ARS
véronal, Il semble qu'elle en ait pris une dose correspondant à 3 gr. 75 de ce barbiturique. La température est à 39°-39°%5, Le pouls bien frappé, bat à 100. La tension artérielle est de 10-7 au Vaquez. Abolition des réflexes achilléens et rotuliens. La malade perd ses urines et ses matières.
Elle sort peu à peu du coma et redevient entièrement normale le 6 novembre, les réflexes sont de nouveau trouvés et les troubles sphinctériens disparaissent.
On s'aperçoit alors de l'existence en pleine fesse gauche d'une large ulcération grande comme une paume de main et reposant sur une induration profonde. Apprenant à ce moment que la malade se faisait soigner pour la syphilis (sa réaction de Bordet- Wassermann reste d’ailleurs positive), nous pensons d’abord à un accident local déterminé par une injeclion. Cependant, l’aspect de la lésion ne cadre guère avec celte hypothèse et, au surplus, la malade précise qu'elle n’a pas reçu de piqüres depuis deux mois. Celles-ci étaient d’ailleurs pratiquées à la partie supéroexterne de la fesse, très loin de l’ulcération actuelle. Nous songeons aussi, en raison de l’abolition des réflexes et de l’apparence trophique de la lésion, à l'existence d’une syphilis nerveuse, médullaire. Mais nous avons dit déjà que les réflexes ont reparu rapidement et la ponction lombaire ramène un liquide en tous points normal avec des réactions colloïdales négatives.
L'ulcération a évolué pendant près de deux mois, devenant une-profonde perte de substance à caractère nécrotique, par laquelle cette femme a éliminé une bonne partie de sa masse charnue fessière.
Elle a finalement guéri sans complication aucune, et a quitté l'hôpital après cicatrisation complète.