RUE BONAPARTE
State super vias antiquas.
(Bacon.)
Les inscriptions des Achéménides ont été Vobjet des travaux les plus patients et les plus consciencieux. Quelques caractères dont on avait oublié le rôle au point de les prendre pojir des ornements futiles ont été rendus à leur signification première ; et, après de longs efforts, l'écriture et la langue des Achéménides ont été comprises. Toutes les inscriptions de cette époque ont été soumises à une analyse minutieuse et sévère. Aujourd'hui la langue de Darius a sa place et son rang dans l'ensemble des idiomes dont on ressuscite les formes. C'est à peine si on trouve encore quelque signe sur lequel la discussion serait possible,
Jai longtemps étudié ces inscriptions, et ie n'ignore pas ce qui reste à faire : aussi je dirai peut-être un jour ce que je crois avoir appris sur Porigine de l'alphabet arien^ mais
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fai évité, dans ces pages, toute digression du domaine de la philologie pure.
Les travaux des philologues, dont on conçoit facilement l'aridité, ont eu pour résultat de nous apprendre à lire des documents trop peu connus en dehors du public spécial qui s'en est occupé jusqu'ici.
Si le moment n'est pas venu de les réunir dans une synthèse dont les éléments peuvent changer à mesure que des découvertes possibles apportent à notre connaissance des révélations nouvelles^ il ne suffit plus aujourd'hui d'en faire connaître des fragments et de les ajuster au cadre ordinaire de l'histoire.
Les esprits qui ont reculé devant les difficultés de la lecture et de f interprétation de ces textes ne se contenteraient pas des lambeaux de ces inscriptions , fragments eux-mêmes que nous avons longtemps ignorés. On désire voir ces documents dans leur entier ^ mais dépouillés des travaux préparatoires qui en ont assuré la traduction; aussi je me suis efforcé de les présenter tels qu'ils étaient lus jadis par le peuple de tlran.
Je n'ai ajouté au texte que les rapprochements les plus saillants et les plus faciles à contrôler, en me reportant exclusivement aux sources antiques et en évitant de surcharger, par une érudition facile, la citation du nom des premiers traducteurs : un juste hommage, dû à leurs travaux, ne permet pas de les passer sous silence.
Cependant quelques développements m'ont paru riéces-
saires. A l'époque où ces inscriptions ont été rédigées, récriture n était pas ce que nous en avons fait depuis. Nos feuilles éphémères propagent avec une vitalité sans cesse renaissante la parole que nous livrons à Pespace et au temps; mais alors la pensée choisissait sa place pour s y fixer d'une manière qu'elle voulait rendre éternelle, et pour la comprendre il fallait venir la chercher là où elle s'était reposée. Toutes les inscriptions donnent ou empruntent une certaine importance aux lieux où elles sont gravées : aussi il m'a paru de quelque utilité de ne pas séparer les textes des monuments sur lesquels nous les avons recueillis.
Voilà sous V influence de quelles pensées jai réuni dans ces pages ce qui reste, aujourdhui de l'histoire des Achéménides.
J. Menant.
ler août 1873.