d’obs tacles, nous plaçâmes pour la première fois not pied sur la terre, par une latitude de 79° 54 nor La glace qui couvrait la mer au contact du rivage avait seulement un pied d'épaisseur, et il étai clair qu’un chenal d’eau libre avait existé périodi quement, pendant l’été précédent. On peut à pein s’'imaginer une île plus désolée que celle que nou atteignîimes, car la neige et la glace couvraient se pentes gelées et remplies de débris. Mais, pour nous elle avait une telle importance, que nous lu donnâmes le nom de comte Wilczek, le promoteu de notre expédition.

« Le soleil nous avait abandonnés pour la seconde fois, le 22 octobre, mais nous profitâmes de quel ques heures de crépuscule qui nous étaient encoré octroyées pour une semaine, pour faire quelque excursions à une distance de 10 milles du vaisseau sans pouvoir cependant augmenter notre connais sance de ce nouveau pays. Étaient-ce seulement les caps méridionaux d’îles de peu d’étendue, ouu pays de grande étendue, que nous avions devanl nous ? Nous n’étions pas non plus en état de dis tinguer si les masses blanches are nous voyons s les hauteurs, entre les sommets des montagnes, étaient des glaciers, oui ou non.

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it pour le moment impossible toute tentative bbservation, et nous craignions que des vents du md ne vinssent nous faire dériver de notre posin actuelle, avant que l'approche du printemps us permit de commencer nos voyages d’explorans, En même temps, notre position n’était nullent sûre. Des vents du sud-ouest nous avaient jussés près delaterre, et pendant la première moitié xtobre, nous souffrimes encore sérieusement de pression de la glace. Notre glaçon volait en moraux, et il semblait presque que nous dussions xoir un jour d'inquiétude, semblable à celui que us avions déjà traversé. En présence de cette meke, nous primes les mêmes mesures de précauque nous avions prises pendant l'hiver précént, et nous étions prêts à quitter le navire en un sant, La fortune, néanmoins, ne nous abandonna et nous pûmes passer notre seconde nuit poire, longue de cent ving-cinq jours, sans souffrir les reurs de la première. Nous n’eûmes pas à subir nouvelles pressions de la glace, et notre navire as port, fixé sur son glaçon, et entouré pour la mière fois d'icebergs, demeura immobile tout ire la lisière extérieure de la banquise, et à une fance de 3 milles de la côte la plus voisine.

«Cette position nous permettait d'envisager l’ahir avec une certaine assurance. Elle rendait re existence plus supportable, et permettait à

S approchâme , au large de] tre considér:

t, nous frayar rités et d’obs mière fois not le 79° 54 nord tact du rivage ur, et il étai existé périodi Dn peut à pein celle que nou > couvraient 56 ais, pour nous que nous li k, le promoteu

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nous voyons SEtyprecht, Brosch et Orel, de déterminer les élédes montagnints magnétiques, avec un degré plus élevé

tactitude. De plus, Orel détermina la position uit polaire rel

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astronomique de nos quartiers d'hiver, qu'il trou être 79° 51’ de latitude nord et 58° 56 de longitud est. Pendant l'hiver de 1873-74, il tomba beaucow plus de neige que pendant le précédent, et pendan plusieurs jours, les vents du nord apportèrent de tourbillons de neige. La nuit polaire était si pro fonde que nous pouvions à peine distinguer la n

‘ du jour, et que nous fûmes enveloppés d’obscurit pendant des semaines. Le jour de Noël fut céléb dans une maison de neige, bâtie sur notre glaçor En janvier, le froid revint, extrémement rigoure et le mercure resta gelé pendant plus d'une se maine. La neige était aussi dure que la pierre poncs et sa surface était granuleuse. Le pétrole, dans le lampes de verre sous la tente, gela, les lampes sé teignirent, et notre cognac même fut transformn en une masse solide.

« Les visites d’ours étaient aussi fréquent qu'elles l’avaient été aux autres saisons de l’année Îls venaient tout près du navire et on les tuait pi de véritables volées tirées du pont. Les ours ici sui certainement beaucoup moins féroces que ceuxqi nous avions rencontrés dans l’est du Groënland,( ils nous attaquaient fréquemment et une fois el portèrent un hommehors du navire. Ici, ils prenaief généralement la fuite à notre apparition. Quant la question controversée de savoir si les ours pi sent l'hiver dans le sommeil, ou non, nous obsf vâmes que, parmi le plus grand nombre des ot tués par nous pendant ces deux hivers, il n'y 4" pas une seule femelle, et pendant notre secon

er, qu’il trouvémédition en traîneau, au printemps de 1874, nous

6’ de longitud(

n cône de neige au pied d’un rocher,et qui était ubité par une ourse, et ses petits. Dans nos rencones avec les ours nous trouvâmes plus avantageux bfaire feu après qu’ils s'étaient approchés à une tance de cinquante à quatre-vingt pas.

“La chair des soixante-sept ours blancs que sustuâmes, formant un total d’environ 42,000 lis, se montra le remède le plus efficace contre ent rigoureudk scorbut dont plusieurs de nos hommes souffraient plus d'une s@ nouveau ; les soins de notre chirurgien, aussi la pierre ponc@len que la réaparition du soleil le 24 février, sauétrole, dans ldirent la plupart de nos malades de souffrances , les lampes s'érolongées, mais comme notre provision de médefut transfornnes se trouvait très-réduite, un troisième hiver rait certainement eu les résultats les plus défaussi fréquentiinbles. Cette considération, jointe à la certisons de l’annéeie que notre navire était indissolublement fixé à on les tuait pain glaçon, qui dans l’été suivant dériveraitencore Les ours ici sh merci des vents, aussi bien que le danger de ces que ceuxquhrirer à la fonte de la neige, nous amena à la lu Groënland, Solution d'abandonner le navire vers la fin de et une fois muet d'essayer de revenir en Europe au moyen . Ici, ils prenaie@enos bateaux et de nos traîneaux. L'intervalle dearition. Quant Bit être consacré à une exploration du pays dans si les ours pit expédition en traîneau et l’heureuse issue de on, nous obst@ite expédition devait, pour une forte part, être ombre des cuandonnée au hasard. Car si le navire avait dérivé vers, il n'y andant l'absence des explorateurs, ceux-ci au-

t notre seconhient été exposés à un désastre certain et l'équi-

fcouvrimes un trou en forme de souterrain, dans .

page resté à bord aurait été considérablement af. faibli. Mais l'exploration du pays qui :s’étendait devant nous, comme pour nous inviter à le visiter, fut regardée comme valant bien ce risque.

« Mars était arrivé, et bien que le froid fût encore rigoureux et que le temps ne fût nullement favora. ble, la nécessité de tirer le meilleur parti du court espace de temps qui nous restait, nous décida à entreprendre notre première expédition en trai. neau. Le 10 mars, les Tyroliens Haller et Klotz, les matelots Cattarinitch, Lettis, Pospischill et Lukinovitch, trois chiens et moi, nous quittâmes k Tégéthoff avec notre traîneau. Nous voyageämes dans une direction nord-ouest, le long dela côte de la grande Ile de Hall, fimes l’ascension des caps Tegethoff et Mac Clintock, hauts de 2,500 pieds et nous traversâämes le pittoresque fiord de Nordenskiœld, dont l’intérieur se termine parle gigantes que mur de glace du glacier de Sonklar.

La terre, devant nous paraissait entièrement dé. pourvue de vie, d'immenses glaciers s’offraient À nos regards entre les montagnes désolées qui s’él vaient hardiment en cônes et en plateaux escar pés de dolérite. Chaque objet autour de nous étal couvert d’un manteau d’une blancheur éblouissanté et les rangées de colonnes des terrasses syméti ques de la montagne semblaient comme incrustés de sucre. Nous ne pûmes en aucune circonstant voir la couleur naturelle du rocher comme ä Groënland, ‘au Spitzherg et à Novaïa-Zemlia. C4 tenait à l'immense précipitation et à l'humidité

l'air qui se condensait comme il arrivait en contact avec la froide surface des rochers. Bien plus, l'extrême humidité de l’air nous faisait souvent surfaire les distances, ce qui est tout à fait contraire à l'expérience des régions arctiques. Les jours parfaitement clairs étaient extrèémemt rares.

. « Le froid, pendant ce voyage, fut très-grand et atteignit une fois 58° Fahrenheïit (— 50° centig.) ; à bord du navire il était de — 46°, 25 Fahr.(— 43°, 47 centig.). Nous étions forcés de prendre les plus grandes précautions, notre repos nocturne sous la tente était troublé, et notre traversée du glacier de Sonkar par une légère brise fut extréèmement pénible. Nos vêtements étaient aussi roides qu'une cotte de maille, et même notre rhum, fort comme il était, semblait avoir perdu sa force et sa fluidité. Nous : dormions dans des vêtements de fourrure, mais par le giga Lndant le jour nous trouvions que les vêtements nklar. faits de peau d'oiseau étaient les plus propres à entièrement ÉD résister à la rigueur du climat. Malgré toutes nos rs s’offraient « précautions, nous souffrions néanmoins beaucoup ssolées qui SEE des gelures, contre lesquels un mélange d’iode et plateaux SE Ge collodion se montra très-efficace. ar de nous EEE « Immédiatement après notre retour au navire, eur éblousS EE L 46 mars, nous nous mimes à faire des prépararasses symêir üfs pour une seconde expédition en traîneau, qui )mme incrustéa devait durer trente jours, et être consacrée à une ne circonstanà expéploration de la Terre du Nord. cher comme" «Bientôt sprès, un denos compagnons, M.Krisch, ia-Zemlia. " l mécanicien, succomba à une tuberculose des à l'humidité poumons, traînée en langueur et aggravée par le

s voyageimes ong de la côte nsion des caps 2,800 pieds el d de Nordens-

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———— Tr en

scorbut. Le 19, nous l’enterrâmes dans unlieu solitaire, entouré de colonnes de basalte, et nous élevâmes une croix de bois sur sa tombe (1).

« Le 24 mars, nous partimes pour le Nord. Notre troupe comprenait M. Orel, les deux Tyroliens, trois matelots, Zaninovitch, Sussitch, Lukinovitch et moi. Nous portions tous des lunettes contre la neige, des œillères, des masques couvrant la moitié de la figure, des gants en laine tricotée, et des bottes en toile à voile. Nous étions armés de fusils Lefaucheux à deux coups, et d’un calibre de douze millimètres, avec des balles explosibles et des projectiles à pointe d’acier. En préparant notre expédition, nous suivimes explicitement les conseils donnés par l'amiral Sir Léopold Mac Clintock, et l’heureuse issue de notre expédition est due en grande partie à cette circonstance.

Notre attelage de chiens n’était malheureusement plus complet, et seulement trois d’entre eux nous aidèrent en tirant le grand traîneau qui portait des

(1) Otto Krisch était né le 13 juin 1844 à Patschlavitz en Moravie; c'était donc un Slave, mais d’une autre branche de la famille slave que les Dalmates qui formaient la majorité de l'équipage du Tégéthoff. Le capitaine Weyprecht a donné R sur lui ce bienveillant témoignage : « C'était un brave intelligent mécanicien en qui je pouvais avoir la plus entière con fiance. » M. Weyprecht a rapporté et l’on a publié à Vienne le journal où Krisch consignait ses observations et ses notes quotidiennes. À côté de quelques observations scientifiques, on y trouve d'intéressants détails sur la vie de l'équipage, € sur les amusements par lesquels on tàchait d’abréger la longué nuit polaire. Le produit de la vente de ce petit volume est destiné à élever un monument à Krisch au lieu de sa nais sance. (TRAD.)

notre expéles conseils Clintock, et n est due en

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provisions du poids de seize quintaux, les autres chiens étaient ou morts, ou incapables de rendre un service ; mais les trois restants, étant de puissants animaux, se montrèrent de précieux auxiliaires.

La température pendant ce voyage, contrairement à notre attente, ne tomba pas au dessous de + 26°, 50 Fahrenheit (-- 2° 05 centig.), mais les ouragans de neige, l'humidité, louverture de fissures dans la glace et l’inondation de notre chemin par la mer, nous donnèrent beaucoup d’ennui.

« Le résultat de ce voyage ne peut être pleinement apprécié qu'en se référant à des cartes et à des dessins; aussi, anticipant sur l’ordre chronologique de nos découvertes, dirons-nous de suite que la terre récemment découverte égale le Spitzberg en étendue et consiste en puissantes masses de terres, la Terre de Wilezek à l’est, et la Terre de Zichy à l'ouest, qui sont entrecoupées par de nombreux fiords, et auxquelles un grand nombre d'îles forment une ceinture.

« Un large détroit, le détroit d'Autriche, sépare ces masses de terre. Il s'étend au nord du cap Hansa, vers une latitude de 82° nord, où le détroit de Rawlinson forme une bifurcation et se dirige vers le nord-est. Nous pûmes suivre des yeux ce dernier détroit jusqu’au cap de Bude-Pest.

« La marée s'élève d'environ 2 pieds dans le détroit d'Autriche, mais elle n’y exerce qu'une mince influence, faisant seulement briser la glace près des côtes. La dolérite est le principal rocher; ses larges nappes horizontales et ses plateaux es-

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carpés, qui rappellent les ambas de l’Abyssinie, don. ‘nent au pays une physionomie particulière. Ces traits géologiques coïncident avec ceux de quelques parties du nord-est du Groënland. On trouve dans les deux un grès tertiaire carbonifère, mais on n'y a découvert que de minces filons de charbon brun, D'autre part, on ne rencontre pas dans la Terre de François-Joseph ces rochers amygdaloïdes, qui sont si fréquents dans le nord-est du Groënland; et tandis que les rochers au sud étaient souvent aphanitiques dans leur texture, et ressemblaient à du vrai basalte, ceux du nord avaient un grain grossier et contenaient de la néphéline.

« C’est un fait établi que des parties du nord-est du Groënland, de Novaïa-Zemlia et de la Sibérie, ont été lentement soulevées, et il était par conséquent très-intéressant de rencontrer le long des côtes du détroit d'Autriche des rives soulevées qui indiquaient qu’un semblable soulèvement avait également eu lieu ici.

« Les montagnes, en général, atteignent une hauteur de 2 à 3,000 pieds, et c’est seulement vers le sud-ouest qu’elles semblent atteindre une altitude de 5,000 pieds. Les dépressions étendues entre les chaînes de montagnes, sont couvertes de ces glaciers aux formes gigantesques, qu’on rencontre seulement dans les régions arctiques. Nous ne pûmes que dans quelques cas déterminer par des mesures directes le mouvement quotidien des glaciers. Sur la côte, leurs murs forment ordinairement des précipices haut de 100 à 200 pieds; le gla-

grossier et

du nord-est la Sibérie, par conséle long des oulevées qui ment avait

ent une haunent vers le une altitude 1es entre les de ces glan rencontre s,. Nous ne ner par des ien des glat ordinaireieds ; le gla-

nes

cier de Dove, sur la terre de Wilczeck est, sans contredit, un des plus considérables des régions arctiques.

« Les glaciers [que nous visitâmes étaient caractérisés par leur couleur d’un bleu verdâtre, le petit nombre de leurs crevasses, une glace d’un grain extraordinairement grossier, le peu de développement des moraines, la lenteur de leurs mouvements et l'épaisseur considérable des couches annuelles. Le névé, ou région glaciale au-dessus de la ligne de la neige, était beaucoup moins élevé au-dessus de la mer qu’au Groënland ou au Spitzberg.

« Une autre particularité qui caractérise les îles basses du détroit d'Autriche, est qu’elles sont couvertes d’une calotte de glace.

« La végétation est bien plus pauvre que celle du Groënland, du Spitzberg et de Novaïa-Zemlia, et, si l’on excepte la région antarctique, il n’y a pas de pays sur la surface de la terre qui soit plus pauvre à cet égard. La physionomie spéciale de la flore (mais non celle de l’espèce), ressemble à celle qu’on rencontre dans les Alpes à des altitudes de 9,000 à 10,000 pieds. La saison pendant laquelle nous visitâmes le pays était certainement celle danslaquelle la vie végétale fait son apparition ; et la plupart des pentes étaient encore couvertes de neige; même les points les plus favorisés près du niveau de la mer, que la neige ne recouvrait plus, ne pouvaient nous amener à une conclusion différente. En ces éndroits, nous rencontrâmes rarement autre chose que de pauvres et solitaires bovquets de gazons,

quelques espèces de saxifrages et de silene acaulis, On trouvait en plus grande abondance d’épais tapis de mousse et de lichen, et ce qui abondaït le plus était un lichen, l’hivernale l/mbilicaris arctica.

Du bois de dérive, la plupart du temps de date déjà ancienne, se rencontrait en maïnte occasion, mais seulement en petitequantité. Nous vimes une fois, gisant à peine plus haut que Îa ligne de l’eau, le tronc d’un mélèze, d'environ 4 pied d'épaisseur et 10 de longueur. Le bois de dérive avait probablement, comme notre vaisseau, été porté dans ces latitudes, selon toute probabilité, de Sibérie, et par les vents, non par les courants.

« Le pays, comme on peut bien le supposer, n'a aucun habitant humain, et dans sa partie méridionaie on rencontre à peine un autre animal que l'ours blanc.

« Mainte partie du pays nouvellement découvert est d’une beauté extraordinaire, bien qu'il porte en tout le cachet de la sévérité arctique.

« Notre premier voyage en traîneau, aussi bien que ceux que nous fimes subséquemment, nous convainquirent de la dificulté qu'une expédition à venir aurait à rencontrer un port où hiverner, aucune localité propice à ce but n'ayant été rencontrée par nous.

« Ça toujours été une règle des explorateurs arctiques d’honorer les promoteurs de leurs expéditions ou leurs prédécesseurs, en donnant à leurs découvertes le nom de ceux-ci. Les contrées découvertes ne peuvent jamais acquérir une importance

occasion, vimes une e de l’eau, d'épaisseur

it découvert x’il porte en

, aussi bien ment, nous xpédition à iverner, auété rencon-

explorateurs leurs exptnant à leurs trées découimportance

commerciale, et la seule façon dont je puisse exprimer ma gratitude à ceux qui nous ont fourni le moyen d'accomplir cette expédition avec succès, était d’attacher leurs noms aux régions écouvertes. Le nom de Sa Majesté Impériale François-Joseph fut ensuite donné à l'ensemble des régions découvertes par nous, et d’autres noms à ses différentes parties.

« Le brouillard qui était généralement suspendu au-dessus de la glace nous aurait empêché de suivre des yeux la direction que suit au nord le détroit d'Autriche, sinous n'avions souvent fait l'ascension dehautes montagnes. L’ascension des caps Koldewey (80° 45°), de Franckfort (80° 25’), Ritter (80° 45”), Kane (84° 40°), et Flegely (82° 5’), nous permit d'examiner la région environnante, et de choisir la route la plus convenable à suivre.

« Un espace ininterrompu de glace, avec de nombreux icebergs répandus à sa surface, s’étendait d'une côte à l’autre. Ce champ était évidemment de formation récente; de nombreuses pierres et des barrières formées de hummocks, le traversaient en maint endroit, et formaient devant nos pas de sérieux obstacles que nous ne pouvions surmonter que par une grande dépense de temps et de labeur. Notre route nous mena à travers cette étendue de glace, et, partant du cap de Francfort au portail du

détroit d'Autriche, il nous mena à travers des ré-

gons dont notre premier voyage en traîneau ne nous avait rien appris. Supprimant pour le moment

tous les détails relatifs à notre voyage, il suffit de

es

dire que nous traversâmes le 80° degré de latitude plus m le 26 mars, atteignimes la latitude de 84° le 3 avril, isier et observämes cinq jours après la latitude de 84° 37°, péri ur L'expédition de Hall avait atteint l’année précédente plier 82° 9’ nord par terre, et 82° 26° par mer. ue qu « Au sud-est de la Terre du Prince Rodolphe, mi. nous tournâmes dans le vaste détroit de Rawlinson, qui promettait de nous mener presque dr'i:# au nord, mais nous nous trouvâmes bientôt embur- # to rassés dans une masse chaotique de glace qui,à cause de sa hauteur, nous empêchait de voir la terre et à travers laquelle nous ne pûmes nous frayer un chemin qu’au prix des plus grands efforts. En outre,le peu d'intensité horizontale de la boussole, bien naturelle dans une si haute latitude, nous fi. à la plus d'une fois perdre notre chemin ; et, comme. $; vous trouvions que les montagnes de glace dev, naïent plus formidables à mesure que nous avan-,.,, cions, nous changeâmes de direction et retournd nent, ét mes au détroit d'Autriche. Nous rencontrâmes sou féchapr vent des ours blancs dans le détroit de Rawlinson Ils venaient vers nous dès qu'ils nous voyaient ex) rl offraient une proie aisée à nos fusils. E mille « La diminution de nos provisions et le manques, |, de temps rendirent nécessaires les marches forcée bordes et nous obligèrent à diviser notre bande. Le grandhe,,, l'ho traîneau, avec Haller et quatre autres, fut laissé ed. | amarré à une latitude de 81°38’ sous un rocher 4, jour s l’île de Hohenlohe, tandis qu'Orel, Zaninovitch ee... moi, avec le traîneau de chiens et la moitié de L ndon tente, continuâmes le voyage. Le traîneau n'étai

Bile oue

de latitude pus maintenant traîné que par deux chiens, le 1° le 3 avril M iwisième, un chien de rennes de Lapouie, ayant le de 81° 37. éri un peu auparavant dans un ouragan de neige. e précédente Æ aller avait l’ordre d’attendre notre retour pendant ”. we quinzaine, et alors de rejoindre le navire de e Rodolphe sn mieux. é

de Rawlin-Æ 4 Notre premier but était de traverser la Terre du resque drŸ Mrince Rodolphe en nous dirigeant vers le nord, entôt embur-Éiwla nous obligeait à travecser un glacier étendu, glace qui, à} glacier de Middendorf : notre expérience passée it de voir lle grand froid nous permettaient de croire l’ens nous frayer RS ieprise possible, et nous nous mîmes aussitôt à s efforts. En}ouvre. Après avoir laborieusement cheminé le la boussole, ing du rocher qui termine le glacier, nous réusstude, nous Ds à la fin à gagner sa surface, mais à peine avions- 5 et, COMM fait une centaine de pas qu’une immence cre- > glace devt-Mye engloutit Zaninovitch, les chiens et le e nous aVä1-Minineau lourdement chargé. M. Orel, heureuseet retourné nt, était resté à quelque distance de nous, et ntràmes SOUS échappai à un destin semblable en coupant ene RawWlinSO!irement mon harnais. Ne pouvant seul rémédier s voyaient ei l'accident, je courus à l'ile de Hohenlohe, à milles de distance, d’où je revins promptement hec le reste de notre troupe. A l’aide de longues trdes, nous réussimes enfin à ramener à la surace l'homme, les chiens et le traîneau, et nous times la chance de pouvoir continuer notre voyage tjour suivant sans dégât grave. Les hommes reournèrent au dé»ôt, et notre petite troupe, ayant andonné la surface traîtresse du glacier, gagna la Ble ouest de l’île par un chemin détourné, le long

pt le manqué rches forcées de. Le grand , fut laissé el n rocher de aninovitch el moitié de là Lineau n'étai

250 LES ABORDS Don

men duquel nous nous dirigeâmes vers le nord, Là, nous DS jache,

fûmes les témoins du plus frappant changement Æ wûte dans l’aspect de la nature. Un ciel d’eau, de cou- « N leur sombre, faisait son apparition au nord; des DS pit u vapeurs jaunes et troubles se rassemblaïent sous le MS Ls deu soleil, la température s'élévait; le sol devenait doux BE jnnes sous nos pieds et des plaques de neige se brisaient RS L l’ear en grondant sous pas. Nous avions déjà observé le 4 Ce vol d'oiseaux venant du nord; ici nous trouvames ES p'une ] les rochers couverts de milliers d’alcæ (4), et d'au-RS jean 1i tres oiseaux. Ils s’enlevaient devant nous en trow perles. pes immenses et remplissaient l'air de leurs sifleR cel, et ments, car le temps de la ponte était arrivé. Nous soleil q rencontrions partout des traces d'ours, de renard ous s et de lièvres, et les phoques se reposaient pares-Æ june c seusement sur la glace. Nous étions en consé- hit ir quence justifiés à croire que l’eau libre était près dede du Prin nous; mais l’observation personnelle que nous pi jevens mes faire le jour suivant, après &voir gravi les ba ras fl teurs et que j'ai résumée dans une esquisse, n01%% 4 Le montra que notre confiant désir, relativement 4 en avan l’eau libre, ne s'était pas réalisé. jout à f

« Notre chemin, dès ce moment, fut loin d'été auco sûr. Nous ne voyagions plus sur de la vieille gl mètre 1 mais sur upe croûte de glace nouvelle, épaisse : tigrade) APE peine de 4 pied ou 2, couverte de sel, flexible ne | 1

“EN traversée de véritables murs formés de fragmen @ ous ve À provenant de fractures récentes de la glace. sur la d « Nous nous attachâmes à la corde, portant sépdlS pronc (t) Va | (1) Sorte de pingouins.

rd, Là, nous changement au, de cou- | nord; des aient sous le evenait doux se brisaient à observé le s trouvâmes (4), et d'aupus en trou” » leurs sifflearrivé. Nous , de renards saient paresjs en cons à était près de que nous pl gravi les hau >squisse, nous elativement à

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