‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 68 sur 90 · RS RE PE RO CE · texte numérisé non relu

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Nombre des hommes 1,878,

Nombre des décès

Proportions des décès pour cent : 4,7

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D NN ue M DE LA RÉGION INCONNUE 279

Assez parlé des dangers provenant du climat.

Mais on a dit que, quoique le climat soit salubre, la navigation est trop dangereuse pour des hommes de notre génération, La réponse à cela c'est que la baie de Baffin est actuellement naviguée par dix ou douze baleiniers et que, depuis l'introduction de la vapeur, il ne s’est produit aucun accident entrainant perte de vies, tandis que le petit Polaris, navire

{ nullement approprié à ce servicé, a remonté le

détroit de Smith en 1871 jusqu'à 82°14’ nord, et en est revenu. L'expédition de Sir Jean Franklin consistait en deux navires à voiles, avec une puissance auxiliaire de vapeur de nature très-imparfaite, et à cet égard, aussi bien qué relativement à l’équipement général et aux provisions, elle était bien en arrière de ce qu'une expédition arctique de nos jours a à son service. Des événements ultérieurs nous ont révélé que cette expédition a réussi à accomplir un des plus remarquables voyages arctiques que l'on connaisse, et que les explorateurs ont péri après avoir abandonné leurs navires, à un endroit près de l'entrée du Fleuve du Grand Poisson (Great Fish River), où ils auraient facilement pu être secourus si l’on avait eu la prévoyance nécessaire. Plus lard, l'expérience a montré que l’omission fatale qui amena la catastrophe fut de n'avoir pas préparé de dépôts convenables de provisions pour couvrir la rétraite des équipages, en cas du désastre des navires : mesure de précaution qui, depuis ce désastre, a toujours été prise avec succès dans les expéditions ultérieures.

La conclusion à tirer de l'expérience antérieure est qu'avec l'introduction de la vapeur dans les navires arctiques, et avec les progrès remarquables dans les procédés de ravitaillement, la navigation dans les mers polaires a été rendue relativement sans dangers, tandis qu’on peut écarter ces maladies dont les marins souffraient autrefois. Aussi, pendant la recherche de Franklin, officiers et matelots recherchaient-ils le service arctique comme l'emploi le plus populaire de la marine. Il n’y a nul doute que des exnéditions privées, sans discipline navale, insuffisamment équipées et imparfaitement approvisionnées, sont exposées à de grands dangers; mais il en serait de même dans les autres parties du monde. C’est pour cette raison que tousles officiers qui ont une expérience arctique, insistent sur la nécessité d’une expédition gouvernementale, avec des officiers et des matelots soumis à la discipline et au contrôle de la marine de l’État. M. Robeson, le secrétaire d’État pour la marine des États-Unis, abonde complétement dans ce sens. Dans son rapport au Président, après avoir examiné l’équipage sauvé du Polaris, il dit avec énergie « qu'il y a peu | de succès ou de sûreté dans toute expédition qu n’est pas organisée, poursuivie et contrôlée sous la sanction de la discipline militaire, »

Les dangers de la navigation arctique sont parfaitement compris, et les hommes qui les connaissent le mieux par une longue expérience sont les meilleures et vraiment les seules autorités sur leur nature. Sir George Back n’est pa: homme à deman-

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