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OBSERVATION VI M”*° Del... 24 ans, entre le 6 novembre 1932, 'à Tenon, pour une intoxication par le gardénal. Elle en aurait absorbé 4 gr. 50. Malgré l'importance de cette dose, elle ne présente qu’un coma léger, dont on arrive presque à la tirer par des sollicitations insistan-
tes. la sensibilité n’est qu’émoussée. Les réflexes ro-
tuliens ont diminué, mais ils existent. Le réflexe achilléen droit a disparu (ces troubles devaient rapidement s’évanouir, avec le retour à la conscience, survenu en quarante-huit heures).
Dès l’arrivée, on constate sur les deux plantes de pied, l'existence de deux très grosses et larges phlyctènes, symétriquement disposées. Elles contiennent un liquide peu tendu, d’aspect séreux, riche en albumine (9 gr. 20 p. 100) et en polynucléaires altérés.
Elles s’affaisseront par la suite, prenant un aspecl nécrotique et hémorragique. Nous avons pu éliminer de façon certaine l'hypothèse d’une brûlure par bouillotte qu’évoquait dès l’abord l’aspect et la localisation de ces phlycetènes. [Il s’agit sans aucun doute de manifestations de l’intoxication gardénalique. |
L'examen général ne montre d'autre particularité qu'un souffle précordial intense transversal ne s’accompagnant d'aucun trouble fonctionnel et dû sans doute à une maladie de Roger.
Le 20 novembre, brusquement, érythème scarlatiniforme généralisé à tout le corps. L’éruption est d’ailleurs un peu polymorphe ; par endroits elle affecte un type urticairien ; aux mains et aux plis de flexion, elle évoque plutôt l’aspect d’un eczéma aigu.
La malade aurait été sujette antérieurement à de très nombreuses poussées d’urticaire ou d’eczéma, absolument analogues, nous dit-elle, à celle qu’elle présente
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actuellement et qui survenaient au moment des règles. Eile se trouve actuellement enceinte de deux mois, mais il est à noter qu'elle se trouve dans la période mensuelle correspondant aux règles interrompues. Bien que cette éruption, apparue quatorze jours après la prise du gardénal (et survenant autre fait à noter — après l’absorption d’un œuf), nous semble avant tout, dépendre de l'intoxication barbiturique, nous nous demandons si elle ne serait pas favorisée par la mort du fœtus et le retour à l’état non gravidique. Mais il ne s'est pas produit d’avortement et la réaction de Brouha, Hinglais et Simonnét pratiquée deux semaines plus tard demeurait positive.
Une nouvelle éruption analogue est apparue trois semaines après la première sans qu'on ait pu cette fois déceler d'autre cause possible de déclanchement qu'une application de baume du Pérou au niveau des ulcérations plantaires.
Ces dernières, après formation, puis chute d'une escarre, superficielle, ont guéri entièrement. Il n’a été décelé à aucun moment de troubles de la sensibilité cutanée ni profonde.
À la séance suivante, devant la même Société, Paul
SAINTON à produit Fobservation suivante