DAME TRE
pression constante ont été réalisés en France et à l'étranger.
Quelques-uns ont été suivis d’accidents mortels.
Certaines enquêtes avaient conclu à la mort de l’occupant soumis à une décompression brusque du fait de la rupture probable d’un hublot.
Il s'agissait de vérifier si ces conclusions, peut-être un peu hâtives, étaient exactes et de voir si la décompression brutale se montrait systématiquement mortelle.
Ces accidents de la décompression sont connus depuis longtemps.
De nombreux auteurs les ont signalés; les scaphandriers et les plongeurs surtout en ont la redoutable expérience. Ils présentent des troubles groupés sous le nom de maladie des caissons.
Il ne nous appartient pas ici d’en retracer les symptômes.
Disons seulement qu'ils peuvent aller des simples malaises aux troubles graves et même à la mort.
Parmi les phénomènes les plus importants qui se produisent au cours d’une décompression rapide, citons ceux qui affectent le système nerveux. J. LÉPINE signale des lésions médullaires après décompression atmosphérique brusque. Boxer et AUDIBERT ont noté des paralysies. Souvent se sont produites des hématomyélies (CAZAMIAN; PIÉRY; Noïca; PARUNLESCU).
Mais il faut remarquer que les travailleurs qui peuvent présenter de tels accidents, ont séjourné en général à une pression de plusieurs atmosphères. Jus-
nd
qu'à 1 atmosphère, c’est-à-dire jusqu’à 10 mètres d’eau, il est rare d’observer des troubles. Le danger ne commence qu’au delà, C’est la raison pour laquelle on ne prévoit aucune précaution spéciale pour les plongées inférieures à 10 mètres.
Au contraire, au delà de 10 métres, les autorités maritimes ont édicté des règlements spéciaux qui obligent à ralentir la vitesse de décompression dans des conditions déterminées suivant la compression ou la profondeur atteintes.
Or, l’aviateur, au cours de ses vols, n’atteint jamais une dépression de l’ordre de 1 atmosphère. Ce qui est vrai pour les plongeurs pourrait théoriquement l’être pour l’aviateur et la décompression ne devrait pas entrainer de troubles pour lui.
D'autre part, la thèse de STROHL montre que l’on supporte très bien des décompressions et des recompressions rapides. Il a décomprimé au Caisson pneumatique du Bourget des animaux de 0 à 12.000 mètres en quelques secondes. Lui-même s’est décomprimé de 0 à 8.000 mètres en 4 minutes sans éprouver le moindre trouble.
Dans la pratique, M. PAULHAN, au cours d’un vol piqué, descend de 5.000 à 1.000 mètres en 25 secondes. Enfin, Wiziams s’élance de 10.600 m. sans utiliser son parachute jusqu’à 90 m. du sol. Il parcourt 10.500 mètres en chute libre, en un peu plus de 3 minutes sans éprouver le moindre malaise.
Mais, lors de ces expériences, la décompression, si
rapide soit-elle, durait encore quelques secondes,
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tandis que lors de la rupture d’une cabine étanche, la décompression est instantanée. Elle ne dure même pas 1/10 de seconde et amène une décompression véritablement explosive.
Il s'agissait pour nous de réaliser et mettre &u point un appareil permettant d’être dans des conditions identiques à celles de l’explosion et d’en étudier les réactions sur les êtres vivants.
Nous devons à l’obligeance du Docteur GARSAUX d’avoir pu faire ces expériences d’un genre absolument inédit, dans les meilleures conditions scientifiques, au laboratoire du Bourget.
Pour cette étude, voici le plan que nous avons adopté :
Dans un premier chapitre, nous décrirons notre matériel expérimental.
. Le deuxième sera consacré à la description d’une expérience.
Le troisième indiquera les résultats obtenus sur les
animaux.