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CHAPITRE VIII

FAMILLE DES SARCOPTIDÉS

Cette famille, la plus nombreuse en espèces, est aussi la plus importante à connaître, parce qu'elle renferme la plupart des Acariens parasites des grands animaux et de l'homme et presque tous les Acariens psoriques, c'est-à-dire ceux qui causent les différentes variétés de gale.

Les Sarcoptidés sont des animalcules blanchâtres, quelquefois rosés, de grandeur variant entre 1/10 et 1 millimètre, à corps mou à l'état de larves, d'adultes et de nymphes normales, cuirassés chez quelques nymphes adventives ou hypopiales de quelques genres; sans yeux ni appareil respiratoire complet; à rostre pourvu

de mâchoires inermes souciées avec la languette de manière à former une lèvre inférieure demicylindrique en forme de cuiller sur laquelle glissent une paire de mandibules chéliformes, courtes, à mouvements alternatifs comme chez tous les autres acariens ; palpes maxillaires à trois articles cylindriques libres ou en partie soudés sur les cùlés de la base maxillo-labiale du rostre. Pattes à cinq articles disposées en deux groupes, l'un antérieur près du rostre, l'autre abdominal ; tarses terminés par un, rarement par deux ou plusieurs crochets inégaux, accompagnés ordinairement d'une caroncule vésiculeuse ou plus souvent d'une caroncule encloche formant une ventouse plus ou moins longuement pédiculée. Génération ovipare ; larve hexapode ayant le rostre et la forme générale des parents. Accroissement par mues successives ou mieux par métamorphoses dans lesquelles tous les organes se reforment à nouveau et se complètent successivement.

La famille des Sarcoptides se divise en trois tribus dont certaines se subdivisent encore en sous-tribus ; la première est celle des Tyroglyphinés, la seconde celle des Analgésinés avec la sous-tribu des Cyslicoles ; enfin la troisième tribu est celle des Sarcoptinés qui comprend des

Mégnin — Acariens parasites

FAMILLE DES SARCOPTIDES

Acariens tous psoriqucs, c'est-à-dire provoquant , par leur piqûre et l'inoculation d'une salive irritante le développement des maladies de peau contagieuses connues sous le nom de gales.

Tribu des Tyroglyphinés.

(Sarcoptides détriticoles)

La tribu des Tyroglyphinés comprend des Acariens qui ne sont jamais parasites, qui vivent sur des matières animales ou végétales en décomposition, sur les conserves alimentaires de l'homme ou des animaux domestiques, mais qu'il est cependant indispensable de bien connaître à cause des erreurs qu'ils ont souvent fait commettre et qu'ils feront certainement commettre encore à cause de leur ressemblance avec les Sarcoptides parasites ou psoriques, et parce que, soit les adultes soit les larves, peuveut se rencontrer dans les poussières cutanées des animaux, et môme dans les vêtements intimes de l'homme.

Les Tyroglyphinés ont le corps ovoïde ou subcylindrique à tégument lisse portant des poils lisses, barbelés, plumeux ou palmés ; pattes subégales et toujours complètes chez les adultes, les larves et les nymphes normales — ce qui

TRIBU DES TYROGLYPHINÉS

no

permet de les distinguer des Acariens psoriques chez lesquels les pattes postérieures, chez les femelles surtout, sont toutes plus ou moins avortées. — L'extrémité abdominale est généralement arrondie et lisse dans les deux sexes.

La Tribu des Tyroglyphinés comprend six genres qui ont les caractères différentiels suivants :

Me. avec Tentome. | y ^ At< copulatnees. )

| Carpoglyphus.

.ostre à mandibules)/-, , chélifères. I Cœpophagus.

Poils barbelés, plumeux ou palmés | Glyciphagus

l Mâles avec ventouses Targes h ] [caroncules j Mâles sans ventouses \ copulatrices.

Poils lisses ( [ Rostre à mandibules

Tarses

sans l Rostre à mandibules) car»ncules j transformées en une [ SerratOV. \ petite scie. )

Les Glyciphages ont été ainsi nommés parce que les premiers ont été rencontrés sur du vieux miel, sur des pruneaux dont ils mangeaient la matière sucrée. On en a distingué plusieurs espèces caractérisées par la longueur et la forme des poils : il y a le glyciphage des fou rrages (fîg.i5), le Glyciphagus cursor (fig. 16) à poils un peu plus longs finement barbelés ; le Glyciphagus spinipes à poils encore plus longs finement barbelés ainsi que les tarses. Le Glyciphagus plumiger à poils plumeux et le Glyciphagus palmiger à

poils ressemblant à des feuilles. Enfin nous avons reçu en communication pour la déterminer, une espèce de Glyciphages à poils courts, mais à téguments coriaces et bruns, dont plusieurs individus avaient été trouvés par un médecin de Bordeaux dans la cbemise de malades affectés de prurigo. Le rôle de ces derniers Acariens n'est pas encore positivement déterminé au moment où nous mettons sous presse; nous les croyons inoffensifs.

LesGlycipages abondant dans les caves, dans les selliers, dans les garde-manger, dans les fabriques de brosses, de boutons d'os, de poudre de viande, etc., et ont souvent causé des frayeurs injustifiées.

Fig. 15. — Glyciphagus fœni

Fia. 16. — Glyciphagus cursor A Femelle, face ventrale. — B la mémo, faeo dorsale. — C mâle. I) œuf. — E larve hexapode. — F Nymphe kystique. — G portion de peau très grossie. — H extrémité d'une patte. — 1 un poil.

FAMILLE DES SAnCOPTIDES

Les Tyroglypiies ressemblent aux précédents à première vue et pour la taille (ils ont au plus un demi-millimètre de long) — mais leurs poils sont lisses, ils ont une couleur un peu rosée, surtout aux pattes, sont moins agiles, et les mâles ont une paire de ventouses copulalrices près

Fiff. 17, — Tyroylyphus siro femelle

de la commissure postérieure de l'anus ; le corps est aussi divisé en deux par un sillon transversal tracé en arrière des pattes antérieures. Ils présentent la curieuse particularité de produire des nymphes adventives cuirassées que nous avons nommées hypopiales, qui sont des agents

TYROGLYPHES

de dissémination et de conservation de l'espèce, et que l'on trouve fréquemment attachées aux téguments de toutes sortes d'animaux, mammi-

Fiy, 18. — Croûte de fromage minée par les lyroglyphes

fères, reptiles, insectes, etc.; elles qui ont été pris ;ï tort par certains observateurs pour des Acariens psoriques.

FAMILLE DES SARCOPTIDKS

Le genre Tyroglyphus comprend plusieurs espèces. Le Tyroglyphus siro (fig. 1 7), le vulgaire Acarus du fromage, que connaissait déjà Aristote, et que l'on trouve sur toutes sortes de matières animales ou végétales conservées et plus ou moins

Fig. 19. — Cœpophar/us echinopiis

décomposées ou fermentées, fromage (fig. 18), farine, etc.

Le Tyroglyphus longior à poils plus longs que le précédent vit dans sa société. Le Tyroglyphus siculus et le Tyroglyphus entomophagus vivent sur les insectes des collections des

TYR0GL1PHES luo

cantharides en bocaux, dont ils dévorent toutes les parties non chitineuses.

Enfin le Tyroglyphe des champignons, grande espèce qui vit sur les champignons de diverses espèces dont ils activent la décomposition.

Le genre Cœpophagus est très voisin du genre Tyroglyphus, il s'en distingue par l'absence de caroncule à l'extrémité des tarses, où elle est remplacée par un fort crochet, et par l'absence du sillon qui sépare le céphalo-thorax de l'abdomen chez les précédents.

La principale espèce decœpophage est le Cœpophagus echinopus (fig.i ojdont les membres courts et robustes ont les fins poils des tarses remplacés par de fortes et courtes épines ; tous les autres poils sont aussi plus courts que chez les Tyroglyphes.

Ce Cœpophage vit sur les racines charnues qu'il ronge, sur les pommes de terre et surtout sur les bulbes de Liliacés.

Le genre Serrator est encore très voisin du genre Tyroglyphus, il s'en distingue aussi par l'absence de caroncule à l'extrémité des tarses, où elle est remplacée par un fort crochet, et surtout par la transformation des mandibules chélifères en une petite scie {fig. 20 B) avec laquelle l'animalcule déchire les tissus humides des ma-

106 FAMILLE DES SARCOPTIDES

tières animales ou végétales mortes sur lesquels il vit.

Nous connaissons deux espèces de Serrator ; le Serrator amphibius (fig, 20) à téguments verruqueux, chaque verrue munie d'un court poil, qui vit sur les champignons en décomposition

Fig, 20. — A Serrator amphibius. — B mandibule. — C nymphe hypopialo

déliquescente, dans les résidus aqueux de choucroute, etc.

Le Serrator nècrophagns qui n'a pas les téguments verruqueux comme le précédent et que nous avons trouvé sur des cadavres humains en décomposition avancée.

NYMPHES HYPOPIALES UH

Les Acariens des trois genres Tvroglyphus, GfEPOPii.vGus et Serra.tor présentent la particularité de produire, sous l'influence de certaines circonstances comme la disette, des nymphes adventives cuirassées que nous avons nommées hypopiales (fig, al) parce que, prises par les anciens

Fiy. 21. — Nyniphe hypopiale du Tyroghjphus siro

Acariologues pour des Acariens parasites parfaits, elles avaient donné lieu à la création de genres particuliers sous le nom à'IIypopus, Homopus, Trichodactylus. Les nymphes hypopiales, véritables agents de dissémination de l'espèce, peuvent être rencontrées attachées aux téguments

FAMILLE DES SAHCOPTIDES

de toutes sortes d'animaux, insectes, myriapodes, reptiles, oiseaux et quadrupèdes. Mais ce ne sont pas de vrais parasites puisqu'elles ont les organes buccaux atrophiés, les êtres sur lesquels ont les rencontre sont pour elles de simples véhicules ; mais comme elles ont été et peuvent encore être la cause de fréquentes erreurs, il est nécessaire de les connaître aussi bien que les véritables parasites.

Tribu des Analgésinés. (sabcoptides plumicoles, GLiiucoLES, cysticoles). — Cette tribu est extrêmement nombreuse en espèces : dans un travail spécial publié dans le Journal de VAnatomie en 1877, en collaboration avec le professeur Ch. Robin, nous en avons décrit trentedeux, réparties dans sept genres. Quelques-unes avaient déjà été vues par Nitzsch et classées par lui dans son genre Analges, d'autres par Koch et rangés dans son genre Dermaleichus qui est synonyme du précédent. Plus récemment Haller, de Berne, a aussi ajouté quelques nouvelles espèces; enfin M. Trouessart, avec notre collaboration, puis celle de M. Neumann, de Toulouse, en a récolté et décrit près de cent nouvelles espèces.

Au point de vue de la dermatologie des oiseaux il est important de connaître les Sarcopti-

SARCOPTIDES rUJMICOLES 109

des plumicoles, bien qu'ils soient tous parfaitement inoffensifs et vivent à la façon de Philoptérides et des Liothéïdes avec lesquels on les trouve constamment, des humeurs naturellement exhalées à la surface de la peau ; c'est afin de ne pas les confondre avec les Sarcoptides psoriques et de ne pas leur attribuer un rôle qu'ils n'ont pas, comme cela est arrivé plusieurs fois à des pathologistes et même à des Acariologues de nos jours. Du reste, nous allons donner tout de suite le moyen d'éviter cette erreur en signalant le caractère suivant : chez tous les Acariens, réellement psoriques, c'est-à-dire doués d'une salive venimeuse, irritante, dont l'inoculation par l'animalcule provoque le développement d'une maladie éruptive eczémateuse ou pustuleuse, les femelles ont les deux dernières paires de pattes incomplètes, privées d'ambulacre qui est remplacé par deux longues soies ; les mâles de quelques espèces présentent la môme particularité à la troisième paire.

Les Sarcoptides plumicoles présentent les formes les plus diverses et des modifications les plus curieuses, soit des pattes soit de l'extrémité abdominale où les appendices les plus variés se font remarquer soit dans l'un soit dans l'autre sexe ; en cela ils ont déjà beaucoup d'analogie

FAMILLE DES SARCOPTIDES

avec certains Acariens psoriques, ce qui rend la confusion facile et les caractères généraux exclusivement propres à cette tribu difficiles à établir.

Les Sarcoptides plumicoles se distinguent de ceux de la première tribu par leurs téguments toujours striés symétriquement, durcis en partie par des plastrons qui se remarquent surtout supérieurement. La similitude des pattes est rare ici, surtout cbez les mâles qui ont souvent la troisième paire de pattes très volumineuse, et l'extrémité postérieure, au lieu d'être simplement arrondie comme chez la plupart des femelles, est ordinairement lobée plus ou moins profondément cbez les mâles, et ornée de divers appendices; les ventouses copulatrices sont générales chez les mâles, une espèce de plumicole et deux espèces de cysticoles en sont seules privées.

Les Sarcoptides tjliricoles ne se distinguent des plumicoles que par leur habitat : il vivent en effet exclusivement dans les poils de certains rongeurs, tandis que les seconds vivent dans les plumes ; ils appartiennent bien par conséquent à la tribu des Analgésinés. Les Sarcoptides cysticoles, qui vivent dans le tissu cellulaire et dans les cavités aériennes des oiseaux,

SARCOPTIDES PLUAIICOLES

sont beaucoup plus voisins des Sarcoptinés que des Analgésinès et forment une sous-tribu de celle dernière.

Comme nous l'avons dit, les Analgésinès sont si nombreux en espèces que nous ne pouvons môme pa?, dans ce petit ouvrage, les énumérer tous. Nous nous contenterons d'indiquer les genres et principales espèces qui vivent Sur nos oiseaux domestiques ou de parquets et d'en signaler plus particulièrement une ou deux, renvoyant pour plus de détails aux travaux complets faits sur ce groupe (').

Voici la liste des genres arrêtés en décembre 1 883 ; on en a ajouté quelques autres depuis :

Anoplites (Tr. et Még.) ; Freyana (Haller) ; Pterolichus (Robin) ; Falciger (Tr. et Még.) ; Bdellorhynchus (Tr. et Még.) ; Paralges (Tr. et Még.) ; Pseudaloptes (Tr. et Még) ; Xoloptes (Ganestrini) ; Pteronyssus (Robin) ; Pteraloptes (Tr. et Még.); Protalges (Tr. et Még.); Megninia (Berleze) ; Analges (Nitzsch); Olloptes (Canes-

(l) Ch. Robin et Mégnin. Les S arcoptides plumicoles in Journal, d'Anatomie, 1877. — Trouessart »t Mégnin. Morphologie et classification des Sarcoptides plumicoles in Comptes rendus de l'Acad.des Se. de Paris, t. xcvn, — Trouessart et Mégnin. Sarcoptides

plumicoles ou Analgésinès. Doin, Paris, i885, etc.

FAMILLE DES SARCOPTIDES

trin) ; Pterocolus (Haller) ; Proctophyllodes (Robin) ; Pterodectes (Robin) ; Pteropuagus (Mégnin).

Voici maintenant les noms de quelques espèces qui vivent sur les oiseaux qui nous approchent le plus, mais qui, nous le répétons, sont tout à faits inoffensives :

Dermoglyphus elongatus sur les Gallinacés et les Passereaux.

Pterolichus obtusus sur la poule ordinaire les faisans, les perdrix.

Pterolichus claudicans sur les perdrix et surtout sur la caille.

Pteroglyphus bi-subulalus sur les perdrix rouge et grise.

Falciger rostratus sur les pigeons et les gouras.

Pterolichus lunula sur les perroquets.

ireyana anatina sur les canards.

Analges passerinus sur les passereaux.

Megninia cubitalis sur la poule ordinaire. Megninia ginglimurus sur les faisans.

Megninia asternalis sur les gallinacés et les colombidés.

Dermaleichus socialis sur la caille et la pie. Dermaleichus velatus sur les canards.

Pterophagus strictus sur les pigeons.

SARCOPTIDES PLUJUICOLES 113

Proctophyllodes truneatus sur les petits passereaux.

Pterodectes bilobalus sur diverses alouettes. De toutes ces espèces nous allons donner les figures de deux d'entre elles qui constituent les

Fig. 23. — Megninia cubilalis femelle

'types les plus communs et des mieux caractérisés.

La première est le Megninia cubitalis (fig. 22 et 23).

La fig. 22 représente le mâle qui a un

SARC0PT1DES PLUMICOLES • ' 3

demi-millimètre de longueur sans les pattes, dont la troisième paire, comme on peut voir, est très longue et plus volumineuse, mais, malgré cette inégalité, toutes les pattes sont complètes, ce qui esta noter, car cette particularité, comme nous l'avons déjà dit, permet de distinguer les Acariens simplement parasites, ou commensaux, des psoriques.

La fig. 23 représente la femelle ovigère qui se distingue du mâle par sa forme ovoïde, par son abdomen arrondi et entier et par ses pattes sub-égales; comme chez le mâle les parties dures du squelette et des pattes sont roussàtres, le reste du tégument est d'un blanc-gris de perle.

Cet Acarien, ainsi que plusieurs variétés voisines, abonde chez les Gallinacés, et particulièrement chez la poule domestique et les faisans où il vit au fond des plumes, notamment dans les régions antérieures du corps. Comme on le rencontre aussi bien sur les volailles saines que sur les volailles atteintes d'une maladie de peau causée, soit par des champignons, soit par des acariens réellement psoriques, si on n'est pas prévenu on pourra, par suite de sa présence sur les parties malades, lui attribuer un rôle qui ne lui appartient pas, c'est ce qui

est arrivé à Rivolla il y a quelques années dans un cas de teigne du faisan dont il attribua le développement àl'Acarien en question.

Voici encore une espèce acarienne plumicole (fig- H), qui a fait commettre la même erreur au môme pathologiste et à d'autres : c'est le Pterolichus obtusus variété galli, qui vit aussi

Fig. 24. — Plerolicus obtusus var. r/alli femelle B et mâle A.

sur la poule, particulièrement sur les variétés de volières et les différentes espèces de faisans, mais moins abondamment que le précédent ; sa présence y a été particulièrement signalée, et pour la première fois, (sur des oiseaux sains, bien entendu) par Ch. Robin. Le mâle {fig. 24 A) a trois dixièmes de millimètres de long, et la

SARCOPTIDES PLUM1COLES 1 1 '

femelle {fig. B) quatre à cinq dixièmes de

Fit/. 25. — Nymphes hypopiales du Falciyer rostratus, ou Hypodectes.

millimètres. Mêmes observations que pour le précédent.

Nous signalerons encore un Acarien du même

FAMILLE DES SAHCOPTIDÉS

groupe, qui a été classé à tort, par M. Trouessart,. parmi les Symbiotes, dont il n'a ni les caractères spécifiques ni les propriétés pathologiques.

Comme on voit, il est nécessaire de bien connaître les Acariens plumicoles de la tribu des Analgésinés à cause des erreurs qu'ils ont fait commettre et de celles dont ils pourraient encore être la cause.

Une particularité que présente un Acarien,de ce groupe, le Falciger rostratus, c'est de produire une larve hypopiale molle, cylindrique (fig. 25), qui vit dans les mailles du tissu cellulaire sousculané des pigeons et des gouras ; elle s'y introduit par le tuyau des plumes qui s'y ouvrent et qui sert quelquefois de gîte aux individus normaux de l'espèce. Cette larve hypopiale avait été déjà vue, et prise pour une espèce définie par Gênée, Robertson et Filippi ; ce dernier l'avait nommé Hypodecte. Dans notre Mémoire sur les Sarcoptides avicoles, en collaboration avec Ch. Robin, nous avons démontré la véritable nature des prétendus Uypodectes (1).

La tribu des Analgésinés comprend encore la sous-tribu des Gliricoles qui renferme un petit

•(') Journal de l'Anatomie, 1877, p. 104.

SAHCOPTIDES GURICOLES

nombre d'espèces acariennes vivant au milieu des poils des rongeurs avec des petits Acariens carnassiers qui leur font la guerre, exactement comme aux Analgésinés plumicoles ; ils leur ressemblent beaucoup aussi au point de vue de la conformation et de

l'aspect.

Ils sont tous

renfermés dans

deux genres :

le genre Lis-

tr aphones et

le genre Mï/o- Pin- '-»• — Ustraphonu yibbus. — 1 maie. —

& 2 femelle. — 3 rostre. — 4 maxille» for-

COpteS. niant pince.

Les Listrophoros ont ainsi été nommés à cause des maooilles rostraux qui ont été trans-

l^JU FAMILLE DES SARCOPTIDKS

formés en pelles creuses qui par leur action d'ensemble sont susceptibles d'embrasser un poil et permettre à l'Acarien d'y adhérer solidement. La figure ci-contre montre le jeu de cet organe spécial. Nous connaissons trois espèces de Listrophores : l'une le Listropkorus gibbus Pagenstecker {fi g. 26) qui vit souvent en très grande quantité au fond des poils des lapins domestiques et sauvages et des lièvres en compagnie du Cheyletus parasitivorax qui est pour eux un cruel ennemi ; en effet, celui-ci, qui est Acariphage comme tous les autres Cheylètes, passe sa vie, au fond de la forêt pileuse à chasser aux Listrophores qu'il poignarde avec ses mandibules en stylets et qu'il suce ensuite.

Une autre espèce de Listrophore, le Listrophorus Leuckarti Pagenstecker, vit au fond des poils des campagnols. Celui-ci, qui est beaucoup plus allongé que son congénère, se trouve aussi dans les plumes des perdrix et des cailles.

Enfin nous avons trouvé dans les poils du furet chez lequel il est quelquefois extrêmement abondant, un Listrophore spécial qui se distingue des deux précédents en ce que son écusson céphalo-thoracique-dorsal est divisé en deux parties mobiles l'une ou l'autre, nous l'avons nommé Listrophorus Piitorii.

SARCOPTIDES GMIUCOLES

Le genre Myocopte a été créé par Claparède pour des Acariens parasites très curieux qu'on trouve sur les souris et les rats particulièrement dans les poils fins du museau. Ils ressemblent aux autres Analgésinés par la moitié antérieure de leur corps, à l'exception toutefois des mandibules dont les deux mors, soudés en un seul en forme de crochet, sont de vrais organes de grattage : la moitié postérieure du corps est aplatie et couverte de papilles aiguës dirigées en ar-

, , Fir/. 2". — Myocoples muscuHnus femelle

ri ère, et les

quatre membres postérieurs chez la femelle, la troisième paire seulement chez le mâle, sont aplatis et élargis de manière que les articles en se fermant les uns sur les autres, constituent une pince en cercle solide pouvant étreindre fortement les poils.

On ne connaît jusqu'à présent qu'une seule

KAM1LM2 DES SARCOPTiDES

espèce de Myocopte, c'est le Myocoptes Musculi nus (fig. 27) vivant sur le museau des souris et des rats, sans leur faire d'autre mal que de causer parfois un léger prurit.

La sous-tribu des Analgésinks cysticoles, renferme des espèces très remarquables et très curieuses par leur genre de vie ; en effet elles habitent exclusivement le tissu cellulaire sous-cutané et inter-musculaire, et les cavités aériennes des oiseaux. Par leur conformation ces Acariens parasites établissent le passage entre les Analgésinés et les Sarcoptinés, ou Sarcoptides psoriques, mais, comme les premiers, ils sont tout à fait inoffensifs, individuellement tout au moins.

Ils comprennent deux genres : le genre Laminosioptes et le genre Cytoleichus qui ne renferment chacun qu'une espèce :

Le Laminosioptes gallinorum {fig. 28) est un petit acarien rectangulaire de omm,2o à omm,25 de longueur dont les pattes postérieures rappellent celles des' Sarcoptes scabiei et les antérieures celles des Sarcoptes mutans, qui habite le tissu cellulaire sous-cutané des régions des côtes, du flanc, des cuisses, de l'entrée de la poitrine et du cou chez les gallinacés ; là, il vit, pullule et meurt. Lorsqu'un individu est mort, quel que soit son âge son cadavre provoque la formation

SARGOPTIDES CYSTICOLES 123

d'un dépôt calcaire qui l'enveloppe entièrement et qui peut acquérir le volume et la forme d'une petite lentille ou d'une graine de lin ; quand on lève la peau d'une volaille morte, surtout si elle est âgée, on voit de ces concrétions blanches, souvent en grand nombre, dans les régions que nous avons indiquées. C'est même le <?

seul indice de la présence des acariens qui en provoquent la formation et qui sont trop petits pour être vus à l'œil nu, et c'est la seule lésion que nous ayons jamais constatée du fait de cet aca- j | rien ; il se promène au milieu du tissu cellu- j laire sous-cutané, très 28 Jr(iml),û,,0/W,,, lâche comme on sait chez galKnomm.

les oiseaux, en écartant les fibres sans causer aucune autre altération que la production des concrétions en question qui sont de vrais calculs du tissu conjonctif.

FAMILLE DES SARCOPTIDKS

Le Cytoleichns Sarcoptoïde (fig. 29), a exactement la forme générale du Sarcopte, seulement ses

Fig. 29. — Cijtoleichus sarcoptoïde

huit pattes, un peu plus allongées que celles de cedernier sont toutes terminées par un ambulacre à ventouse pédonculée. Dans le rostre toutes

SARC0PT1DES CYSTICOLES 125

les pièces sont soudées de manière à former un suçoir qui ne peut que humer la sérosité. Le corps est lisse, opaque, de couleur crème et présente quelques poils sysmétriquement disposés, mais extrêmement courts. Cet Acarien est assez grand et mesure environ un demi-millimètre de longueur.

Les Cytoleichus Sarcoptoïdes habitent les réservoirs aériens des Gallinacés, et, en raison de leur grande taille, il est facile de les voir à l'œil nu, en colonies quelquefois très nombreuses, rampant sur les parois membraneuses et transparentes des sacs aériens, où ils font l'effet de fins grains de semoule sur de la baudruche. On les rencontre aussi dans les diverticulums de ces sacs, dans les bronches et leurs divisions, et jusque dans les os avec lesquels ces sacs communiquent. N'ayant aucun moyen de piquer ou de déchirer, ils ne peuvent déterminer aucune affection plus ou moins analogue à la sale, aussi nous inscrivons-nous en faux contre les assertions de Gerlach et deZundel, qui les ont accusés de causer des entérites ou des gales du péritoine. Quand ils sont extrêmement nombreux et qu'ils se pressent dans les bronches des oiseaux, lesquelles communiquent comme on sait avec les sacs aériens, ils peuvent déterminer des

'-'0 FAMILLE DES SARCOPTIDES

tihlalions de la muqueuse bronchique, accusées par des accès de toux ; ils déterminent même des symptômes asphyxiques et des congestions par obstruction des bronches, auxquelles les oiseaux peuvent succomber: nous en avons vu un exemple chez un faisan commun mort d'une maladie inconnue et que notre confrère M. Signol nous avait envoyé, de la part d'un de ses clients M. de .1 . pour en faire l'autopsie. L'obstruction des bronches était bien manifeste.

Tribu des Sarcoptinés.

OU SARCOPTIDES PSOR1QUES

Les Sarcoptinés, ou Sarcoptides psoriques, ont, comme les Sarcoptides des deux précédentes tribus, un corps déprimé recouvert d'un tégument mou, strié symétriquement et représentant des plastrons coriaces en quelques points et des ambulacres à ventouse en cloche plus ou moins longuement pédiculés ; mais ils s'en distinguent par la dissemblance des pattes postérieures qui ne ressemblent jamais aux antérieures et qui sont toujours, soit les deux paires, soit une seule, incomplètes chez les femelles, les nymphes et les larves, où l'ambulacre est rem-

ras

SARC0PT1DES PSORIQUES 127

placé par une ou deux soies, fait qui se remarque aussi quelquefois chez les mâles. Mais le caractère qui sépare le plus les Sarcoptides psoriques de tous les autres Sarcoptidés, bien que leur rostre soit composé des mêmes éléments (1), c'est leur salive venimeuse, agent actif des dermatoses, connues sous le nom de gales.

Les Sarcoptides psoriques comprennent trois genres et sept espèces dont nous donnons ci-dessous les tableaux synoptiques : •

Paltes antérieures marginales, grosses et \ courtes.les postérieures sous abdominales ; ' Sarcoptes Lalr. mâles sans ventouses copulatrices ni lobes abdominaux.

(Rostre allongé, pointu ; ventouse de 1 ambulacre portée sur un ^ PsoroptGS P. Gerv. pédoncule tri -arti-

extrémité abdo minale lobée ou

, Rostre obtus, ventouse \ éemmcrée et à Je raa)W ,ande Jchorioptes P.Gerv.

ktriceT' C°PU I k C0Urt Pédoncule[

simple presque ses- \SymbiOteS Uei lacli.

sile. /

(i) Furstenberg, Bourguignon et Delafond disent que les Sarcoptes ont quatre mandibules, mais c'est une erreur, ils n'en ont que deux comme tous les autres acariens ; ces observateurs ont sans doute vu des sarcoptes qui muaient et n'ont pas compris que dans cette circonstance les organes se dédoublent en quelque sorte.

FAMILLE DES SARCOFTIDÉS

Ces trois genres se divisent en espèces de la manière suivante :

Genre Sarcoptes

(Lalr.)

Genre Psoroptes

Genre Chorioptes

(P. Gerv.) ou

Symbiotes

(Gerlacb.)

Faites pos-i térieures

incomplètes chez la femelle, les

nymphes et les larves ;

la 3" paire seulement incomplète

chez le mâle.

Plis dorsaux formant un grand nombre de saillies pnpillaires ' aiguës.

Plis dorsaux formant des saillies onduleu- | ses, concentriques autour de | l'anus qui est dorsal.

Pattes toutes complètes chez ) le inàle, mais perdant toutes ' leur ambulacre chez la femelle ovigère.

Sarcoptes scabiei Latr.

Sarcoptes miiwr Furst.

Sarcoptes inutans c. Rob.

Ne renferme qu'une seule ) P. Commun is espèce, le ) (B. et Delaf.)

Lobes abdominaux du màlo carrés et portant cinq soies en deux faisceaux dont les deux plus volumineuses sont élargies en forme de spathe.

Lobes abdominaux du mâle arrondis et portant quatre j soies séparées simples.

Extrémité abdominale du mule sans lobes, èchancrée au milieu et simulant deux fesses portant chacune trois soies simples.

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