SAPIN SES
M" (ques ments articulaires portés au delà de leur limite physiologique, sans qu'un déplacement permanent s’ensuive. Le degré de la lésion ligamentaire à la base peut osciller entre l’élongation, la distorsion, la rupture partielle, la rupture totale et la désinsertion.
Et nous conclurons ainsi à deux sortes d’entorses : les entorses graves avec lésion, les entorses légères
sans lésion, ces dernières bien décrites et traitées par Leriche.
Nature de l'entorse du Skieur. — Elle présente en elle-même un certain nombre de caractères particuliers. Anatomiquement, elle intéresse les faisceaux antérieurs et moyens du ligament latéral externe. Lésion fort variable du reste — et dans son siège qui est essentiellement proche de l'insertion péronière — et dans sa nature : étirement, distorsion, rupture partielle ou totale. Nous insisterons dès maintenant sur la fréquence de l’hémorragie extériorisée par une ecchymose tardive dont on croit trop souvent qu’elle témoigne d’une fissure malléolaire. Le surtout périarticulaire, la synoviale sont atteints secondairement par le réflexe vaso-moteur à point de départ ligamentaire. Hyperémie, œdème, douleur sont les éléments persistants mais résolutifs de l’entorse, ce sont eux qui réalisent le trouble fonctionnel secondaire à l’entorse, qui amènent, par un traitement intempestif, ces troubles fonctionnels tardifs, fixés, qui font toute la gravité de cette lésion en apparence
anodine.
A tee
Le mécanisme courant est le suivant : c'est le mouvement de supination, de rotation du pied en dedans avec adduction — mécanisme capital, c’est le résultat d’une faute de carre (dévers extérieur du ski) dans la position de chasse-neige : et c’est l’entorse bénigne du débutant. Ou bien dévers du ski extérieur au cours d’un christiania : c’est l’entorse grave du bon skieur, bien rarement limitée à une simple lésion ligamentaire isolée.
Cliniquement. — La douleur d’emblée très vive s’atténue vite, mais reste sourde et s’éveille au moindre mouvement. À l’examen l’article est œdématié, sans que la localisation élective de l’œdème puisse faire présager du siège exact de la lésion. Les téguments sont rosés, l'articulation est chaude au palper. On constate souvent et même dans les heures qui suivent la production de l’entorse, une ecchymose qui descend rarement au-dessous d’une ligne horizontale située à un travers de doigt au-dessus de la plante du pied. Les points douloureux siègent en avant et au-dessous de la pointe de la malléole externe, signe de grosse valeur diagnostique d’avec la fracture malléolaire. Enfin, l’adduction passive réveille une vive douleur au-dessous de la pointe de la malléole externe. Dans certains cas rares, une entorse interne coexiste. Les mêmes symptômes se retrouvent mais la douleur à la pression est inférieure et postérieure, la douleur est vive par l’abduction passive. :
Le diagnostic de l’entorse de la cheville est en règle
de PDA SAT E
TRE EVER facile. L’entorse sous-astragalienne avec ses symptômes plus bas situés est d’ailleurs souvent associée à l’entorse de la cheville. Le traitement en est identique. À vrai dire, le seul diagnostic, la fracture de la malléole externe, présente bien souvent des difficultés que seule résoudra la radio. Un point capital : le siège des points douloureux en plein massif malléolaire s’il y a fracture. Si on trouve toujours libre de toute douleur la partie latérale et postérieure de la malléole, par cela même on peut exclure la fracture malléolaire.
On s’attachera à préciser l'importance de l’entorse. Y a-t-il une grosse lésion ligamentaire ? On trouvera par une recherche douce des mouvements anormaux très amples. A la radio : un écartement asymétrique des surfaces articulaires. En fait, ce sont là des nuances délicates à apprécier et l’évolution est difficile à prévoir. Souvent elle est favorable : en deux ou trois semaines, parfois en un ou deux mois, toute douleur à la mobilisation aura disparu.
Mais les récidives sont courantes : tel skieur, chaque année, devra interrompre son séjour pour sa cheville et l’on doit envisager une prédisposition, une faiblesse articulaire qui crée un point d’appel à de nouvelles atteintes et contre laquelle le port d’une bande élastique est souvent illusoire.
Mais la gravité de l’entorse vient avant tout de ses séquelles, bien étudiées par E. M. Bernard dans sa thèse (Paris; 1933). Ce sont : des troubes vaso-moteurs, chaleur, cyanose, au niveau de l’article avec augmen-
tation de l'indice oscillométrique, amyotrophie, pri-