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der qu’on expose ses camarades à des risques excessifs. Personne ne sait mieux quels sont ces risques que le brave officier, qui a lutté si longtemps avec la glace du Spitzberg, qui a souffert avec le fameux Franklin sur les terres désolées de l'Amérique arctique, et qui a hiverné dans la glace flottante. Des hommes comme Collinson, Ommaney, Richards, Mac Clintock, Sherard Osborn, Vesey Hamilton, George Nares, ne sont pas gens à donner un avis à la légère. Pourtant tous sont unanimes à penser qu'avec le secours des inventions modernes et de l'expérience des entreprises antérieures, il n’y a pas de danger excessif dans le service arctique, pourvu que l'expédition soit sous la discipline navale et sous le contrôle du gouvernement.
Je dois m’excuser auprès de mes lecteurs pour m'être arrêté aussi longtemps sur cette honte , obiection aux expéditions arctiques; mais on l'a sérieusement mise en avant et l’on doit présumer que, dans notre génération, il y a en Angleterre des personnes qu'elle pourrait influencer. À de telles personnes, s’il y en a, il faut répondre que, même si les dangers étaient tels qu’on les décrit, des Anglais les ont déjà affrontés, et qu'ils le feront encore. Ces marchands de dangers veulent bien que leurs compatriotes affrontent de plus grands périls pour leur procurer le confort et le luxe qu’ils demandent. Qu'on leur dise que la recherche de la science est un motif aussi bon de courir des dangers que la poursuite de ces objets de luxe. Les paroles du bon Sir Humphrey Gilbert, n'ont pas encore été
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regardées par ses compatriotes autrement que sages et vrales : « Celui-là ne mérite pas de vivre qui, par crainte et danger de mort, fuit le service de son paÿs où son propre honneut, puisque la mort est inévitable ét que la renommée de la vertu est immortelle ! »
À tout événement, qu'ils ne cherchent pas dés arguments dans l’histoire de / Érèbe et de la T'erreur(1), mais qu'ils lisent, en en tirant profit, cette noble lettre écrite en 1865 par la veuve du brave Franklin à Sir Rodérick Murchison :
« Mon cher Sir Roderick, bien que vous le sachiez sans aucun doute par quelques-uns de nos amis communs qui m'ont écrit au sujet de l'expédition
polaire, cependant je ne peux pas leur laisser à eux seuls le soin de vous dire avec quels profonds sentiments je sympathise avec l'effort qu'on se propose et avec quelle sincérité je souhaite le voir se réaliser. Pour le crédit et l'honneur de l’Angleterre, l'exploration du Pôle Nord ne doit pas être abandonnée à un autre pays.
« Je vous écris ces lignes parce que je ne veux pas que vous pensiez pussible que mon intérêt puisse faiblir en toute chose qui se rattache aux expéditions arctiques, et bien que d’abord de tristes souvenirs du passé me fassent sentir quelque peine de cœur au retour de cette question, j'a lutté contre cette faiblesse et je l'ai surmontée. Ce
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DE LA RÉGION INCONNUES 283 serait en vérité bien peu raisonnable ét bien regeltable, si le destin de mon cher mari et de ses compagnons devenait uné objection officielle à toute tuturé expédition arctique. {ls rencontrèrent, eux, a fin malheureuse qui frappe trop souvent les pionniers d'une entreprise nouvelle et dangereuse, mais Îls restent seuls dans leur terrible calamité, Chaque expédition qui leur a succédé est partie avec de mellleurs navires, un meilleur équ'pement, de meilleures cartes, de meilleurs appuis et avec des connaissances toujours acctues ; et ainsi est-il arrivé qu'aucun service naval sur la surface du globe montre, en moyenne, aussi peu d'accidents que le service dans la mer Polaire. Vous avez justement dit que « dans l'expédition qu’on se propose il n'y à tucun désastre à craindre, car elle n'a aucune aalogle avec le cas de Franklin. 5
ÿ JEANNE FRANELIN, »
La question de la dépénse était en vérité la seule qüé le gouvernement eût à considérer ; et d’abord il faut remarquer qu’une seule expédition est nécéssairé. Le fait que le second navire restera stalionné avec de faciles communications annuelles
aèc l'Angleterre, et d'autres précautions que l’on prendra, eéxcluent entièrement la possibilité qu'il soit nécessaire d'envoyer d’autres expéditions, même dans a combinaison des circonstances les plus improbables et les plus malheureuses. Cela peut se prouver et doit réduire au silence les grondeurs qui croassent à propos d'une expédition qui en amène-
284 LES ABORDS RE ‘ait une autre et encore une autre. En même temps un navire de dépêche devrait être envoyé, chaque été, pour maintenir les communications entre le navire et l’Angleterre et pour ramener les ma. lades.
11 faut seulement considérer les frais d’une expédition, consistant en deux steamers à hélice, avec soixante hommes chacun. Le voyage de Mac Clintock dans le Renard coûta 8,400 livres (210,000 fr. La tentative que Parry fit d'atteindre le Pôle, en 1827, coûta 9,900 livres (247,500 francs). Outre le coût primitif du ravire et de son équipement, l’expédition arctique de 1875 peut coûter de 40,000 à 50,000 livres (1,000,000 à 1,250,000 francs) une année, mais pour trois années ; et les navires, À leur retour, vaudront un bon prix. Si la solution du plus grand problème géographique qui reste à résoudre et l’acquisition de nombreux et importants résultats scientifiques n'avaient pas été estimés à la valeur d'une somme aussi peu importante, — dépense qui sera richement et abondamment remboursée, —- le caractère du peuple anglais, tel qu'il est représenté par son souvernement, eût été étrangement modifié. Il est certain que nos arcôtres auraient regardé comme de l'argent bien dépensé, une semblable somme donnée dans un semblable but. Il y a bonne raison de penser que lorsque la question aura été attentivement et com plétement examinée, l'opinion publique du pañ approuvera l'envoi d’une expédition arctique € s’accordera à reconnaître la convenance de dé-
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pnser la somme nécessaire pour un motif aussi utile et aussi important. Actuellement, en compremnt les frais du Challenger, la somme qu'on dépense pour la branche scientifique du service de la marine est misérablement insuffisante. Le tonnage btal de la marine marchande britannique en 1871-72 lait de 7,142,894; et la dépense totale pour la narine était de 7,807,946 livres (195,198,650 francs) H la dépense consacrée aux recherches était de 10,456 livres (1,759,400 francs). En d’autres termes h dépense totale de notre marine, par tonne de mrine marchande britannique, a été de 1 livre {shelling (27 francs 30 centimes), et la proportion ks dépenses de recherches scientifiques et de kver, a été par tonne de marine marchande brihurique de 2 pence (20 centimes), tandis que la proprtion de chaque 1,000 livres (25,000 francs) de la pense totale de notre marine employée la même inée en explorations et en levers, a été seulement le 9 livres (225 francs), soit moins de 4 9/0. Cela est c'est un état de choses qui a empiré l'année en année. Aux temps de Sir Francis Baring u de 4849 à1853, ia proportion de chaque 1,000 lires de dépenses navales, employées en exploraions et en levers, était en moyenne de 45 livres shellings (384 francs 25 centimes), et ce chiffre kvrait maintenant être aussi élevé; car, en temps ke paix, cet emploi est le plus utile que l’on puisse mplir. Ce ne serait donc pas trop d'espérer que lle proportion infiniment petite pourrait être igmentée d’une façon presque imperceptible, afin
286 LES ABORDS de pouvoir rendre le plus important et le plus pré. cieux dés services.
Nous allons voir. maintenant quels résultats on peut retirer d'une expédition arctique.
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