CÉLÈBRES
artistes aient pu 1 etre. Une naïve miniature du X\ siècle accoucher Jeanne debout, il la tête d'une procession (Ag- 206) , d'autres gravures, par exemple celleque nous empruntons àl étude de Spanheim sur la papesse (fig. 207) , la représentent affaissée siu
Fig. 206. La papesse Jeaane, d'aprûs une miniature du XV” siècle. (Mss. n° 6878. A. F. Bibl.
nat. de Paris.)
le sol après être descendue de cheval ; d’autres placent à ses côtés une mule et attribuent son accouchement prématuré aux secousses de cet animal, porteur cependant assez doux : tradition que suit une chanson moderne composée surl’air de la Ronde du capucin :
Le pape sur sa mule,
Bannière au vent,
Allait devant Une foule crédule.
Lorsque le mal d’enfant La prend.
La mule qu’effarouche Le mouvement,
Eu ce moment Rue, et le pape accouche U’un petit papillon Félon.
APPENDICE
Naissance de Raphaël. — L’imagination populaire s'est toujours plu à trouver, dans la naissance des hommes fameux, des
circonstances annonçant le caractère de leur génie. Ainsi, on raconte que Gengis-Khan, en naissant, apporta du sein maternel un caillot de sang dans sa main et on vit là le présage de ses victoires.
l'io. 207. — Accoucliomont do la paposso, d'aj>r6s Spauhoioi.
naissance de quelques DEDSONNAGES CELEBRES
D’autre part, on a dit que le peintre des vierges, Raphaël Sanzio, né à Urbain en 1483, le jour du vendredi saint, fut avaiit meme Sc naissance, marqué d’un sceau de prédilection parle ciel ; sameie.
durant sa grossesse, fut visitée par des rêves extatiques pendant lesquels la Vierge lui apparaissait prenant son enfant sous sa protection et le couvrant de fleurs de sa blanche couronne. Un
APPENDICE
jour qu’elle assistait, suivant sa coutume, aux offices sacrés dans la chapelle Notre-Dame d’Urbain, elle fut saisie des douleurs de 1 enfantement et mit un fils au monde , sur les marches mômes de 1 autel de Marie (fîg. 208). Transportée chez elle avec son nouveauné, elle voulut qu’il fût baptisé sur-le-champ et qu’on donnât le nom d un ange, à celui qui devait un jour si dignement honorer sa divine protectrice par ses œuvres inimitables.
Sur la naissance de quelques autres célébrités. — La
littérature et la science auraient-elles, comme le vinaigre, une vertu conservante ? Nous avons déjà cité certains avortons, comme Fortunio Liceti, Marmontel, le maréchal de Richelieu, écrivain 292 parfibus mais académicien, qui semblèrent se moquer de la mort. Pendant ses cinq premières années, on désespéra de Jacques-Auguste de Thou, le célèbre historien, et de Thou ne mourut qu à 64 ans. Newton vint au monde si petit et si faible qu’on doutait qu il j)ut vivre, et il avait, devant lui, 85 ans d’existence. Fontenelle, mort centenaire, était si frêle, à sa naissance, qu’on n’osait le sortir. Jean-Jacques Rousseau dit quelque part: « Je vins au monde infirme et malade ; » sa santé ne fut d’ailleurs jamais excellente : mais peut-être en faut-il accuser certaines habitudes dont il ne se défît jamais. de Genlis fut laissée pour morte à sa naissance ; elle ressuscita et fut un intrépide bas-bleu. Celui qui devait être le roi de la tribune, Mirabeau, vint au monde avec un pied tordu et la langue enchaînée.
Arrivons maintenant aux deux écrivains qui dominent, l’un le dix-huitième siècle, l’autre le dix-neuvième : Voltaire et Victor- Hugo, tous deux nés débiles, morts tous deux à l’âge des patriarches.
Suivant une tradition, constatée en 1826 par M. Clogenson et que Condorcet avait déjà recueillie dan s sa Vie de Voltab'e, Mme Arouet, étant allée faire une promenade aux bois de Verrières, revenait le soir à Paris, lorsque traversante village de Châtenay, elle se sentit prise des douleurs de l’enfantement. Obligée de s’arrêter chez un sieur Marchand, attaché à la maison du prince de Condé, elle y accoucha prématurément d’un fils.
L’extrême faiblesse du nouveau-né, empêcha de le transporter à l’église ; on se contenta de l'ondoyer dans la maison paternelle, où on le garda pendant neuf mois, entre la vie et la mort. Dix fois pour une, il aurait dû mourir : à peine était-il né, qu’on le laisse pour mort sur un fauteuil ; son grand-père arrive, ne voit pas le