JACQUES RECAMIER RŒDERER
RUBENS DUVAL MARQUET (in memoriam) NEIS
Introduction
Il semble que ce soit DENIS, médecin français de la Faculté de Montpellier qui ait signalé en 1667 le premier accident de la transfusion sanguine. À vrai dire, cet accident coïncidait avec la première transfusion qu'il fit le 15 juin 1667 avec le chirurgien EMME- RETZ. Le premier accident rénai qu’il signala, coïncide avec la deuxième transfusion de sang d’agneau à un malade de 34 ans qui était fou. DENIS se bornaïit à ce moment à noter l’hémogiobinurie (Abrégé des transactions philosophiques de la Société Royale de Londres, 6° partie, 1790, pages 3, 6, 8 et suivantes).
En réalité les complications rénales de la transfusion sanguine ne se bornent pas à l’hémoglobinurie paroxystique. Elles sont au contraire des plus variées et elles vont de l’hémoglobinurie à la néphrite parenchymateuse, voire même à l’hépato-néphrite.
Il faut arrixer à BORDLEY et à LIÈGE pour avoir une étude d’ensemble de ces faits et récemment Mile HERR consacrait une thèse aux Néphropathies graves de la
transfusion sanguine.
AL
Depuis deux ans toute une série de communications ont été publiées à ce sujet.
Pour certains, les accidents rénaux peuvent se diviser en deux groupes bien distincts :
1° Dans le premier groupe, de beaucoup le plus important, le facteur étiologique, c’est l’incompatibilité sanguine.
2° Dans le deuxième groupe, l’incompatibilité est douteuse et ne paraît pas en cause et le facteur étiologique est plus difficile à déterminer (Mlle HERR).
La relation des accidents de la transfusion sanguine a en outre conduit certains auteurs à la conclusion que les groupes n'étaient peut-être pas aussi fixes qu’on voulait bien le dire et ils ont laissé supposer que l’on était jamais à l’abri d’une incompatibilité sanguine, même dans un centre de transfusion d’urgence bien organisé, puisqu’une maladie infectieuse, une injection d’arsénobenzène pouvaient modifier le groupement d’un donneur universel, qui du groupe IV passerait, je suppose, au groupe II ou III.
Ces conclusions sont alarmistes et risqueraient de jeter le discrédit sur un agent thérapeutique d’une incomparable efficacité et d’une administration simple qui le met à la portée de tout médecin praticien.
Dans le travail qui va suivre, nous allons simplement envisager le tableau clinique des accidents rénaux de la transfusion. Nous relaterons en les étudiant, quelques observations relatives aux trois grands types d'accidents rénaux post-transfusionnels et ensuite nous chercherons à faire quelques déductions de ce rapprochement.