‹ Les Accidents du Sport du SkiChapitre 12 sur 17 · MÉNISQUE · texte numérisé non relu

MÉNISQUE

Douleur maxima au moment de la lésion. Genou immédiatement impotent.

Abduction indolore, adduction très douloureuse.

Points douloureux sur l’interligne articulaire, exactement en avant et en dedans.

Dans les cas graves, épanchement articulaire.

La rotation de l’articulation fléchie est possible.

Absence au début de toute contracture en flexion. Plus tard elle est rigide.

Tardivement, souvent il y a une ossification aux points

Absence d’épanchement.

La rotation de l'articulation fléchie est douloureuse.

La contracture en flexion existe dès le début, elle est réductible.

Cliché radiologique tardif normal, sans ossification.

d'insertion.

Le diagnostic de la lésion ligamentaire posé, le pronostic s’établira avant tout sur le degré de laxité ligamentaire :

— cliniquement par la recherche de l’abduction anormale ;

— radiologiquement — et nous insistons sur la nécessité de cet examen pour apprécier un faible écartement de l’interligne. Un cliché sera fait des deux genoux en obtenant l’abduction forcée pour mettre en tension les deux ligaments latéraux internes.

Quels dangers guettent en effet un ligament mal soigné ?

Rarement le genou ballant — beaucoup plus souvent une rétraction cicatricielle amenant une limitation en flexion particulièrement chez les pléthoriques avec oblitération secondaire de la cavité synoviale.

Le traitement visera à la mise en état physiologique des muscles extenseurs et des faisceaux des ligaments voisins de l'articulation et destinés à La tension de la

CT Mr capsule. Donc, immobilisation en exfension par une genouillière plâtrée comportant une attelle postérieure forte, deux attelles latérales renforçant le plâtre. On ponctionnera tout épanchement du genou pour éviter la distension du ligament lésé, du tendon quadricipital tenseur de la capsule, et l’atrophie qui en résulte. Par une fenêtre pratiquée dans le plâtre audevant de l'articulation on exercera une compression au moyen d’une balle de caoutchouc fixée à l'appareil. L'immobilisation plâtrée sera maintenue 4 à 8 semaines — mobilisation du blessé dès le premier jour, mouvement d’élévation de la jambe pour éviter l’atrophie du quadriceps. Retour rapide à une motivité normale à la ievée du plâtre.

Après les lésions ligamentaires du membre inférieur, tant par leur fréquence moindre que par leur pronostic souvent plus bénin s'inscrivent les fractures de la malléole péronière.

Fractures de la malléole péronière.

On doit de celles-ci d'emblée séparer deux variétés.

Le plus souvent, à la suite d’un mouvement d’abduction forcée avec rotation externe du pied, il y a entorse interne de la heville, puis la malléole se brise soit au niveau, soit plus souvent au-dessus de l’interligne articulaire tibio-astragalien, obliquement en bas et en avant.

D'autres fois le mécanisme est celui de l’entorse

externe de la cheville : supination forcée du pied abou-

tissant à l’arrachement. A l'inverse de la forme précédente où il n’est pas rare d'observer un diastasis tibiopéronier avec ses points douloureux caractéristiques, il est rare dans cette seconde forme que les ligaments tibio-péroniers soient étirés.

Une troisième forme beaucoup plus rare encore est marquée par la rupture des deux malléoles, la pronation forcée conduisant à l'éclatement de la malléole péronière suivant le premier type, et à l'arrachement de la malléoie interne : ce type s'apparente à la fracture de Dupuytren. D’autres fois il y a seulement entorse interne.

Cliniquement, nous ne nous attarderons pas à décrire les symptômes si banaux de ces fractures malléolaires, nous en avons déjà parlé au sujet des entorses externes de la cheville ; rappelons seulement le peu de valeur de l’ecchymose qui se retrouve avec une même fréquence dans les ruptures ligamentaires, en regard de l’importance de la situation exacte des points douloureux en plein massif malléolaire. Et devant le nombre des prétendues entorses reconnues tar- | divement comme des fractures incomplètes, nous insisterons pour que soit pratiquée une radio de contrôle en présence de toute entorse d'aspect tant soit peu grave qui ne s'améliore pas le deuxième jour.

Le pronostic de la fracture malléolaire pure est en général bénin. On devra compter sur une I. T. de 6 à 8 semaines, une I. P. P. nulle lorsqu'il n’y a pas de lésion ligamentaire tibio-péronière associée.

Le traitement est d’ailleurs simple :

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— fracture sans déplacement : un bandage plâtré appliqué 4 semaines.

— fracture avec déplacement : Denk conseille la réduction sous-anesthésie locale, puis mise en place d’un bandage plâtré laissé 4 à 8 semaines. Le traitement est ambulatoire mais la pratique du ski ne sera permise que lorsque, par les massages et la mobilisation active et passive, les muscles et les articulations auront retrouvé un fonctionnement normal.

Fractnres de jambe,

Elles appartiennent aussi bien par leur fréquence que par leur mode d’apparition aux lésions typiques du ski.

Sur 11 fractures de jambe Regêle relève 2 fractures isolées du tibia et 9 fractures spiroïdes. Celles-ci dues à la torsion sont les plus caractéristiques. Elles se produisent soit par un excès du mouvement de torsion, soit par un obstacle (neige profonde) au mouvement de torsion dans un virage. Mais ce mouvement de torsion est aidé par la contraction musculaire mal coordonnée au moment de l'exécution du mouvement, et nous aurons à revenir plus loin sur les avantages d’une méthode moderne qui substitue dans les virages à l'effort de torsion active avec toute la difficulté de la synergie musculaire à réaliser, un simple effort de bond avec flexion des chevilles et des genoux sans nécessiter aucune contraction musculaire complexe.

Par contre l’apparition de cette méthode s’est

P. SCLAFER 3

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accompagnée de l'augmentation de fréquence des fractures transversales par hyperflexion du corps en avant, le talon étant maintenu au ski par un système exagérément rigide. « Cette méthode, dit Minkowski, est relativement sûre car elle supprime pratiquement la cause essentielle de fractures, la torsion. Bien entendu les risques de fracture par flexion restent très grands, néanmoins c’est un progrès car les accidents en flexion sont moins graves, il semble en particulier que la classique fracture spiroïde a beaucoup diminué de fréquence chez les skieurs. »

Pour la description de ces deux types nous serons très bref.

Fracture transversale avec son trait au tiers moyen ou à l’union tiers moyen-tiers inférieur du tibia, trait péronier à la même hauteur le plus souvent.

Quant à la fracture spiroïde avec son trait en V taillé en biseau la fissure venant souvent se perdre en pleine articulation tibio-tarsienne, le trait péronier plus haut situé, elle n’a pas de caractère particulier.

Le traitement est banal, variant peu suivant les auteurs. [l ne présente aucune singularité du fait de l'étiologie de la lésion.

Fractures de cuisse.

Les fractures spiroïdes de la cuisse, fractures basses à multiples fragments, revêtent une certaine fréquence : 2,8 %, fréquence assez faible à vrai dire, ce sont toutes des fractures par torsion-mécanisme commun avec les fractures de jambe, aussi n’en parlerons-

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