‹ Les Actes des ApôtresChapitre 127 sur 358 · VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXLVII · texte numérisé non relu

VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXLVII

cette troisième catégorie sont désignés par le parfait nemioreuxôre;, qui indique

la permanence de l’état. Quelquefois cependant ce seul terme désigne les chré-

tiens définitifs, xvrr, 28. Il est possible cependant que celui qui a cru s’en soit tenu à une adhésion de l’esprit et n'ait pas scellé cette croyance par le baptême. Or, Luc ne nous dit pas que Sergius Paullus ait été baptisé et lui, qui est si attentif à signaler l'attitude des autorités romaines en face du christianisme, l’aurait certainement consigné dans son récit si le fait s'était produit. Sergius Paullus aurait donc cru à la doctrine du Seigneur qui l'avait frappé d’admiration, ἐχπλησσόμενος. [l s’en serait tenu à cette adhésion de l'esprit. Telle est l'opinion de Ramsay; nous savons que plusieurs critiques modernes, Renan en tête, n’ont pas cru à la conversion de Sergius Paullus, mais nous pensons avec la majorité des exégètes qu'il est bien réellement devenu chrétien, ce qu'indique le terme ἐπίστευσεν, lequel, quoi qu’en dise Ramsay, désigne dans les Actes l'acte d’adhésion: à la nouvelle foi et la vie chrétienne, 11, 44; 1v, 323 v, 14; xt, 21, etc.

Ramsay examine ensuite ce que signifie ce passage des Actes, x1v,9: «A Lystres, .

l’impotent écoutait parler Paul, qui, ayant arrêté les yeux sur lui et voyant qu’il

avait la foi pour être sauvé, ὅτι ἔχει πίστιν τοῦ σωθῆναι, dit d'une voix forte : Lève-

toi. » On traduit souvent τοῦ σωθῆναι par « pour être guéri »; ce qui ne répond pas au contexte. L’impotent écoutait Paul et celui-ci ayant arrêté les yeux sur lui vit, à l'expression de sa physionomie, que ses paroles avaient fait impression sur lui. Or, l’apôtre prêchait le salut. Donc l’impotent traduisait sur sa figure son désir d’être sauvé et non celui d’être guéri, car il ne savait pas que Paul pouvait opérer ce miracle. Mais quel était le salut qu’il était capable de concevoir et de recevoir? L'idée de salut, σωτηρία, était très connue chez les païens; elle signifiait pour eux salut, prospérité, santé. C’est là le salut que pouvait désirer l’impotent.

M. Ramsay fait remarquer que ce terme σωτηρία était bien approprié à la prédication chrétienne, en ce sens que le salut, demandé par les païens, pour leur assurer le bonheur, la prospérité, leur était présenté par Paul sous une forme plus spirituelle et leur promettait un bonheur qui ne devait pas consister en biens matériels, mais dans la connaissance et la jouissance de Dieu. Le salut chez les païens devait être atteint par des rites et des cérémonies tout extérieurs, par des

pratiques magiques, ce qui le différenciait profondément du salut chrétien, fruit

de la foi et produit par des actes moraux. Dans sa prédication, Paul adopta les termes connus, car il devait parler dans le langage de ses auditeurs s’il voulait être compris. Mais il donna à ces termes un sens plus riche, plus spirituel, tout en les laissant compréhensibles à un certain degré à ses auditeurs, mais non tout à fait, car qui a parfaitement compris les doctrines de l’Apôtre? Quel païen et même quel théologien chrétien a compris, dans tous ses développements, dans tous ses détails l’épître aux Romains ?

Nous n'avons pas à reproduire ici les inscriptions païennes où se trouve le terme σωτηρία et que cite Ramsay; elles sont déjà connues : en voici seulement une très caractéristique, car le vœu de salut comprend celui qui l’a fait et toute sa famille, les fruits dans ses champs et son village. Μητρόφιλος [Ἀσ]χληπᾶς σῦν γυναικὶ ᾿Αμμίᾳ περὶ ἑχυτῶν xè τῶν ἰδίων xà τῶν κάρπων χὲ τῆς κώμης σωτηρίας [Διὶ] Βροντῶντι

(1) The Bearing of recent Discovery, p. 186.

sk

ρου τ ρβον TMS RIRES ÉTAT

LE

Page 1