L... (Marie-Louise), lit 26, salle 6, Hôpital Saint-André
Kyste hydaiique suppuré du poumon gauche. Pas d’antécédents héréditaires ni personnels de bacillose. Brusquement, quelques jours avant son entrée à l'hôpital, la malade ressent un point de côté. Dyspnée, toux. Le médecin appelé diagnostique une pleurésie au début, mais la ponction est négative. À son entrée dansile service : en avant, du côté gauche, la sonorité est normale; en arrière, :matilé sur toute la hauteur. À l’auscultation, le murmure wvésiculaire est très -diminuéet il est remplacé en arrière par des frottements.‘Pas de souffle ni.d'œgophonie. Pas de signe d'épanchement. En avant, à la respiration, se.surajoutent de gros frottements pleuraux. Quelques jours après, la malade est prise d’une crise suffocante avec hémoptysie. Crachats spumeux et très fluides. Cette.crise dura trois heures. Le 26 novembre 1915, la malade présente un aspect faligué, un teint sübictérique. En avant: sonorilé exagérée. Suppression de la submatilé cardiaque. Respiration rude et soufflante, frottements à la base. En arrière : la percussion:montre une.submalité qui:s'accroît surtout lorsque l'on se dirige vers la base. Le murmure vésiculaire est très diminué. Là voix haute s'entend dans presquettout le poumon avec éclat:métallique. Ien est-de même.deila voix chuchotée. :Elle:prend
rires
un timbre d'airain au niveau d'un foyer situé à 3 centimètres environ des apophyses épineuses sur une horizontale passant légèrement au-dessus de la pointe de l’omoplate. La toux prend également nettement un caractère métallique vibrant. L'expecloration à ce moment devient fluide, aérée, verdâtre par endroils el ne paraît pas collée au fond du récipient. L'examen pour la recherche du BK est pratiqué, il l'avait d’ailleurs été déjà aussitôt après la crise suffocante, mais loujours résullat négatif. Le diagnostic de pleurésie interlobaire gauche est donc posé.
De jour en jour, la malade expectore plus abondamment et un "matin elle fait une véritable vomique. C'est à ce moment que nous expérimentons la Tyrosino-réaction sur ses crachals et que nous en profitons pour faire encore une fois un Ziehl. Après une recherche microscopique attentive, nous constatons que ce dernier reste toujours négatif; par contre, la Tyrosino-réaction est très fortement positive et nous pouvons dire que nous avons obtenu la coloration la plus intense de toutes nos expériences, c'est-à-dire un brun encore plus foncé qu'avec des tuberculeux cavitaires.
. Nous faisons part de notre résultat à M. le Professeur Leuret. Puisqu'il y a pleurésie purulente, malgré l'absence de bacilles dans l’expectoration, ce dernier nous conseille d’injecter un cobaye. Le 10 décembre, nous nous rendons à l'Hôpital Saint-André, mais on nous apprend dans le service que la malade ne crache plus et que la veille, après intervention chirurgicale et empyème, on a constaté
. l'existence, non pas d’une pleurésie purulente inlerlobaire, mais
bien d'un kyste hydatique suppuré du poumon gauche qu'on a pu délimiter très nettement et dont on a pu extraire la poche.