‹ Les accouchements à la courChapitre 25 sur 26 · PERSONNAGES CÉLÈBRES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES CÉLÈBRES

paquet et s’assied dessus ; l’enfant produit le bruit d’un soufflet qu’on écrase. On parvint cependant à le ranimer. D’ailleurs régulièrement chaque matin, la nourrice venait annoncer que l’enfant était cà l’agonie. Enfin, le 22 novembre, on se décida à le présenter aux fonts baptismaux de Saint-André-des-Arcs ; mais pour dissimuler ce long retard, on indiqua une fausse date de naissance. Ainsi s’explique que des auteurs aient fixé au 20 ou novembie la date à laquelle naquit Voltaire : « Je suis entré, dit-il lui-même, dansma72“ année, en dépit de mes estampes qui, par un mensonge imprimé, me font naître le 20 de novembre, quand je suis né le 20 de février ».

Dans la presque autobiographie qui a pour titre : Victor Hugo, raconté par un témoin de sa vie, nous trouvons quelques détails sur la naissance du poète.

Il vint au monde le 26 février 1802, à Besançon, place St-Quentin, dans une maison connue aujourd’hui sous le nom de maison Barette. Le père, ayant déjà deux garçons, désirait une fille ; « O^n attendait Victorine, ce fut Victor qui vint. Mais à le voir, on eût dit qu’il savait que ce n’était pas lui qu’on attendait ; il semblait hésiter à venir ; il n’avait rien de la belle mine de ses frères ; il était si petit, si délicat et si chétif que l’accoucheur déclara qu’il ne vivrait pas. J’ai entendu plusieurs fois sa mère raconter sa venue au monde. Elle disait qu’il n’était pas plus long qu’un couteau. Lorsqu’on l’eût emmailloté, on le mit dans un fauteuil, où il tenait si peu de place qu’on eût pu en mettre une douzaine comme lui. On appela ses frères pour le voir ; il était si laid, disait la mère, et ressemblait si peu à un être humain, que le gros Eugène, qui n’avait que dix-huit mois et qui parlait à peine, s’écria en l’apercevant : « Oh ! la bebête ! »

« Tout moribond qu’était l’enfant, on le porta à la mairie. Les registres de la première section de Besançon constatent la présentation d’un garçon, né à dix heures et demie du soir, septidi ventôse an X de la République (26 février 1802), sous le nom et les prénoms de Victor-Marie Hugo.

« Le moribond ne mourut pas. Il a dit lui-même « quel lait pur, que de soins, que de vœux, que d’amour » le firent « deux fois l’enfant de sa mèrre obstinée ». Quand il vit qu’on ne lui en voulait pas de ne pas être Victorine et qu’au lieu de le renvoyer on le retenait énergiquement, il se décida à vivre. Et six semaines après la prophétie de l’accoucheur, il faisait bravement le pénible voyage de Besançon à Marseille. »

APPENDICE

Cet enfant débile qui devait mourir octogénaire parle ainsi de sa faiblesse native dans les Feuilles d’automne :

Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix,

Si débile, qu’il fût, ainsi qu’une chimère.

Abandonné de tous, excepté de sa mère.

Et qui son cou ployé comme un frêle roseau Fit faire en même temps sa bière et son berceau.

Cet enfant que la vie effaçait de son livre,

Et qui n’avait pas même un lendemain à vivre.

C’est moi. »

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