CONCLUSIONS
Certes, il est plutôt malaisé de tirer des conclusions affirmatives d'une question qui a occupé tout dernièrement et qui occupe
encore l’activité des auteurs; cependant nous croyons devoir
faire part des réflexions qui découlent et des observations antérieures et de nos observations personnelles.
Déjà, en 1922, MM. Pissavy et Monceaux ont bien voulu reconnaître une dérogation à la règle de spécificité de la Tyrosino-réaction dans la tuberculose, en ce qui concerne la gangrène pulmonaire. Plus tard, MM. Noël Fressinger et Blum sont venus nous dire que parfois « bronchite chronique avec emphysème » et souvent « dilatation bronchique » leur ont donné des réactions positives. Pour notre part, nous élargissons en quelque sorte le champ des Tyrosino-réactions positives en venant parler d’un kyste hydatique, suppuré du poumon et mêine d’une pneumonie.
Tout cela n’est donc plus du domaine du bacille de Koch, et la présence de diastases protéolysantes sécrétées par celui-là: reste de plus en plus problématique.
Nous nous rallierons plutôt à la thèse qui demande la protéase à celte vérilable « glande endocrine monocellulaire » qu'est Le leucocyte.
Que la concentration acide, neutre ou alcaline du milieu intervieune dans l’intensité de l'oxydation, et par là même de la coloration, c’est probable; mais puisque M. Noël Fressinger nous disait déjà dans ses conclusions de 1909 sur le ferment leucocytaire que celui-ci agit de préférence en milieu faiblement
alcalin, et que son action est possible également en milieu acide, cette constalation accessoire ne délruit en rien sa thèse.
La stagnation des crachats dans celte étuve à 37 degrés qu'est le e:rps humain favorise la désintégration des matières albuminoïdes jusqu'au stade « acide aminé », et c'est pourquoi nous trouvons surtout de la tyrosine el du tryptophane chez des cavilaires, chez des dilatés bronchiques, chez des gangréneux pulmonaires. Enfin dans la vomique d'un kyste hydatique du poumon opéré tardivement. | |
En terminant nos travaux, nous avons tenu à recommencer l'expérience qui consiste après constatation d’une Tyrosinoréaction faiblement positive dans des crachats de les mettre à l'étuve à 37 degrés sur chloroforme, vingt-quatre heures, puis quarante-huit heures. Ainsi nous avons oblenu dans nos filtrats avec le suc glycériné de Russub, des colorations brunes de plus en plus intenses, à mesure que les crachats avaient séjourné plus longtemps à l’étuve.
Mais, nous dira-t-on, pourquoi, ainsi que vous avez pu le voir vous-même, la Tyrosino-réaction est elle toujours positive chez les bacillaires? Peut-être faut-il faire entrer en ligne de compte le facteur « rapidité d'évacuation » du crachat formé, et faut-il envisager chez les tuberculeux pulmonaires un certain laps de temps entre la formation et le rejet au dehors de l'expectoration.
Enfin, si la Tyrosino-réaction était vraiment spécifique de la tuberculose pulmonaire, nous penserions que sa valeur clinique ne pourrait s'exercer d’une manière efficace que sur une cerlaine catégorie de bacillaires. La présence du bacille de Koch soit à l'examen direct, soit après homogénéisation ; la tubereulHisation du cobaye nous prouvent suffisamment l'existence du microbe chez ceux qui l’expectorent. Elle aurait surtout une valeur réelle pour les tuberculeux véritables qui sont catalogués toute leur existence « bronchiteux chroniques » parce que des « bacilles » personne n’a jamais pu en trouver dans leurs crachats; mais en ce qui concerne cette légion de bacillaires pul- . monaires au début de leur évolution qui, sur « l'ordre du médecin » et aux fins d'analyses n'expectorent que difficilement