I. Procédés préventifs généraux
Chaque ouvrier doit être instruit sur les dangers qui peuvent exister et sur les précautions à prendre pour les éviter. Ceci peut se faire par des consignes contenues dans un livret spécial rédigé pour les différents postes ou par des affiches d’un contenu clair imprimées en grands caractères et en différentes langues, pour qu'elles frappent l'œil et soient comprises par tout le monde. Des ordres doivent être donnés pour l'exécution de chaque manœuvre quelque peu dangereuse. L’exécution des ordres doit être rigoureusement exigée et soigneusement surveillée. De même, il sera utile de donner des instructions verbales. Elles doivent partir du dirigeant aux subordonnés, les premiers devant
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être en contact continuel avec le personnel scientifique et les médecins en particulier. C’est dans ce but que doivent être faites des conférences répétées par des médecins spécialisés aux ingénieurs et aux employés des entreprises qui auront ainsi notion des nouveaux accidents, de leur conditions de production et des agents qui peuvent être en cause. Ils appliqueront les connaissance ainsi acquises à leur pratiques journalière et aviseront les ouvriers intéressés et,, avant tout, le personnel spécial de protection.
L'enseignement ainsi compris permettra à chacur de collaborer à la défense contre les gaz. Les agents toxiques ainsi que leurs conditions d’action étant connus en temps utile, on peut arriver à limiter le nombre des victimes par des mesures prises en conséquence.
L’instruction prophylactique doit porter en outre sur les premiers secours à donner aux victimes. Comme nous le verrons, le succès du traitement dépend dans tous les cas de l'intervention précoce. Il faut donc que les personnes qui sont sur place sachent porter les premiers secours ou que, averties de la gravité de l'accident, elles fassent chercher de suite un médecin.
Ce sont les installations matérielles qui doivent être le moyen de défense le plus direct et elles doivent être constituées de façon à empêcher l’action nocive des gaz.
La ventilation doit être sufisante. Elle diluera les gaz et portera rapidement leur taux à une valeur qui ne présente plus de danger. Elle doit éviter toute stagnation d’air en des endroits où peuvent se produire momentanément des gaz nocifs.
Un autre point important est de veiller à l'étanchéité absolue des conduites contenant des gaz dangereux.
En matière d'installations, chaque procédé et chaque produit nouvellement employé demande une étude sérieuse des dangers qu'ils peuvent causer, et des moyens de les éviter.
At Ua IT. Appareils de proiection.
Les appareils de protection contre les gaz se divisent en : détecteurs de gaz ; masques et appareils respiratoires.
A. — Détecteurs de gaz. — Le problème qui consiste à déceler la présence d’un gaz nocif dans l'atmosphère a été abordé depuis longtemps, mais seulement pour l’oxyde de carbone.
| Le procédé le plus ancien consiste à employer de petits oiseaux ou des souris enfermés dans une cage et à les exposer dans le milieu suspect; leur mort avertit du danger, C'est un procédé grossier, mais il peut rendre de bons services dans certaines circonstances imprévues.
Desgrez et Labat ont conseillé d’imprégner un papier blanc d’une solution de palladium ; exposé dans un milieu oxycarboné, ce papier devient plus ou moins gris suivant la teneur du milieu en oxyde de carbone.
Le noir de platine, préparé dans certaines conditions, provoque la combinaison de l’oxyde de carbone avec l’oxygène, avec dégagement de chaleur. En présence des gaz contenant de l’oxyde de carbone, le noir de platine s’échauffe, et par l'emploi d’un thermomètre différentiel cet échauffement permet d'indiquer la quantité de gaz combustible dans un milieu donné. Sur ce principe a été construit un toximètre (Laboratoires Carteret, 15 rue d'Argenteuil, Paris)qui, quoique délicat, a une réelle valeur pratique. Il existe un type de ces appareils avec un avertisseur, sonnerie électrique mise en marche par un circuit qui s'établit pour un certain taux d'oxyde de:carbone contenu dans l'atmosphère.
L'usage des détecteurs d'oxyde de carbone est surtout indiqué dans l’industrie du gaz l'éclairage, l'industrie métallurgique et dans les mines.
B.— Masques et appareils respiratoires. — Il arrive dans certaines conditions, que l’homme soit obligé de pénétrer dans des milieux où il y a de fortes proportions de gaz délétères. C’est ainsi que ce gaz est dangereux pour les sauveteurs dans les incendies, à l’occasion de feux de mines et souvent aux hauts forneaux, pour l'exécution de certains travaux
dans une atmosphère qui, ou bien est exposée à être contaminée à tout instant, ou bien est souillée déjà. Le problème qui se pose est de trouver le moyen d’entretenir la respiration en dehors de tout danger dû aux gaz toxiques.
Différentes solutions sont possibles et les indications pour le choix de l’une ou de l’autre dépend:nt des besoins. On s’est basé sur trois principes différents.
Le masque Legendre-Nicloux, en rapport avec un long tube flexible et de gros diamètre, isole l'individu de l’atmosphère qui l'entoure immédiatement, et lui permet de respirer un air pur puisé à distance. Ce dispositif dont l'emploi est limité à certaines conditions, a cependant rendu des services. La « Société du Gaz de Paris » l’a adopté ; les ouvriers qui ont à effectuer la réparation des conduites de gaz, en sont munis. Le masque est d’une application facile et rapide et ne cause aucune gêne pour les manipulations. Il peut trouver de multiples indications dans les travaux sur les conduites de gaz et d'épuration des hauts fourneaux.
| La fixation des gaz toxiques et leur absorption par des corps appropriés est un principe employé pendant la guerre pour la confection des masques respiratoires contre les gaz de combat. L'air, avant d'arriver aux poumons, passe par des boîtes filtrantes qui contiennent des substances absorbantes, de composition adaptée aux besoins. On peut réaliser ainsi la protection contre tout gaz toxique. L'appareil «G.C.» (Laboratoires Carteret) est constitué selon ce principe et il a trouvé de nombreuses applications industrielles.
Les appareils à respiration en circuit fermé comprennent comme partie essentielle, un régénérateur, récipient qui contient un alcali sur lequel se fixe l’acide carbonique expiré, une bouteille d'oxygène comprimé qui déverse dans le circuit une quantité d'oxygène proportionnée à l’usure. La force motrice du circuit aérien est constituée par le poumon qui travaille à la manière d’une pompe aspirante et foulante. Il aspire un mélange d’air régénéré et d'oxygène pur frais et expire par une autre voie l’air chargé d'acide carbonique. Au passage par le régénérateur, l'acide est absorbé et il ne reste que le gaz respirable.